PRESS RELEASES


BERT HUYGHE
YAY TEAM. I KNOW I CAN DO IT. JUST PUT ME IN COACH 

EXHIBITION #119
14 January - 11 March 2017

It's probably important to notice that I was raised in a very small town, without hi-brow artistic influences surrounding me. So when I first saw an abstract painting in a museum my immediate reference point was that of football; for instance I saw a black and white striped Daniel Buren painting, and I would think of Juventus. In a way I always liked how my brain worked as a child towards art, and I think this has not changed all that much. I think football jerseys can be art, and art can definitely be about football, and the football game itself is one of the most pure forms of art for me, and in the end the whole exhibition has probably nothing to do with football and everything with painting, or maybe it is the other way around?

Yay Team. I Know I Can Do It. Just Put Me In Coach, le titre que le jeune artiste gantois Bert Huyghe a choisi pour annoncer sa première exposition individuelle en galerie, semble à première vue s’inspirer du langage du sport. Comparer le galeriste à un coach, la galerie et ses artistes à une équipe, et soi-même à un réserviste impatient de jouer, témoigne d’un regard aussi pertinent que spontané sur soi-même face à une scène, celle de l’art, aussi exigeante qu’attrayante, où grandir et se développer peut être aussi passionnant qu’un match de foot.

En outre, lorsqu’on apprend que le titre est en fait une citation de J.D. Salinger - Zooey (1957), nouvelle dans laquelle il est question de jeunes qui grandissent et de projets pour la vie - on comprend encore mieux ce souffle et cette soif, et on apprécie davantage cette capacité joueuse et plaisante de s’entrainer avec sa propre autobiographie. 

Malgré son jeune âge, Bert Huyghe est déjà bien connu et apprécié dans les cercles artistiques. Dans la foisonnante et fertile scène gantoise, depuis des années il pratique écriture et musique, peinture et édition. D’importantes institutions belges telles que le SMAK et le MUZEE ont déjà présenté son travail.

La série de peintures qu’il expose aujourd’hui - et le livre d’artiste qui l’accompagne - jette un pont entre un aspect trivial de la culture populaire et la complexité du langage de la peinture tel que le XXème siècle l’a façonné. Chaque toile possède une forte autonomie. Et d’une oeuvre à l’autre il est question d’un dialogue intense et vivant avec la peinture.

Déjà Raoul De Keiser, dans les années 60, avait trouvé dans le foot une source d’inspiration pour sa recherche picturale et lui-même se plaisait à souligner la relation précise et en même temps elliptique, voire évasive, avec le sujet : « Si quelqu’un me disait que ces lignes étaient celles du terrain de foot, je disais que c’était autre chose. Si quelqu’un me disait que c’était autre chose, je lui disais : ce sont les lignes d’un terrain de foot ».

La peinture et le sujet, la peinture est le sujet…une vielle intrigue qui continue de passionner.


EVA VERMEIREN. DITO

EXHIBITION #118
14 January - 11 March 2017

NL
Elke vermeende doorkijk weer een inkijk in een of andere kelk. Obsceen is het, deze verknipte zwendel van verhullen en onthullen. Friemelen en frutselen wil je – maar je wordt alleen maar teruggestoten, niets van diepgang, enkel platte vlakken. Kruidje-roer-me-niet. De pest heb ik aan dit palimpsest, deze verstrengelde ondergroei. Misselijkmakende vormenpracht. We zitten er te dicht met onze neus op – en toch blijft alles geurloos grijs.
(uit: Ritselstruik, Arne De Winde n.a.v. Aalbes 200, 201 – Zygnema Circumcarinatum 31, 32, een in 2016 herwerkte versie van De grote encyclopedie van het plantenrijk, F.A. Novak, tweede druk in 1969.)

Het herwerkte boek leidt tot nieuwe beelden. Knippen in tekst, herhaling en uiteindelijk ook in het beeld zelf zorgt voor uitgepuurde vormelijke vlakken die op hun beurt mogen spreken. Dito, een reeks tekeningen in rode stift, gaat een interessante dialoog aan met de beelden van bladeren en bloemen. In lagen over elkaar. Evenzo, op dezelfde dag, precies zoals iets anders, als eerder genoemd, ook zulk, desgelijks, hetzelfde als eerder genoemd.

FR
Toute percée supposée est de nouveau un regard à l’intérieur de l’un ou l’autre calice. Elle est obscène, cette arnaque de déchiquetage, de dissimulation et de révélation. Tu veux tripoter et trifouiller - mais tu es tout juste repoussée ; aucune profondeur, que des surfaces planes. Mimosa pudica. J’enrage devant ce palimpseste, ce sous-bois emmêlé. Splendeur de formes qui rendent malade. Nous avons le nez dessus - et pourtant tout reste gris, inodore.
(extrait de: Ritselstruik, Arne De Winde introduction à Eva Vermeiren, Aalbes 200, 201 – Zygnema Circumcarinatum 31, 32, une version retravaillée de De grote encyclopedie van het plantenrijk, F.A. Novak, deuxième edition, 1969.)

Le livre refaçonné mène à de nouvelles images. Couper dans un texte et dans des images, répéter ce geste produit des formes et des surfaces épurées qui à leur tour peuvent parler.
Dito, une série de dessins au feutre rouge, tisse un curieux dialogue avec les images des feuilles et des fleurs. En couches superposées. De cette manière, en une seule journée, pareille à toutes les autres, comme mentionné précédemment, également, de manière analogue, la même que celle mentionnée précédemment.


MANU ENGELEN. BACKGROUND


EXHIBITION #117
14 January - 11 March 2017

Manu Engelen s’intéresse à la dimension plastique de la réalité contemporaine : fragments architecturaux, détails de machineries, corps aux géométries disparates. C’est sa manière d’interpréter la modernité.
Les six dessins en noir et blanc qu’en entrant dans la salle on découvre alignés, introduisent par contraste à l’installation éclatée, en un libre jeu, d’œuvres colorées dans lesquelles il met en scène son langage de formes et de lignes par le crayon, le pastel, l’huile, le feutre, le collage.
L’artiste nous offre ici un accès privilégié à sa manière de voir et de sentir.


PIERRE SOHIE.BRUIT BLANC

EXHIBITION #116
14 January - 11 March 2017

Apaisant l’esprit
Au cœur de la forêt
L’eau s’égoutte.

Haïku de Hôsha, extrait de La Sagesse de l’éveil, Albin Michel, Paris, 1985

 

Met steeds het verre luiden van de zee
Dat stemmenbezwering inleidt
Nooit is luisteren stil genoeg

Nooit wordt werkelijkheid getemd
Op hoge middag
Zo niet het omvattende stem wordt

Kleiner dan ooit is het woord
Zo het niet het middenrijk raakt
Even boven het trotse mensengeluk

Anne Reniers, uit Tussenruimten, Colibrant, Deurle, 1969

Pourquoi ces « quadrillages » dans mes peintures? Par émerveillement pour le postulat 1 + 1 = 3.
En coupant un oignon en deux, j’obtiens 2 parties symbolisées par (1 + 1).  
(1 + 1) montre que j'ai gardé en mémoire l’existence de l’unité première et le postulat devient 1 + (1 + 1) = 3
Pouvoir créer en partageant, sans que la notion d’unité se perde, est une pure merveille pour moi.
 


ALAIN BORNAIN. BLACKBOARDS

EXHIBITION #115
11 November 2016 - 7 January 2017

Informaticien de formation, Alain Bornain se consacre aux arts plastiques dès 1993 et s’interroge à travers ses pratiques plurielles sur l’être au monde et les raisons de l’éphémérité terrestre en mêlant peinture et écriture. Sobres et efficaces, ses œuvres tentent de matérialiser et de capturer l’inexorable écoulement du temps, l’effacement, la trace et la disparition. Par ailleurs, Alain Bornain ancre son travail dans la question de l’image et de la représentation, du statut ambivalent de la peinture, de sa capacité à figurer ou au contraire de sa volonté de s’affranchir de la figure afin « d’affirmer ses caractères propres, sa singularité de medium ». (Extrait d’une publication du Mac’s, Grand-Hornu)

Sur les tableaux d’Alain Bornain, l’écriture ne disparait pas : quelques bribes de phrases ou mots apparaissent de temps à autre, souvent presque spontanément, sans intention préalable, suggérant des vagues pistes d’interprétation. A dire vrai, leur justification ne relève pas du lexique. C’est moins le signifié que le signifiant, avec la multiplicité de formulations graphiques, qui intéresse l’artiste. D’ailleurs, c’est bien plus souvent les nombres et les formules mathématiques qui occupent l’espace de la toile. Or, quoi de plus abstrait, de plus indépendant de toute fonction représentative que le chiffre ? (Extrait d’un texte de Pierre-Olivier Rollin)

FR
C’est un honneur et un plaisir pour Rossicontemporary d’accueillir en ses espaces cette première exposition individuelle d’Alain Bornain.
Nul doute que ses Blackboards sont à inscrire parmi les manifestations les plus originales et radicales de la peinture en Belgique de ces quinze dernières années : l’imitation parfaite de la réalité qu’elles mettent en scène, la justesse de la réflexion sur peinture et représentation qu’elles suscitent, le dialogue très assuré qu’elles mènent avec certaines des expressions majeures de l’art conceptuel du XXe siècle, leur capacité de réinventer la vanitas ancienne et, en fin de compte, celle d’éveiller en nous la charge affective que porte tout tableau noir, tout cela ne cesse de nous étonner à dix-sept ans de leur première apparition.
La série, largement présentée et soutenue par les meilleures institutions artistiques francophones, a toutefois été peu vue tant à Bruxelles qu’en Flandre et à l’étranger, ce qui nous incite à la mettre en valeur et la diffuser, cons idérant qu’il s’agit d’un moment fort de l’art belge actuel.

NL
Rossicontemporary verwelkomt Alain Bornain voor zijn eerste individuele tentoonstelling. Blackboards kan beschouwd worden als een originele en radicale uitdrukking van de Belgische schilderkunst van de laatste jaren. De perfecte nabootsing van de realiteit, de nauwkeurigheid van de reflectie over schilderkunst, de zelfverzekerde dialoog met sommige uitdrukkingen van de conceptuele kunst van de 20ste eeuw, de bekwaamheid om de oude vanitas opnieuw uit te vinden en tenslotte, het in ons ontwaken van de emoties achter elke zwart schilderij. Dit alles blijft ons verbazen, zo’n zeventien jaar na de eerste verschijning. Deze serie is reeds op grote schaal tentoongesteld en ondersteund door de beste Franstalige kunstinstellingen. Het gaat om een sterk moment in de Belgische hedendaagse kunst, wat ons aanzet om haar in het licht te zetten en verder te verspreiden naar Vlaanderen en het buitenland.


DAVID DELRUELLE. PLAN YOUR ESCAPE

EXHIBITION #114
11 November 2016 - 7 January 2017

FR
"Je pense chercher à révéler ces petits moments de vie où nous nous sentons parfois perdus, voire dépassés par ce que nous vivons ou par ce qui nous entoure, mais où, malgré tout, nous continuons à sentir le besoin de construire, de nous rassembler, d'avancer."

Pour sa deuxième exposition individuelle chez Rossicontemporary, le collagiste bruxellois David Delruelle présente sa nouvelle série de collages digitaux et la met en dialogue avec certaines de ses œuvres plus anciennes. En jonglant entre cadrages et associations, couleurs et abstractions, rythme et géométries, dans Plan Your Escape, David Delruelle semble s’amuser à brouiller les pistes. Les protagonistes des scènes sont comme isolés de leur environnement, confrontés à l’immensité. L'espace devient alors un champ des possibles aux horizons indéfinis.
Malgré son jeune âge, David Delruelle est déjà reconnu et apprécié dans les milieux internationaux proches de la pratique du collage. Outre son activité d’expositions en Belgique et à l’étranger, il est invité à développer de nombreuses collaborations avec le monde de la musique, du spectacle, de la presse et de l’édition. Son travail a été repris dans le dernier ouvrage de référence sur l’art du collage, The Age of Collage 2 (Gestalten, Berlin, 2016).

NL
Ik denk te zoeken naar het onthullen van die kleine momenten in het leven wanneer we ons verloren voelen, achterhaald door wat we beleven of door wat ons omringd, maar, ondanks alles, we toch nog de behoefte voelen om op te bouwen, vooruit te gaan en ons te herenigen.

Voor zijn tweede individuele tentoonstelling bij Rossicontemporary, stelt de Brusselse kunstenaar zijn nieuwe serie digitale collages voor en plaatst ze in een dialoog tegenover zijn eerdere werken op papier.
Door het jongleren met de kadreringen en associaties, kleuren en abstracties, ritme en geometrieën, in Plan Your Escape, lijkt David Delruelle zich te vermaken met het vervagen van de sporen. De protagonisten in de taferelen lijken wel geïsoleerd van hun omgeving, geconfronteerd met de onmetelijkheid. De ruimte wordt dan een gebied van mogelijkheden in de oneindige horizonten.
Ondanks zijn jonge leeftijd wordt David Delruelle al erkend en geapprecieerd in de internationale milieus die nauw aansluiten bij de praktijk van de collage. Naast zijn tentoonstellingen in België en in het buitenland, wordt hij ook uitgenodigd voor samenwerkingen met de muziekwereld, theater en de pers. Zijn werk is opgenomen in het naslagwerk over de collagekunst, The Age of Collage 2 (Gestalten, Berlin, 2016).


JO DE SMEDT. GRINDCORE POETRY

EXHIBITION #113
11 November 2016 - 7 January 2017

FR
C’est avec grand plaisir que Rossicontemporary présente en ses murs la première exposition individuelle de l’artiste belge Jo De Smedt dont l’œuvre dessinée et gravée est appréciée depuis une bonne quinzaine d’années pour sa cohérence, sa vigueur et son originalité.
Jo De Smedt a créé pour l’occasion un livre d’artiste, une nouvelle série de gravures sur cuivre et une œuvre en lettrage autocollant. Deux grands dessins récents font aussi partie de l’installation.

LE LIVRE
Le livre d’artiste GRINDCORE POETRY a recours aux ingrédients de la musique Grindcore qui est une variante extrême de la musique punk et/ou métallique. Cette musique se caractérise par le rythme très rapide de la batterie et par le chant hurlé ou grunt.
Surtout au début du genre, ses textes avaient une teinte politique et prenaient la forme de micro chansons qui souvent ne durent que quelques secondes.
Conscience sociale, brutalité, rapidité, énergie et satire sont les moteurs de ce style musical.
Au travers de la fonction BOLD, la machine à écrire tape trois fois chaque lettre. Non seulement cela donne une typo d’un noir intense mais cela souligne aussi la relation à la rapidité et à l’agressivité du rythme de la batterie.Tous les textes sont délibérément brefs mais contiennent plusieurs degrés de lecture.
Le livre est relié à droite de manière telle qu’il se feuillette de la main gauche.
Le design est sobre :
Pas de couverture, pas de couleur, papier A4 standard et un dos simple, en lin blanc.
Au total il y a 40 livres :
30 exemplaires signés et numérotés en chiffres arabes.
10 exemplaires de luxe, signés et numérotés en chiffres romains et accompagnés de l’eau-forte « individu EN MASSE »
Tous les livres sont présentés dans une boite en carton blanc portant le cachet de l’artiste.

LES GRAVURES
Pour faire simple : Acide nitrique
Les gravures sont faites au moyen d'un acide très puissant. C'est un procédé rapide et dangereux. La difficulté consiste à tenir l'acide sous contrôle. Souvent, il prend le dessus et dévore en partie le dessin. Souvent avec un humour mordant.
Le texte et les titres font indissociablement partie des gravures. Ils peuvent fonctionner comme des soutiens de l'image mais également comme images eux-mêmes.
Chaque gravure est imprimée en 5 exemplaires.
Pendant le processus d'impression, l'encre est manipulée de telle sorte que chaque exemplaire obtenu est unique.

LES DESSINS
I Never Promised You A Rose Garden est une suite de dessins au graphite ainsi dénommée d'après le titre d'un morceau de musique country de Joe South.
Les dessins représentent des "mauvaises herbes".
Les mauvaises herbes sont des plantes qui d'ordinaire ne poussent pas à un endroit précis.
Elles peuvent être sauvages ou l'être redevenues.
En principe, toute plante peut être regardée comme une mauvaise herbe, mais quelques-unes le sont plus particulièrement que d'autres.

LE LETTRAGE AUTOCOLLANT
DIKKE NUL + 1 (everyone's a winner) est une édition à tirage illimité d’un autocollant do it yourself.
L’artiste livre le concept (texte).
A vous de choisir l’emplacement, la police de caractère, la couleur, le format.
De cette manière chaque oeuvre devient unique.

NL
Met groot genoegen presenteert Rossicontemporary in zijn ruimte de eerste individuele tentoonstelling van de Belgische kunstenaar Jo De Smedt. Zijn werk wordt al een vijftiental jaar gewaardeerd omwille van de samenhang, energie en originaliteit.
Voor deze gelegenheid maakte Jo De Smedt een kunstenaarsboek, een nieuwe reeks etsen en een ingreep op de vitrine met belettering. Twee recente grote tekeningen maken ook deel uit van het geheel.

HET BOEK
Grindcore is een extreme variant van de punk- en/of metalmuziek. Typerend aan deze muziek zijn de ultrasnelle drums en rauwe krijsende of gruntende zang.
Vooral in de beginperiode van dit muziekgenre waren de teksten politiek getint en verpakt in korte microsongs. Vaak duren deze niet langer dan enkele seconden.
Sociaal bewustzijn, brutaliteit, snelheid, energie en satire zijn de drijvende kracht van deze muziekstijl.
Het kunstenaarsboek GRINDCORE POETRY maakt gebruik van deze elementen.
Door de functie BOLD slaat de schrijfmachine elke letter drie keer aan. Dit geeft een extra vetgedrukt zwart lettertype maar is zo ook verwant aan de snelheid en agressie van de blastbeatdrums.
Alle teksten zijn bewust kort gehouden maar wel met verschillende lagen van betekenis.
Het boek zelf is rechts ingebonden zodat men linkshandig moet bladeren.
De vormgeving is sober:
geen kaft, geen kleur, standaard kopieerpapier en een eenvoudige witte linnen rug.
In totaal zijn er 40 boeken:
30 gesigneerde exemplaren, genummerd in Arabische cijfers.
10 gesigneerde luxe exemplaren, genummerd in Romeinse cijfers + een opgehoogde ets 'individu EN MASSE'.
Alle boeken zijn verpakt in een met de hand gestempelde witte kartonnen doos.

DE ETSEN
hou het simpel : SALPETERZUUR
De etsen zijn gemaakt met zeer sterk salpeterzuur. Een snel en gevaarlijk proces.
De moeilijkheid bestaat erin om het zuur onder controle te houden.
Soms neemt het de overhand en wordt de tekening deels weggevreten.
De aciditeit bepaalt mee de sfeer van elk werk. Vaak met bijtende humor.
Tekst en titels zijn een onlosmakelijk onderdeel van de etsen.
Deze kunnen functioneren als ondersteuning van het beeld maar ook als beeld op zich.
Elke ets wordt gedrukt op 5 exemplaren.
Tijdens het drukproces wordt de inkt gemanipuleerd zodat elke afdruk een uniek karakter krijgt.

DE TEKENINGEN
I NEVER PROMISED YOU A ROSE GARDEN is een reeks grafiettekeningen vernoemd naar het gelijknamige countrynummer van Joe South.
Op de tekeningen is onkruid afgebeeld.
Onkruid zijn planten die op een bepaalde plaats ongewenst zijn.
Deze kunnen wild of verwilderd zijn.
In principe kan elke plant als onkruid beschouwd worden.
Maar sommige soorten worden vaker onkruid genoemd dan andere.

D.I.Y.- STICKER
DIKKE NUL + 1 ( everyone's a winner) is een D.I.Y. (do it yourself) sticker, ongelimiteerde oplage. Enkel het concept (tekst) wordt aangeleverd door de kunstenaar. Kies zelf de plaatsing, lettertype, kleur en formaat. Zo wordt elke sticker uniek en persoonlijk.
 


PATRICK CARPENTIER. AND I TOLD YOU

EXHIBITION #112
11 November 2016 - 7 January 2017

« Lors de recherches autour de la nature morte, je me suis intéressé à une particularité rencontrée dans la peinture de Giorgio Morandi. Il y met en scènes divers objets alignés: bouteilles, bols, parfois un coquillage ou un fruit, dans des tons monochromes, suivant des angles sans cesse renouvelés.
On y trouve un objet récurrent, mystérieux, qui se distingue et qui n’a l’air d’offrir aucune utilité. Une sorte de brique pleine, un parallélépipède mat qui n’a rien à faire avec une nature morte normale. De différentes tailles et couleurs, faux objets contrastant avec les autres.
Est-ce que ces parallélépipèdes n’auraient d’autre utilité que de tromper l’ennui ou d’empêcher la banalité ?
Je me suis mis à reproduire ces parallélépipèdes en terre.
D’une manière ou d’une autre, je voulais rendre ces formes remarquables. Je donnais, comme dans la nature morte, une vertu sensible à des objets. Une « vie silencieuse », reflet de la vie intérieure. Une pratique rituelle d’où naissaient progressivement d’autres formes simples et géométriques
. »

FR
Si les matériaux que Patrick Carpentier utilise dans son oeuvre sont tour à tour différents - photographie, verre, marbre, parole… - ceux-ci sont les instruments d’un regard introspectif et du besoin qui en découle de dire et d’exprimer, de manière nouvelle et précise, des sensations ressenties, les émotions du vécu.
La pratique de la céramique s’est imposée entretemps comme une nouvelle possibilité d’expression et porte avec elle l’intérêt croissant de l’artiste pour l’héritage artistique du XX siècle.
La présente exposition est la deuxième de Patrick Carpentier chez Rossicontemporary. Elle se déroule en parallèle à son exposition Now That I Am Gone dans la Project Room du Wiels du 25 novembre au 4 décembre 2016 où Patrick Carpentier présentera une installation comprenant plusieurs grandes sculptures en grès noir.

NL
Patrick Carpentier gebruikt in zijn werk keer op keer verschillende materialen en kunstvormen – fotografie, glas, marmer, woord…- als instrumenten voor een introspectieve blik en de behoefte die eruit voortvloeit om op een nieuwe en precieze manier de gevoelde sensaties en de beleefde emoties uit te drukken.De praktijk van de ceramiek heeft zich ondertussen opgelegd als een nieuwe uitdrukkingsvorm en draagt bij tot het groeiende belang van de kunstenaar voor het artistieke erfgoed van de 20ste eeuw.
Dit is de tweede tentoonstelling van Patrick Carpentier bij Rossicontemporary. Ze verloopt in parallel met zijn tentoonstelling Now That I Am Gone in de Project Room van het Wiels van 25 november tot 4 december 2016, waar Patrick Carpentier een installatie zal tentoonstellen met meerdere grote beeldhouwwerken in ceramiek.
 


FRANCOIS JACOB. DE L’OMBRE, LA MESURE

EXHIBITION #111
8 SEPTEMBER - 29 OCTOBER 2016

FR
Pour sa deuxième exposition en solo chez Rossicontemporary, François Jacob présente dans la nouvelle salle de la galerie une série de dessins au fusain en lien aussi subtil que pertinent avec trois sculptures en plâtre teinté.

Le registre de ces sculptures renvoie à la tradition de la caricature, de la comédie ou de la farce. Immobiles, ces personnages se présentent comme figés après une ultime représentation théâtrale.

La composition des fusains est une mise en scène à proprement parler. Une dimension ambiguë et dramatique émane de la tension qui se tisse entre personnages, espace et décor. De l'ombre émerge l'essentiel. La lumière est le véritable chef d'orchestre de ces dessins : elle amplifie le récit et invite le regard du spectateur à errer dans leur espace.

En ces mois de septembre et octobre la peinture de François Jacob est aussi mise à l’honneur. Vous pourrez voir un large échantillon de sa production picturale ancienne et récente à l’exposition Des figurations, acte 1 au Musée Ianchelevici de La Louvière.

NL
Voor zijn tweede individuele tentoonstelling bij Rossicontemporary, stelt François Jacob, in de nieuwe zaal van de galerij, een reeks houtskool tekeningen voor die op een subtiele maar precieze manier verbonden zijn met drie beeldhouwwerken in getint gips.

Het stijlregister van deze sculpturen keert terug naar de traditie van de karikatuur, de komedie of de klucht. Onbeweeglijk, de personages lijken als het ware bevroren na een laatste theatervoorstelling.

De compositie van de houtskooltekeningen is strikt genomen een mise en scène. Een ambigue en dramatische dimensie tovert een geweven spanning tussen de personages, de ruimte en het decor. Uit de schaduw komt het essentiële naar voor. Het licht is als het ware de dirigent voor zijn tekeningen: het versterkt het verhaal en nodigt de blik van het publiek uit om te dwalen in zijn ruimte.

Tijdens de maanden september en oktober staan de schilderijen van François Jacob ook in de schijnwerpers. Een brede selectie van zijn oude en recente picturale productie zal te zien zijn op de tentoonstelling Des figurations, acte 1 in Musée Ianchelevici in La Louvière.
 


ETIENNE VAN DOORSLAER. DE WITGEKALKTE KLAARTE

EXHIBITION #110
8 SEPTEMBER - 29 OCTOBER 2016

Dans l’œuvre du Père Maur/Etienne van Doorslaer, ce chemin de tension et d’équilibre – de douceur dans la rigueur, d’intériorité dans la vision précise – semble ne s’être jamais interrompu. Nous le retrouvons de toile en toile, de dessin en dessin, toujours repris et poussé plus avant sans se dégrader, sans éclater, ni se durcir, ni s’affaiblir. C’est vrai de chaque élément singulier, mais aussi de l’ensemble de chaque toile, et du climat de toute une exposition.

Silencieuse et solitaire, l’œuvre du Père Maur s’inscrit en qualité pure, sans référence religieuse directe, dans une des tendances reconnues de l’art contemporain. Nous sommes saisis d’emblée par l’extraordinaire unité d’un art qui semble ne connaître ni écarts ni recherches alternatives. Chaque toile nous ramène simplement au centre d’une vision unique dont elle nous exprime une nouvelle fois l’évidence, avec quelques variations précises. Simplicité des images élémentaires, archétypiques et en même temps, retenue extrême du trait et de la couleur. Ce minimalisme structurel, ce climat de blancheur et de lumière, nous les voyons gérés avec une telle justesse et un tel équilibre que nous le rapportons spontanément à une attitude de vie qui leur corresponde.

…la règle de saint Benoît ? Celle-ci, on le sait, se caractérise à la fois par l’obéissance à des règles strictes, radicales, et par un extraordinaire respect des personnes, des choses, des circonstances – une « discrétion »  à propos de laquelle on a pu parler d’un « héroïsme de la nuance ».

Librement extraits de Frédéric Debuyst, L’œuvre et le moine, dans Maur-Etienne van Doorslaer, Stichting Kunstboek, Brugge, 1994

Nous sommes particulièrement heureux de pouvoir présenter au public bruxellois une exposition de peintures du Père Maur/Etienne van Doorslaer (1925-2013), figure d’exception de l'abstraction en Belgique dans la deuxième moitié du XXème siècle.

Moine bénédictin, Etienne van Doorslaer peignit pendant 50 ans dans la quiétude de son atelier baigné de lumière blanche, sous les combles d'un monastère de la campagne brugeoise. Il nous laisse une œuvre d'une beauté intemporelle qui s'abreuve au raffinement de la culture bénédictine et entretient des liens très étroits avec l'art de son temps: au début des années ‘60, contacts avec la scène parisienne et amitié avec Alberto Magnelli; dès 1962, compagnonnage avec Dan van Severen, figure de proue de l'abstraction épurée belge et rapports avec une scène picturale flamande très fertile; à partir de 1965, fréquentation de l'art américain (il vit 5 mois par an à l'abbaye de Valyermo, en Californie), ce qui le rapproche des conquêtes picturales de Frank Stella, Ad Reinhardt, Robert Ryman et Agnès Martin; à quoi il faut ajouter la relation d'estime et de familiarité nouée avec l'architecte Frank Gehry durant de longues années.

L'exposition se compose d'une sélection de 18 peintures de la période 1983-2013. Son titre De witgekalkte klaarte, en français La clarté peinte à la chaux, est tiré d'un poème que Roland Jooris lui a dédié en 2012.

Notre souhait était de respecter et de transmettre son humble et rigoureuse poésie.


LORE STESSEL. KORNALIJN

EXHIBITION #109
8 SEPTEMBER - 29 OCTOBER 2016

FR
Kornalijn dirige l'attention sur l'être dans le moment présent et aide à apprécier le terrestre et la beauté.

Lore Stessel recherche la limite entre la photographie et la peinture. Pour cela, elle ne fuit pas la confrontation, tant physique que mentale, avec l'image. Non seulement dans sa manière de travailler, mais aussi comme sujet, le corporel occupe une position importante. L'observation du corps humain, du corps animal et surtout le déploiement de ces corps dans leur environnement, est un sujet récurrent.

Dans Kornalijn, Lore Stessel se focalise en premier lieu plus sur le contexte que sur le corps. Le Copperbelt Zambiën fournit le cadre de cette exposition. La terre de cette zone d'exploitation minière est cruciale pour la richesse de ce pays. Avec beaucoup de labeur et de fouilles dans la terre, on peut en extraire la richesse. Lore Stessel a fixé son attention sur le contact intense entre le corps africain et la terre de couleur cuivrée de Copperbelt. La terre, lieu et matière, est là où on cherche le cuivre, où on trouve des minéraux, sur laquelle on danse et dans laquelle la société peut être déchiffrée. 

Des pieds nus qui marchent, des pas de danse rythmés font flamber la poussière rouge. De fines couches de poussière se déposent sur le paysage et sur les constructions, qui sont souvent bâties en matériaux naturels. Ce sont des structures faites de bois, de clous, de liens en caoutchouc, sur lesquelles le temps laisse son empreinte. Des constructions éphémères investies de beaucoup de travail et d'énergie, qui, malgré leur fragilité, ont beaucoup de sens pour leurs utilisateurs. Ce ne sont pas des objets, mais des éléments signifiants avec lesquels les Zambiens vivent.

Lore Stessel fixe l'authenticité de ce paysage et déconstruit cette image en la développant sur la toile. Les travaux zambiens sont le noyau de cette exposition. Dans les vitrines extérieures des espaces d'exposition, les danseurs Naïma Mazic, Sien Van Dijcke et Wannes Labath apportent une autre dimension au travail. Par leur performance dans la terre rouge, ils font vibrer le contexte africain de manière contemporaine. Les danseurs activent la terre dans laquelle ils dansent. De cette manière, la couleur et le mouvement de l'extérieur embrassent l'exposition de l'intérieur et rendent (à nouveau) vivantes les constructions et la terre de l'Afrique.

NL
Kornalijn richt de aandacht op het zijn in het ‘nu’ en helpt om het aardse en de schoonheid te kunnen waarderen.

Lore Stessel onderzoekt het raakvlak tussen fotografie en schilderkunst. Daarvoor gaat ze de confrontatie met het beeld zowel fysiek als mentaal niet uit de weg. Niet alleen in de wijze van werken maar ook als onderwerp bezet het fysieke, het lijfelijke, een belangrijke positie. De zoektocht naar het menselijke en dierlijke lichaam en vooral de spanning van dat lichaam in zijn omgeving is een terugkerend onderwerp.

In Kornalijn focust Lore Stessel in eerste instantie meer op de context dan op het lichaam zelf. De Zambiaanse Copperbelt biedt het kader voor deze tentoonstelling. De aarde van dit mijnbouwgebied is cruciaal voor de rijkdom van het land. Met hard werk en wroeten in de grond kan men die rijkdom naar boven halen. Lore Stessel heeft haar aandacht gevestigd op het intensieve contact tussen het Afrikaanse lichaam en de koperkleurige aarde van de Copperbelt. De aarde is waar men koper zoekt, mineralen vindt, waarop men danst en waarin de samenleving kan worden afgelezen.

Stappende blote voeten en ritmische danspassen doen het rode stof opstuiven. Dunne laagjes stof zetten zich af op het landschap en op de constructies die vaak met natuurlijke materialen zijn opgetrokken. Het zijn structuren van hout, spijkers en rubberband waar de tijd zijn afdruk op nalaat. Efemere constructies waarin veel arbeid en energie wordt geïnvesteerd waardoor deze, ondanks een inherente fragiliteit, voor de gebruikers heel veel betekenis dragen. Het zijn geen dingen op zich, maar significante elementen waarin Zambianen wonen, van waar ze dingen verkopen en die ze gebruiken in het dagelijkse bestaan.

Lore Stessel fixeert de authenticiteit van dit landschap en deconstrueert dit beeld door het op doek te ontwikkelen. De Zambiaanse werken vormen de kern van de tentoonstelling. Rondom, in de vitrines aan de buitenkant van de tentoonstellingsruimte, introduceren dansers Naïma Mazic, Sien Van Dycke en Wannes Labath een bijkomende gelaagdheid. Door hun performance in de rode aarde doen ze op een hedendaagse manier de Afrikaanse context vibreren. De dansers activeren de grond waarin ze dansen. Kleur en beweging aan de buitenkant omarmen zo de tentoonstelling binnenin en brengen de Afrikaanse aarde en constructies (opnieuw) tot leven.


RITSART GOBYN. INTERLUDE

EXHIBITION #108
8 SEPTEMBER - 29 OCTOBER 2016

EN
At first glance the paintings of Ritsart Gobyn seem to be realized coincidentally. As if rough, unprepared linen with traces and remains of a painting process are mounted on a frame. Specs of dirt, drops and sweeps of paint cover the surface and pieces of tape still have to be removed. Fragments of discarded wooden plates emerge from behind the painting or cover it partially.

These traces and remains are not always coincidental; sometimes they are, but mostly Gobyn puts them there on purpose. He combines and composes all these elements, he erases them and cherishes the leftovers. It looks as if the painting process is still on-going.

Along the way however, the spectator discovers elements that propose the contrary. The pieces of tape and the shreds of paper turn out to be painted, like small trompe-l’oeil. These ordinary and functional objects become image by painting them. This evokes a different experience of the work by the spectator. This causes the painting to be in constant balance between finished and unfinished, coincidental and deliberate, painterly and sculptural.

FR
Au premier regard, les peintures de Ritsart Gobyn semblent réalisées au hasard, comme si des toiles non préparées, brutes, avec des traces et des restes d'un processus pictural, avaient été montées sur un châssis. Des marques de saleté, des gouttes, des coups de pinceau couvrent la surface et des morceaux de scotch doivent encore être enlevés. Des débris de planches en bois de rebut émergent de l'arrière du tableau ou le couvrent partiellement. 

Ces traces et ces restes ne sont pas toujours le fait du hasard. Elles le sont parfois, mais le plus souvent Ritsart Gobyn les place exprès à un certain endroit. Il combine et compose tous ces éléments, il les efface, il est très attaché aux résidus. Cela donne l'impression d'un processus pictural encore en devenir.

Mais en regardant mieux, le spectateur découvre des éléments qui disent le contraire. Les morceaux de scotch et les lambeaux de papier se révèlent être peints en trompe-l'oeil. Ces objets ordinaires et fonctionnels deviennent des images lorsqu'on les peint. Cela suscite chez le spectateur une expérience différente de l'œuvre. Cela place la peinture en constant équilibre entre le fini et le non-fini, l'accidentel et le prémédité, le pictural et le sculptural.


JEAN-LOUIS MICHA. 18 SEASCAPES

EXHIBITION #107
ART ON PAPER, BRUXELLES, 7-11 SEPTEMBER 2016

FR
Je mêle fragments documentaires et mémoriels, observations embrumées et vrais faux souvenirs. Il m’importe ici de tenter de donner à voir cette zone de flottaison, cette forme de pré-narcose où les états premiers s’effacent pour faire place aux états seconds. J’aime à considérer chaque image comme un espace mental particulier; un réel et son double- comme dit Rosset - où viennent se compiler des strates complémentaires. Il s’agit d’un jeu de dupes perceptif et plastique au sein duquel notre rapport au temps devient distendu et où l’illusion est toute puissante dans notre tentative de construction de sens.

Jean-Louis Micha présente à Art on Paper une nouvelle série comportant 18 dessins de petit et moyen format. Cette série, qui évoque une œuvre de Richter datant de 1969 (17 Seascapes), prend pour prétexte la figure du paysage marin et ses codes formels pour faire entrer en collision des images et des problématiques de champs différents; la marine devenant dès lors l’espace simultané et paradoxal du souvenir d’enfance, la surface plissée d’un lit souillé ou le lieu de mort de migrants atteignant nos côtes. Par la métaphore du naufrage, il interroge les liens entre trajectoire individuelle et destinée collective.

Jean-Louis Micha se consacre exclusivement au dessin depuis plusieurs années. S’il traduit incontestablement une vision existentialiste et grave du donné humain, son travail repose sur une figuration qui reste néanmoins ouverte à de multiples interprétations.

NL
Ik meng documentaire fragmenten en gedenktekens, mistige observaties, waar/valse herinneringen. Het is mijn doel om te trachten om de zone van flotatie, deze vorm van pre narcose waarbij de eerste staten verdwijnen om plaats te maken voor de tweede sferen. Ik hou ervan om ieder beeld te overwegen zoals een mentale ruimte op zich; het werkelijke en zijn dubbele – zoals Rosset het zegt – waar er zich complementaire lagen compileren. Dit is een visuele spel van dupe, waarin onze relatie tot tijd wordt opgezwollen en waar de illusie is alles krachtig in onze poging om betekenis te construeren.

Jean-Louis Micha stelt op Art on Paper een nieuwe reeks werken bestaande uit 18 tekeningen van klein en gemiddeld formaat voor. Deze reeks, die terugroept naar een werk van Gerhard Richter uit 1969 (17 Seascapes), neemt als voorwendsel het genre van het zeelandschap en zijn formele codes, om zo beelden en kwesties uit verschillende velden samen te brengen; de marine wordt vanaf dan de gelijktijdige, paradoxale ruimte waar de jeugdherinnering, het geplooide oppervlak van een verontreinigd bed of de plaats van overlijden van migranten die onze kusten bereiken kunnen samenkomen. Via de metafoor van de verdronkene, bevraagt hij de linken tussen het individuele traject en het collectieve doel.

Jean-Louis Micha wijdt zich enkel aan het tekenen sinds enkele jaren. Als zijn werk ongetwijfeld weerspiegelt een existentialistische visie op het menselijke leven, rust hij op een figuratie die open staat voor meerdere interpretaties.


MARIE ROSEN. QUALIA

EXHIBITION #106
21 MAY - 16 JULY 2016

For her seventh solo exhibition with Rossicontemporary, young Belgian artist Marie Rosen will be showing a new series of small and medium oil paintings on panels. They focus on the principal topics of her work, such as the physical and allegorical relationship between body and space, and a re-visitation of the art of portraiture. In recent years, Marie Rosen’s painting has been widely praised for its originality, innovation and unique refinement, for the silent, enigmatic sensitiveness that emerges from the subtle interplay of diverted scale and objects, exquisite decorative patterns, androgynous bodies, timeless and unattainable in their quiet concentration. The sources of her inspiration range from Flemish Primitives to traditional ex-votos, from contemporary painting to early photography. These function as filters for more direct impressions of places in her environment – “Evening time in Brussels - I can't resist looking inside the basements of houses when there are no curtains”.
 


ANE VESTER. NEW STORIES

EXHIBITION #104
12 MARCH - 14 MAY 2016

Even before looking, each colour, each tone and each shade implies a story of the already seen and experienced. What I try to do as a painter of colours is to reveal and unleash this powerful and pleasurable potential thus opening the door to a field of unexpected connections and new stories.
Ane Vester

FR
L’expérience visuelle de la couleur peut établir un lien clair avec un temps et un lieu différents et en même temps nous accrocher au présent, nous faire observer notre environnement avec un regard nouveau.

Avec une grande simplicité de moyens et s’imposant sans effort un minimalisme expressif rigoureux, Ane Vester mène depuis des longues années une enquète picturale dans le champ de la couleur. Par celle-ci, l’artiste va mettre intelligemment en jeu notre perception de l’espace, notre connaissance des choses, notre memoire, touchant ainsi à plusieurs niveaux de notre experience de la réalité.

Pour sa troisième exposition individuelle chez Rossicontemporary Ane Vester présente une nouvelle série de peintures sur aluminium ainsi que des oeuvres recentes sur bois et papier. Aussi, elle réalise in situ une grande peinture murale en dialogue avec l’architecture de la salle.

NL
De visuele ervaring van kleur kan een duidelijke link vestigen tussen een verschillende tijd en plaats, maar ons gelijktijdig ook vasthaken aan het heden en ons onze omgeving laten observeren vanuit een nieuw perspectief.

Met eenvoudige middelen en zonder enige inspanning een rigoureus en expressief minimalisme neer te leggen, leidt Ane Vester sinds vele jaren een picturale enquête in het veld van de kleur. Via dit veld, speelt ze op een intelligente manier met onze perceptie van ruimte, onze kennis over dingen, ons geheugen, en dit terwijl ze verschillende niveaus van onze ervaring met de realiteit raakt.

Voor haar derde individuele tentoonstelling bij Rossicontemporary stelt Ane Vester een nieuwe reeks schilderijen op aluminium, alsook recente werken op hout en papier. Ook realiseert ze in situ een grote muurschildering in dialoog met de architectuur van de zaal.
 


EMMANUEL TÊTE. DESSINNARRER

EXHIBITION #103
12 MARCH - 14 MAY 2016

FR
Dessinarrer est un terme que j’ai inventé pour décrire mon plaisir à dessiner et à raconter des histoires.
Dessinarrer sonne aussi comme un verbe italien qui renvoie à ma passion de toujours pour la peinture de l’époque charnière entre le gothique international et la renaissance italienne, berceau de notre modernité figurative, source de mes émotions artistiques.
Une chasse à la baleine, un combat contre des plantes carnivores, un banquet, un feu de joie…un monde ouvert aux actions des hommes et à leurs intérêts. Un monde pour le plaisir de s’immiscer dans les plis du visible, un monde pour y vivre la démesure, y assouvir ce désir fou de fixer la poussière pour un petit moment d’éternité.

Emmanuel Tête

A travers son attachement à la pratique de la peinture et du dessin, l’artiste français Emmanuel Tête déconstruit le quotidien avec humour et poésie. Déambulant sur un fil tendu entre rêve et réalité, il déploie un univers aux résonances multiples, au sein duquel la tendresse se mêle à l'ironie, le familier rencontre l’insolite. Des figures y projettent une intériorité propice au surgissement d’un moment poétique. La délicatesse de leur dessin évoque la fugacité de leurs songes. Par leur intermédiaire le spectateur entre dans un jardin où se déploie l'imaginaire.

Pour sa quatrième exposition individuelle chez Rossicontemporary, Emmanuel Tête présente une toute nouvelle série de quinze dessins sur papier, résultat de deux ans de recherche.

NL
Dessinarrer is een concept dat ik bedacht heb om mijn plezier voor tekenen en verhalen te vertellen en te beschrijven.
Dessinarrer klinkt ook als een Italiaans werkwoord dat verwijst naar mijn eeuwige passie voor de schilderkunst, van het keerpunt tussen de internationale gotiek en de Italiaanse renaissance. Een wieg voor onze figuratieve moderniteit en eveneens een bron voor mijn artistieke emoties.
Een walvisvangst, een gevecht tegen vleesetende planten, een banket, een vreugdevuur… Een wereld die opstaat voor de acties van de mens en zijn belangen. Een wereld om zich te nestelen in de plooien van het zichtbare, een wereld waar men kan verlangen om stofdeeltjes voor eeuwig vast te leggen.

Emmanuel Tête

Doorheen zijn engagement voor de schilder- en tekenkunst, deconstrueert de Franse kunstenaar, Emmanuel Tête, het alledaagse leven met humor en poëzie. Wandelend op een gespannen koord tussen droom en realiteit creëert hij een universum van meerdere resonanties waarin tederheid zich vermengt met ironie an waar het bekende en het ongebruikelijke elkaar ontmoeten. Figuren projecteren een innerlijkheid, bevorderlijk voor de opkomst van een poëtisch moment. De delicatesse van hun ontwerp lokt de vergankelijkheid van hun dromen uiten komt het publiek terecht in een tuin van fantasie.

Voor zijn vierde, individuele tentoonstelling bij Rossicontemporary, stelt Emmanuel Tête, een volledig nieuwe serie voor van vijftien tekeningen op papier, het resultaat van twee jaar opzoekwerk.


JELENA VANOVERBEEK. VOCABULAIRE MILITAIRE

EXHIBITION #102
12 MARCH - 14 MAY 2016

EN
In the act of writing, an impasse occurs; as soon as one writes, meaning is instantly imposed and inscribed into a collective system of symbols. The author himself is positioned in the middle of this semantic production.
VOCABULAIRE MILITAIRE is part of a linguistic research that contemplates the writing process as a production of reality. It occupies language that is used to manifest desire; a vocabulary that displays strong affinities with a military discourse. This discourse doesn't concern a complex jargon, but common and simple word formations -used everyday- which become remarkable in their isolation. The strict, graphical mise-en-scène through the aesthetics and limitations of letterpress print embodies their semantic ambiguity.
Jelena Vanoverbeek
In her artistic practice, young artist Jelena Vanoverbeek unravels the way cultural heritage generates social ideals, esthetical types, poetical structures and sexual symbols. Her specific interest is how those parameters inevitably control our individual production of reality and complicate modern desire. She adapts different strategies that mainly occupy the field of language and semantics, with a particular notice to her own role as a female author in this process.
VOCABULAIRE MILITAIRE is a series of twelve posters that constitute one inseparable body of work. Both the lay-out as the printed words themselves notify the violent and erotic ambiguity of military language she first discovered in studies of fascist German soldiers' writings.
The specific manufacturing of the posters is essential for the signification of the words. She used one fixed antique font type from an old typesetter office in Italy and made a wooden stencil for every poster that contains the letters very precisely according to the design. Her choice to hand-press shows the need for an artisanal approach and direct engagement with the text.
This labor-intensive process embodies the characteristics of the used language: everything is rigid and solid, but never disregarding the poetical potential of the text to become image.

FR
Ecrire comporte une impasse: le sens de ce que l’on écrit est aussitôt inclus dans un système collectif de symboles et est déterminé par lui. Et celui qui écrit se trouve lui-même à l’intérieur de cette production sémantique.
VOCABULAIRE MILITAIRE s’inscrit dans une recherche qui considère le processus d’écriture comme une production de réalité. Ce travail se rapporte aux mots utilisés pour exprimer le désir, vocabulaire qui présente de grandes affinités avec le langage militaire. Il ne s’agit pas d’un jargon compliqué, mais de termes simples et d’usage courant, qui deviennent remarquables lorsqu’ils sont isolés. Par le moyen de l’esthétique et des limites des caractères d’imprimerie, leur mise en scène graphique dépouillée donne corps à leur ambiguïté sémantique.
Dans son travail, la jeune artiste Jelena Vanoverbeek décortique la façon dont l’héritage culturel engendre des idéaux sociaux, des modèles esthétiques, des structures poétiques et des symboles sexuels. Elle s’intéresse tout particulièrement à la manière dont ces paramètres contrôlent inévitablement notre production individuelle deréalité et dont ils compliquent le désir moderne. Elle adopte diverses stratégies qui occupent principalement le champ du langage et de la sémantique, en mettant l’accent en particulier, dans ce processus, sur son propre rôle en tant de femme-auteur.
VOCABULAIRE MILITAIRE est une série de 12 affiches qui constituent une seule œuvre, indivisible. Tant les dessins préparatoires que les œuvres imprimées font saisir la violente ambigüité érotique du langage militaire que l’artiste a découverte dans des études à propos d’écrits de soldats allemands.
La fabrication même des affiches est essentielle au sens des mots. Pour les imprimer, Jelena Vanoverbeek a utilisé d’anciennes polices de caractères récupérées d’une vieille imprimerie italienne et, pour chaque affiche, elle a fabriqué un pochoir en bois contenant les lettres, très précisément selon le modèle. Le choix d’une presse manuelle a correspondu au besoin d’une approche artisanale et d’un engagement direct à l’égard du texte. Cette manière de procéder exprime les caractéristiques du langage utilisé : tout est rigide et solide, sans jamais négliger toutefois la possibilité poétique que le texte devienne image


THOMAS MAZZARELLA. NEW PAINTINGS

EXHIBITION #101
ART BRUSSELS, 21-24 APRIL 2016

Grown-up together with the revolution of the Sega Master System, Thomas Mazzarella depicts the metropolis as an ambivalent metaphor where modern and post-modern architecture is both the place of all fantasies ? funny, bizarre and intriguing like a video-game ? as well as a highly artificial space where the ability to dream is the way to escape. A sense of nostalgia permeates his paintings as if we all were the amnesic primitives of a new era, forced to accept the conditions of contemporary existence. Here, the viewer occupies an ambiguous position. A voyeur behind a screen, isolated from reality, unable to reach it, but still willing to grasp the meaning of it, to be part of it. Mazzarella?s paintings sophisticatedly combine the formal and chromatic language of video-games with pictorial references, from the naive candor of a folk ex-voto to the two-dimensional distortion of early Renaissance predella or the gentle irony of Brueghelian scenic views.


ERIC CROES. ANCORA TU

ART BRUSSELS, 21-24 APRIL 2016

ARTBRUSSELS, An insatiable collector, a visitor to unlikely museums, a sculptor fascinated by vernacular forms of folk art, Eric Croes has a language that is both raw and extremely refined, oscillating between deliberate clumsiness and accidental virtuosity. Residues of a tale or remnants of a magical action, his ceramic sculptures - masks, totem poles, sticks, monsters, fetishes, anthropomorphic creatures - are the pieces of an emotional puzzle tapping their sources in the personal mythology of the artist. Beyond the subjects, what most counts in this work is the animist metamorphosis into an object that draws its energy from the spontaneity and complicity that the artist builds with the world around him. Here the concepts of play, chance, fantasy, humor, accident and wonderful mastery are the ones that guide the artist in his work, as well as being the keys to interpret it by.


ROEL HEREMANS. DUET A

21 FEBRUARY 2016

Our minds are nests in which reality and fantasy, memories and information, truths and lies co-exist and intermingle. Duet A is a performance for two visitors. They are invited to close their eyes and imagine specific situations, from the abstract to the very personal. Roel Heremans (Brussels, 1990) seeks for hybrid artistic forms found in between performance, sound art, conceptual art, imagination, radio and literature. In 2015, Duet A was performed at Muhka, Antwerpen; Beurschouwburg, Brussels; Moderna Dansteatern, Stockholm; P.A.R.T.S, Brussels; Kunst in het Witte de Withkwartier, Rotterdam


JOHN VAN OERS. SHORT CUTS

EXHIBITION # 99
23 JANUARY - 5 MARCH 2016

EN
I was on the terrace of my house at Borgerhout. I closed my eyes for a few minutes and this is what I heard: a light aircraft approaching, a bus stopping and starting, a car hooting, another plane coming, the clatter of cutlery, an African woman arguing, a squawking parrot, an old woman never-endingly saying ‘oh dear, oh dear, oh dear’, more cars, a chicken laying an egg, a pigeon cooing, my cat, Frieda, meowing, a man coughing, another hen cackling, a baby babbling, birds chirping, leaves rustling…  Small fragments of daily life and scattered happenings that inspire all sorts of intrigues or scenarios. Some humour in the face of the gravity of matters, some seriousness in the face of light-heartedness. That’s why this show is entitled Short Cuts.  

Rossicontemporary has the pleasure of hosting for the first time in Brussels an individual show by the Antwerp artist John Van Oers. A sculptor who uses various materials such as bronze, plaster, wood and cardboard, John Van Oers creates objects where control and precision go together with light-heartedness, luck, humour. At the crossroads between the direct recognisability of forms – he likes to draw on images from the world around him, everyday objects, fragments of childhood memories – and a non-figurative and frankly abstract aesthetic, John Van Oers engages in playful creative processes where space is left to the public’s imagination. Thus, from the artist’s autobiography collective memories and fantasies can be aroused.

FR
J’étais sur la terrasse de ma maison à Borgerhout, j’ai fermé les yeux durant quelques minutes et voici ce que j’ai entendu : un petit avion qui s’approche, un bus qui s’arrête et qui repart, une voiture qui klaxonne, un autre avion qui vient, des couverts qui s’entrechoquent, une Africaine qui au loin se chamaille, une perruche qui jacasse, une vielle femme qui répète sans cesse « aïe, aïe, aïe », encore des voitures, une poule qui pond un œuf, un pigeon qui roucoule, ma chatte Frieda qui miaule, un homme qui tousse, une autre poule qui jubile, un enfant qui babille, des oiseaux qui pépient, des feuilles qui bruissent…. Petits fragments de vie quotidienne et fait épars qui inspirent toutes sortes d’intrigues ou des scenarios. Un peu d’humour face à la gravité des choses, un peu de sérieux face à la légèreté. Voilà pourquoi l’exposition s’intitule « Short Cuts »

Rossicontemporary a le grand plaisir d’accueillir pour la première fois à Bruxelles une exposition individuelle de l’artiste anversois John Van Oers. Sculpteur employant des matériaux divers tels que bronze, plâtre, bois etcarton, John Van Oers réalise des objets où maîtrise et précision vont de pair avec légèreté et humour. Au carrefour entre une identification directe des formes - il aime puiser dans les images du monde qui l’entoure, dans les objets d’usage quotidien, dans les fragments de mémoire de l’enfance - et une esthétique non figurative, franchement abstraite, John Van Oers met en place des processus espiègles de création et de monstration quilaissent place à la fantaisie du public. C’est ainsi que peuvent s’éveiller mémoires et imaginaires pluriels.
 


JUAN CANIZARES. TERCIOPELO

EXHIBITION # 98
23 JANUARY - 5 MARCH 2016

EN 
With great pleasure Rossicontemporary presents Terciopelo (Velvet), the first individual gallery show of Juan Cañizares, an Argentinian artist resident in Belgium since 2013. His conceptual work has developed around photographic documentation that he plunges into the depths, sometimes through collage, sometimes through assemblage, by simple copying or reiteration, or even, as in this case, by subtle pictorial interventions. An examination of family affections, of memories, of their persistence.

(To my parents) 
I remember the power my mother embodied, one of those intimate female powers. My father was a huge mountain, very green, dotted with flowers and filled with peace. Together, they resembled a constellation of emotions, drawn from the deepest feelings.
There is something sacred in the private sphere. Something immense that brings us close, like a mirror. A special place where echoes sound and where, I suppose, something sometimes happens. There are not many differences in the light. In the end, this is how I feel.
It is true that feelings are abstract and nostalgias are emphatic. It is perhaps the chronology of amorous encounters that seduces me. This bluish detail in the memory of those landscapes where sometimes an absolute beauty lies. I usually allow myself to speak to her, kissing her voice, to read her letters so as to then recognize one another and choose ourselves, in all honesty.
I have fired the colours with ambition. The gesture is the same, I have repeated it with the same intention, with the same emotion. Sometimes I try to transform the memories into terciopelo (velvet).                                                                                                                          

FR
C’est avec grand plaisir que Rossicontemporary présente Terciopelo (Velours), la première exposition individuelle en galerie de Juan Cañizares, artiste argentin résidant à Bruxelles depuis 2013. Son œuvre d’orientation conceptuelle se développe autour du document photographique qu’il met en abîme tantôt par le collage, par l’assemblage, par la simple reproduction ou réitération, voire, comme dans le cas présent, par de subtiles interventions picturales. Une interrogation autour des affections familiales, des souvenirs, de leur persistance.  

(À mes parents)
Chez elle, je me souviens de ce pouvoir qu’elle incarnait, un de ces pouvoirs intimes et féminins. Chez lui, il y avait une énorme montagne, très verte, parsemée de fleurs et remplie de quiétude. Ils ressemblaient à une constellation d’émotions provenant des sentiments les plus profonds. 
Il y a quelque chose de sacré dans le domaine privé. Quelque chose d’immense qui nous rapproche tel un miroir. Un lieu spécial où l’écho existe et où je suppose qu’il se passe parfois quelque chose. Il n’y a pas beaucoup de différences dans la lumière. Enfin, c’est ainsi que je le ressens.
Il est vrai que les sentiments sont abstraits et les nostalgies emphatiques. C’est peut-être la chronologie amoureuse des rencontres qui me séduit. Ce détail bleuté présent dans la mémoire de ces paysages où repose parfois une beauté absolue. J’ai pour habitude de me permettre de lui parler, d’embrasser sa voix, de lire ses lettres pour ensuite nous reconnaître et nous choisir, en toute honnêteté.Avec ambition j’ai enflammé les couleurs. Le geste est identique, je l’ai répété avec la même intention, avec la même émotion.   Il arrive parfois que je tente de transformer les souvenirs en terciopelo.


GODELIEVE VANDAMME. ECOUMENAL 

EXHIBITION # 97
23 JANUARY - 5 MARCH 2016

EN
For her second individual show at Rossicontemporary Godelieve Vandamme displays on the two floors of the Stanze a new series of paintings and sculptures on the theme of the Ecumene. In these works, the Brussels-based artist reiterates and further explores her interest in the concept of the landscape – how it is perceived and how it may be rendered materially. Cut steel, aluminium, corrugated iron and a rigorous use of colour are the tools used to explore these questions.

The ancients defined ‘ecumene’ as the inhabited world, as opposed to uninhabited lands. It was a way of localising and representing, on the first maps of the earth, the known and the unknown worlds.
Over the centuries, the relationship between those two worlds had constantly to be readjusted. The ‘terra incognita’ receded, and the inhabited world spread outwards from the rivers and the seas. Whole continents were discovered, explored and exploited. The concept of the ecumene was gradually forgotten. In the 19th and 20th centuries, the French geographers, Vidal de la Blanche and, later, Augustin Berque, reintroduced the term ‘ecumene’, making the identification of those parts of the earth’s surface inhabited by man the central question of human geography. Augustin Berque declared that “to be is necessarily to be somewhere”. He further argued that “To say that the question of being is philosophical, whilst that of being somewhere is geographical, is to drive an abyss through reality which prevents it from ever being properly understood.”
The concept of the ecumene came to me whilst photographing a hut at the edge of a forest. That concept is at the origin of the paintings and sculptures on show here. To think of the ecumene in painting is to think in terms of distinctions, frontiers, limits. The materials, colours and surfaces become the places where those differentiations occur. From there I determine how to occupy the space. By extension, the concept can also signify ‘inhabited’ and ‘uninhabited’ territories of the unconscious, sleep, poetry; it is a broad concept that opens up perspectives. 
Human beings and their environment fashion and shape one another. There is a sort of transaction. In exploring the industrial landscapes by the banks of the Sambre I am impressed (literally) by the forms, the details, the architectures, which I transform and retrace in steel sheets. These sculptures are landscapes: frameworks, structures, bodies, forms, constructions, borrowed from nature.

FR
Pour sa deuxième exposition individuelle chez Rossicontemporary, Godelieve Vandamme investit le double étage des Stanze avec sa nouvelle série de peintures et de sculptures rassemblées sous le nom Ecouménal. Dans ces œuvres l’artiste bruxelloise réitère et approfondit son intérêt pour le concept de paysage, sa perception et la manière d’en rendre compte matériellement. Le découpage de l’acier, de l’aluminium, de la tôle ondulée ainsi qu’un usage très contrôlé de la couleur, sont les outils de ses interrogations. Introduction de l’artiste au projet :

Les Anciens nommaient « écoumène » (oikoumenos) la terre habitée, par opposition aux territoires inhabités. C’était une manière de localiser et de figurer les mondes connu et inconnu sur les premières cartes. Au cours des siècles, le rapport entre ces deux mondes a constamment été réajusté. La «terra incognita» reculait, les terres habitées étaient dessinées à partir des océans et des fleuves. Des continents entiers étaient découverts, explorés et exploités. Le concept d’écoumène sombra progressivement dans l’oubli. Les géographes français, Vidal de la Blache au 19e siècle et Augustin Berque au 20e, ont réintroduit le terme « écoumène » faisant de la détermination de la surface habitée par l’homme la question centrale de la géographie humaine. Augustin Berque affirme que : « être, c’est forcément être quelque part » et il précise : « Dire que la question de l’être est philosophique, tandis que celle du lieu, elle, serait géographique, c’est trancher la réalité par un abîme qui interdit à jamais de la saisir ».
C’est la photographie d’une cabane à la lisière de la forêt qui a fait naître en moi le concept d’écoumène. Il est à l’origine des peintures et des sculptures que je présente ici. Penser l’écoumène en peinture révient à penser la distinction, la frontière, la limite. Les matériaux, les couleurs et les surfaces deviennent le lieu de la différenciation. A partir de là je figure une manière ou une autre d’occuper l’espace. Par extension, ce concept peut aussi signifier les territoires « habités » et « inhabités » de l’inconscient, du sommeil, de la poésie ; il est ample et ouvre des perspectives. 
Dans l’écoumène, l’être humain et son milieu s’engendrent et se façonnent mutuellement. Il s’opère une sorte de transaction. En explorant les paysages industriels des bords de Sambre je suis impressionnée (au sens littéral) par des formes, des agencements et des architectures que je transforme et retrace dans des plaques d’acier. Ces sculptures sont des paysages : des cadrages empruntés à la nature.                                                                                                                    


JEAN-LOUIS MICHA. NIGHT CALL 

EXHIBITION # 96
14 NOVEMBER 2015 - 16 JANUARY 2016
 

L’ensemble des dessins que je présente commence par un processus de télescopage d’images ; j’y mêle fragments documentaires et mémoriels, observations embrumées et vrais faux souvenirs. Je tente de donner à voir cette zone de flottaison, cette forme de pré-narcose où les états premiers s’effacent pour faire place aux états seconds.
J’aime à considérer chaque image comme un espace mental particulier ; un réel et son double comme dit Rosset où viennent se compiler des strates complémentaires. Il s’agit d’un jeu de dupes, perceptif et plastique, au sein duquel notre rapport au temps se distend et où l’illusion est toute puissante.
Night Call est aussi le fruit d’une réflexion sur la présence de l’absence et l’insatiable volonté qui nous anime à dégager des éléments de permanence pour déborder l’ombre ; celle d’unenuit, qui, inexorablement, chasse le jour.
 


BARBARA CARDONE. VANISHING POINT AND OTHER CAMOUFLAGE

EXHIBITION # 95
14 NOVEMBER 2015 - 16 JANUARY 2016
 

Then charm me, that I may be invisible, to do what I please, unseen of any (..)
Christopher Marlow, Doctor Faustus

Vanishing point est le point de fuite, mais traduit littéralement, il signifie le point de disparition, ou d’évanouissement. Il peut tout à la fois indiquer le temps qui passe, l’horizon, ou l’enfant qui, cachant ses yeux, croit se rendre invisible au monde.
Il s’agit ici de mémoire et de représentation (le souvenir comme re-présentation).
Du temps écoulé entre le moment initial et le moment présent surgit une sorte d’écart, que j’essaie de traduire en peinture : manifester l’inévitable trahison des images mémorielles, en donnant à voir les signes de l’illusion de sa représentation.
De façon symbolique, le tissu, tout en faisant disparaître l’objet, le révèle également. Il est souvent employé en magie, il recouvre parfois le mort, et accidentellement, à l’œil incrédule il donne corps au fantôme, ou au fantasme si l’on préfère.
 


CAROLINA FERNANDEZ. THE MIDDLE WAY

EXHIBITION # 94
14 NOVEMBER 2015 - 16 JANUARY 2016
 

Il y a un espace entre nous et le monde où l'on doit vivre. Cet espace nous permet de choisir la façon de voir les circonstances données. C'est là où se passe la vraie vie.
Parcourir la voie du milieu, c'est choisir l'équilibre entre l'indulgence et l'ascétisme, c'est être compatissant à l’égard de tous en commençant par nous-mêmes. C'est ne pas penser aux autres, ne pas penser à soi mais penser à nous tous.
Mes peintures sont peuplées de ces êtres vivants qui ont choisi cette voie. Qu'ils pratiquent une méthode pour apaiser l’esprit, qu'ils vivent un moment de contemplation ou qu'ils fassent des exercices d'empathie, ils nous rappellent que cette voie médiane attend que nous la parcourions.


FRANCOIS JACOB. MASCARADE

EXHIBITION # 93
12 SEPTEMBER - 7 NOVEMBER 2015

FR
Je présente ici de nouvelles œuvres de dessin, de peinture et de sculpture.
Je considère le dessin comme l’axe central et constant de tout mon travail. 
Ma peinture développe une approche plus sensuelle par le biais de la couleur.  
La sculpture me permet de rendre plus concrète la présence du sujet.
Le tout dans un dispositif très proche de celui du théâtre, composant une scène par l'association de trois éléments: un personnage, un décor, notre regard.

Le titre de l'exposition est une référence au jeu des rôles qui est au cœur de la parodie qu'est toute mascarade où le dissimulé se tient derrière le prétendu.
Dans ce cadre, masques, costumes, grimages, sont les moyens de soustraire l’humain à la réalité, transformations et aberrations le rendant plus palpable.

Pour composer mes images j’utilise des sources photographiques diverses, rituels, cultes, carnavals avec leurs cortèges de débordements. Je constitue un stock d’images, souvent anciennes. Classées par sujet, l’une me renvoie à une autre. La composition se fait au fil d’associations successives et donne lieu à un photomontage. Le choix de la technique intervient dès les premiers instants de la composition, chaque médium imposant ses caractéristiques et ses contraintes

NL
Ik stel hier mijn nieuwe tekeningen, schilderijen en beeldhouwwerken voor.Ik beschouw de tekening als het centrale en constante middelpunt in al mijn werk. 
Mijn schilderwerk ontwikkelt een sensuelere aanpak door middel van kleur. 
Het beeldhouwen laat me toe de aanwezigheid van het onderwerp concreter te maken.
Dit alles samengebracht in een inrichting dat sterk aanleunt bij theater, waar de scène samengesteld wordt door het samenbrengen van drie elementen: een personage, een decor en onze blik.

De titel van de tentoonstelling is een verwijzing naar het rollenspel dat de kern is van de parodie die een mascarade is, waar het verborgene zich verschuilt achter het vermeende. In dit kader zijn maskers, kostuums, schmink de middelen om de mens te onttrekken aan de realiteit, maar tegelijkertijd maken vermommingen en aberraties het tastbaarder.

Voor de compositie van mijn werken maak ik gebruik van verschillende bronnen, hetzij beelden van rituelen, van erediensten of van overlopende karnavalstoeten. De beelden zijn geordend volgens onderwerp, het ene beeld verwijst naar een ander. De compositie ontstaat naarmate er associaties worden gemaakt tussen de beelden. De keuze van de techniek intervenieert tijdens de eerste stappen van het samenstellen: elk medium legt zijn kwaliteiten en beperkingen op.
 


LISA GAMBEY. DESSINS

EXHIBITION # 92
12 SEPTEMBER - 7 NOVEMBER 2015

FR
Vous marchez dans la rue, tout est normal.
Au loin, vous apercevez une silhouette qui vous interpelle.
Vous ne voyez que son dos, mais il semble que chaque détail est tourné vers vous. Elle vous est familière, et dans une fraction de seconde vous croyez vous voir vous-même.
Vous voudriez en savoir davantage, mais la silhouette se déplace toujours à la même vitesse que vous.
Vous espérez la voir de profil, elle se maintient parfaitement de dos. Chaque pas est une répétition du pas précédent.
Vous n'en saurez pas plus, cela devient très clair, mais vous ne pouvez renoncer à cette poursuite.
Votre compréhension du monde dépend de cette bribe d'information, celle qui se trouve de l'autre côté de la silhouette.
Vous tentez donc de noter de votre mieux tout ce que vous voyez.
Une fois rentré chez vous, vous observez ce souvenir entier, parfait, d'un dos.
Il faudra vivre avec cette image, car c'est la seule qui vous a paru vraie aujourd'hui. Plus vraie que le reste, plus dense, et pourtant hors de portée.

Ma pratique du dessin s'apparente à cette chasse sans succès.

Je visionne sur internet une grande quantité d’images - des films d’amateurs, des archives d'investigations.
Subitement une image me semble plus vraie, plus dense. C'est une fascination qui va toujours de pair avec une certaine frayeur, qui m'appelle à réagir.
Collectionner les images n'est pas suffisant, il me faut les dessiner, au plus près.

NL
U stapt op straat. Alles is normaal.
In de verte onderscheidt u een silhouet die u aanroept. Het enige wat u ziet is zijn rug, ook al lijkt het alsof elk detail naar U toe is gedraaid.
Het silhouet komt u bekend voor. Tijdens een fractie van een seconde denkt u zichzelf erin te herkennen.
Graag zou u er het fijne van willen weten, maar de gestalte verplaatst zich, steeds aan dezelfde snelheid als u.
U hoopt het profiel van de schim te zien, maar de gestalte blijft echter met zijn rug naar u toe staan. Elke stap die het zet is een herhaling van de vorige stap.
U zal er niet meer over te weten komen, dit wordt al snel duidelijk, maar u kan een achtervolging niet laten.
Heel uw begrip van deze wereld hangt af van de informatie die zich achter dit silhouet verschuilt en u doet dus uw best om alles te onthouden wat u ziet.
Eenmaal thuisgekomen observeert u de scherpe, feilloze herinnering van een rug.
Dit is het beeld waarmee u zal moeten verder leven, het enige dat u reëel leek vandaag. Reëler en vaster dan de rest, maar toch buiten uw bereik.

Mijn beoefening van het tekenen kan vergeleken worden met deze jacht zonder succes.

Op het internet zie ik een enorme hoeveelheid aan beelden – amateurfilms, archieven van onderzoek. Plotseling lijkt een bepaald beeld me reëler, vaster dan de anderen. Dit soort fascinatie gaat altijd gepaard met een zekere schrik, die me roept om te reageren. Beelden observeren volstaat niet. Ik moet ze tekenen, van zo dicht mogelijk.


LUIS GUZMAN. ZONED

EXHIBITION # 91
12 SEPTEMBER - 7 NOVEMBER 2015

FR
J’ai quitté mon pays il y a treize ans, et depuis j’ai vécu dans cinq pays européens. J’ai donc ajouté à la solitude propre à la profession de peintre, l’isolement d’un étranger.
Mes peintures explorent la figure humaine et les espaces qu’elle habite. Dans le processus de conception de ces scènes, où la sphère intime s’ouvre vers l’extérieur, je libère mon inconscient, de sorte que la rencontre de différents éléments (corps, foules, villes ou paysages, jours et nuits) se fasse avec surprise pour moi. Je vous invite à les observer comme on le ferait d’un rêve.
Comment restituer un espace, sa profondeur, son silence, son atmosphère unique, voilà la question qui m’habite constamment. Comme je cherchais à capturer l’espace dans une forme concentrée voire symbolique, la peinture des Primitifs flamands et italiens est venue à mon secours. Eux qui ont si bien su faire vivre ensemble avec une extraordinaire capacité de synthèse, l’intérieur d’une chambre à coucher et la ville qui résonne hors les murs.

NL
Dertien jaar geleden heb ik mijn land verlaten. Sindsdien heb ik in vijf Europese landen gewoond. Ik heb aan de eenzaamheid, die eigen is aan de schilderspraktijk, het isolement van een vreemdeling toegevoegd.

Mijn schilderijen onderzoeken de menselijke figuur en de ruimtes die hij bewoond. In de samenstelling van deze scènes, waar de intieme sfeer zich opent naar de buitenwereld, word ik geleid door mijn onderbewustzijn, op een manier waarop de ontmoeting van de verschillende elementen (lichaam, menigten, steden of landschappen, dag en nacht) mijzelf ook verbaast. Ik nodig u uit ze te observeren op dezelfde manier als men dat met een droom zou doen.
Hoe een ruimte, haar diepte, haar stilte, haar unieke atmosfeer teruggeven, dat is een vraag die ik me blijf stellen. Tijdens het zoeken naar een manier om een ruimte vast te leggen op een geconcentreerde, haast symbolische manier, zijn de Vlaamse primitieven en de Italiaanse schilderkunst mij ter hulp geschoten. Het kunnen samenbrengen van de weerklinkende stad met het intieme interieur van de slaapkamer.


MARIE ROSEN. NOÈMES

EXHIBITION # 90
10 - 13 SEPTEMBER 2015

Noème. [\nɔɛm\]. Nom commun masculin. Du grec ancien νόημαnoêma (« pensée »). En phénoménologie, la noèse (du grec noêsis, intelligence) est l'acte de penser, et un noème (du grec noêma, la pensée) est un objet intentionnel de pensée. [Larousse] 

Que ce soit en peinture ou en dessin, Marie Rosen présente des mises en espace d’idées et d’objets qu’elle puise dans une nomenclature personnelle. Des espaces silencieux, presque solennels, qu’elle compose minutieusement. Des objets analogues à des éléments familiers, mais dont un détail en altère la forme ou la fonction.
D’une technique à l’autre, seule l’approche diffère. Ses dessins ne sont pas des esquisses préparatoires à ses peintures. Aucune primauté de l’un ou l’autre medium. Mais là où ses peintures recherchent des sensations, ses dessins projettent des idées et des pensées, construites de façon architecturale, presque mathématique. Tels des noèmes, ils sont pour elle des objets intentionnels de pensée. « Je sais ce que je veux dire mais je ne sais pas le décrire tant que ce n’est pas peint. Je parviens à le déterminer seulement une fois la toile achevée ». Partant de points de fuite tracés hors du champ, l’artiste élabore une structure au crayon avant de la remplir à l’aquarelle, qui permet de construire les formes en positif là où le trait de crayon n’en définit que les limites. Par couches et traits successifs, mais aussi par gommages et ponçages, entre maîtrise et aléas, l’artiste aboutit au rendu désiré. (Jennifer Beauloye)


ERIC CROES. ICH BIN WIE DU

EXHIBITION # 86
19 MARCH - 16 MAY 2015

Ich bin wie du
Wir sind wie Sand und Meer
Darum brauch ich dich so sehr

Je suis comme toi
Nous sommes comme sable et mer
C’est pour cela que j’ai tellement besoin de toi

Marianne Rosenberg, Ich bin wie du, 1975

FR
Pour sa première exposition personnelle chez Rossicontemporary, l’artiste belge Eric Croes présente une série récente de sculptures élaborées à partir de matériaux divers comme le béton, le papier mâché et la céramique. Des techniques dont le choix n’est pas innocent et qui évoquent tour à tour les constructions vernaculaires qui poussent dans le jardin du voisin, les bricolages d’enfants qui collent à la table de la cuisine ou les jarres que belle-maman fabrique lors de son atelier d’expression créative.

Collectionneur insatiable et visiteur de musées improbables, Eric Croes se délecte de la rencontre magique entre l’art et le quotidien. De cette fascination pour l’art populaire, il tire un langage à la fois brut et extrêmement raffiné, oscillant entre volontaire maladresse et accidentelle virtuosité, comme c’est le cas pour ses céramiques - son médium de prédilection depuis quelques années - dont les émaux sont à la fois baveux et précis.

Résidus d’un conte ou vestiges d’une action magique, différentes masses colorées envahissent l’espace d’exposition. Accrochées au plafond, jaillissant du sol, s’enchevêtrant les unes dans les autres ou disposées de façon hasardeuse sur des étagères, elles sont masques, totems, bâtons, monstres, fétiches, créatures anthropomorphes… Ce sont les pièces d’un puzzle émotionnel que chacun est libre d’interpréter et qui puisent leurs sources dans la mythologie personnelle de l’artiste.

A la manière de ses « cadavres exquis », technique populaire de dessin collectif chère aux surréalistes, qu’Eric Croes réalise avec son compagnon et qu’il retranscrit en céramiques avec les accidents qu’implique la terre, la cuisson et l’émaillage. Ce ne sont pas les sujets qui importent mais leur métamorphose animiste en un objet, qui puise son énergie dans la spontanéité et la complicité que l’artiste construit avec le monde qui l’entoure.

Le titre de l’exposition Ich bin wie du, littéralement Je suis comme toi, renvoie à la chanson populaire de Marianne Rosenberg considérée comme l’hymne de la communauté LGTB germanophone. Elle est ici utilisée par l’artiste pour revendiquer son appartenance à un mouvement créatif spontané et régénérateur que chacun peut pratiquer librement, sans jugements ni contraintes.

David de Tscharner (Paris, mars 2015)

NL
Voor zijn eerste individuele tentoonstelling bij Rossicontemporary presenteert de Belgische kunstenaar Eric Croes een recente reeks skulpturen gemaakt van diverse materialen zoals beton, papier-maché en aardewerk. De keuze van de techniek is een doel op zich. Het telkens opnieuw oproepen van de volksconstructies die opduiken in de tuin van de buren, de kindercreaties die aan de keukentafel blijven plakken of de kruiken die schoonmoeder maakt in haar creatieve atelier.

Verwoede verzamelaar en bezoeker van onwaarschijnlijke musea, Eric Croes vermaakt zich met de magische ontmoeting tussen de kunst en het alledaagse. Door zijn fascinatie voor volkskunst ontwikkelt hij een taal die zowel primitief als extreem geraffineerd naar voor komt, die slingert tussen vrijwillige onhandigheid en toevallige virtuositeit. Zoals voor zijn aardewerk - zijn lievelingsmedium sinds enkele jaren - waarvan de glazuren tegelijkertijd druipend en precies zijn.

Overblijfsels van een sprookje of van een magische gebeurtenis, verschillende kleurenmassas palmen de tentoonstellinsgruimte in. Hangend aan het plafond, ontspruitend aan de grond, in elkaar verweven of lukraak op rekken geplaatst, het zijn maskers, totems, stokken monsters, fetisjen, antropomorfische creaturen. Het zijn emotionele puzzelstukken voor eigen interpretatie vatbaar die hun bron vinden in de persoonlijke mythologie van de kunstenaar.

Zoals in zijn cadavres exquis - de techniek van collectief tekenen geliefd door de Surrealisten - die Eric Croes samen met zijn vriend creeërt en die hij dan overzet in aardewerk met al de oneffenheden van de aarde en het glazuur.

De onderwerpen zijn niet het belangrijkste maar wel de animistische metamorphose in een object die zijn energie vindt in de spontaneiteit en de compliciteit die de kunstenaar opbouwt met zijn omringende wereld.

De titel van de tentoonstelling letterlijk vertaald Ik ben zoals jij refereert naar de populaire schlager van Marianne Rosenberg zowat de hymne van de Duitstalige LGTB gemeenschap. De kunstenaar gebruikt deze titel om zijn samenhorigheid te duiden met een spontane, creatieve en regenererende beweging voor iedereen vrij, zonder beperking of veroordeling.

David de Tscharner (Parijs, maart 2015)

 

SARAH VAN MARCKE. IT NEVER CHANGES TO STOP

 EXHIBITION # 85
19 MARCH - 16 MAY 2015

FR
Sarah Van Marcke balise son travail photographique par une régie et une hygiène très strictes. Elle se concentre rarement sur une nature chaotique mais plutôt sur des situations et des sujets qui sont fortement définis par le filtre humain. La forme des bâtiments et des objets est déterminée culturellement, car elle est soumise à des exigences fonctionnelles, à des paramètres industriels et à des phénomènes de mode. Cette forme est étroitement liée à une époque et à un environnement. Sarah Van Marcke approche ces phénomènes de manière isolée et découpée, de sorte qu’ils virent rapidement vers un calme dense et étrange. 
Les rues belges dédiées aux commerces sont étonnamment changeantes. Routes piétonnes ou à une seule direction de marche où le rez-de-chaussée de maisons existantes abrite des rangées d’établissements de grandes chaînes commerciales et de bureaux d’intérim. Dans les petites villes de province la concurrence de la grande distribution est perceptible le long des voies d’accès et dans les centres commerciaux : les petits commerces typiques de quartier disparaissent, raison pour laquelle des vitrines vides font leur apparition ici et là. Ce sont des endroits où soudain le temps s’arrête. Dérangeants pour l’esprit petit-bourgeois, mais oasis poétique pour ceux qui au moins une fois osent y rêver. Quelques présentoirs vides, de la marchandise restante, des fenêtres poussiéreuses et des pancartes d’agences immobilières forment une sphère congelée et assoupie qui contraste vivement avec l’animation quotidienne. 
Cette tranquillité mentale a intrigué Sarah Van Marcke. Les restes de marchandise ou quelques attributs bien choisis reviennent dans ses photos et dans ses vidéos comme des fétiches immobiles qui nous affectent avec tout à la fois légèreté et oppression. Une chaussure, un cintre, un costume : isolés et séparés du contexte des soldes ou d’une braderie, ils s’offrent à nous comme des sculptures étranges et mélancoliques.
Cette série de travaux a été réalisée en collaboration avec le festival biennal d’art Cuesta.

NL
Sarah Van Marcke beteugelt haar fotografisch werk met een sterk doorgedreven regie en hygiëne. Ze focust zich zelden op een chaotische natuur, maar op situaties en voorwerpen die hard door een menselijke filter bepaald zijn. De verschijningsvorm van gebouwen en voorwerpen is cultureel bepaald, onderhevig aan functionele vereisten, industriële parameters en modeverschijnselen. Die hangen vast aan een tijd en een omgeving. Sarah Van Marcke benadert die verschijnselen op een onthechte en geïsoleerde manier, waardoor ze plots rondtollen in een geconcentreerde en bevreemdende verstilling.
Belgische winkelstraten zijn verbazend inwisselbaar: verkeersvrije of eenrichtingsassen, waarbij het gelijkvloers van bestaande huizen een trits vestigingen van winkelketens en interimkantoren herbergen. In kleinere provinciesteden is de concurrentie van grotere retailers langs invalswegen en winkelcentra voelbaar: kleinere, autonome en typische handelszaken verdwijnen, waardoor hier en daar lege vitrines verschijnen. Het zijn plekken waar de tijd plots stilstaat. Storend voor de middenstandsziel, maar poëtische oases voor wie al eens durft mijmeren. Enkele lege displays, resterend winkelgoed, bestofte ramen en pancartes van immo-kantoren bepalen een bevroren en ingeslapen sfeer die fel contrasteert met de bedrijvigheid van alledag.
Die mentale stilstand intrigeerde Sarah Van Marcke. De resten van het handelswaar of enkele welgekozen attributen keren in haar foto-en videowerk terug als verstilde fetishes, die tegelijk luchtig en beklemmend inwerken. Een schoen, een confectie-kapstok, een maatpak: geïsoleerd en verlost uit de context van tijdelijke solden of braderie komen ze ons voor als een vreemde melancholische sculptuur.
Deze reeks kwam tot stand in samenwerking met het tweejaarlijks kunstfestival, Cuesta.

EN
Sarah Van Marcke controls her photographic work with a highly demanding and refined care. She rarely focuses on a chaotic nature, but rather on situations and objects that are firmly determined by a human filter. How buildings and objects appear to us is culturally determined. They are subject to functional requirements, industrial parameters and fashions. They are linked to time and to their surrounding area. Sarah Van Marcke approaches those phenomena in a detached and uncanny way, so they suddenly start spinning in a framed and strange stillness.
Western European shopping streets are amazingly exchangeable: pedestrian zones or unidirectional axes, the ground floor of existing homes accommodate chain stores and employment offices. In smaller provincial towns competition from larger retailers along highways and malls is manifest: smaller, autonomous and typical shops disappear, leaving empty front shop windows here and there. They are places where time comes to a standstill. These places are disruptive to the entrepreneur’s soul, however a poetic oasis for those who’re open to musing. Empty windows, old posters and calendars, fading colours, dust and real estate agencies placards define a frozen and sleepy atmosphere that strongly contrasts with the bustle of everyday life.
That mental stagnation was intriguing to Sarah Van Marcke. The remains of the commodity or a few well-chosen attributes appear in her photographic work as frozen fetishes, acting simultaneously as lightly and oppressive. A shoe, a coat hanger, a suit: isolated and freed from the context of temporary sales or a seasonal fair they come to us as a strange melancholic sculptures.

 

SARAH VAN MARCKE. LA GRANDE MOTTE

 EXHIBITION # 85
19 MARCH - 16 MAY 2015

FR 
Fil conducteur de cette série de travaux est la Grande Motte, lieu de vacances du Sud de la France, la ville côtière hyper artificielle que Sarah Van Marcke a plusieurs fois visitée et scrutée ces dernières années. C’est l’une de ces rares villes qui ont été complètement planifiées et dessinées par un seul architecte dès la première pierre autour d’un concept bien défini. Dans le cas présent, l’architecte français Jean Balladur en fut le pivot. 
A la fin des années ‘60, sur une courte période, la Grande Motte surgit au milieu d’un marécage méditerranéen. Pour cela, le territoire dut être complètement drainé et reçut une peau de béton, des plantations artificielles, des ziggurats et des pyramides « futuristes » pour l’époque, qui pendant l’été doivent avaler des centaines de milliers de touristes. Le demi million d’arbres non autochtones qu’on planta alors ont exactement le même âge que les constructions. Chaque année, pendant la haute saison, la population des moustiques doit être continuellement réprimée par des avions pulvérisateurs. Hors saison la ville se vide, le contraste est hallucinant et fascinant. Pendant presque dix mois tout est verrouillé. Les routes se vident, les blocs parking sont remontés et les moustiques reprennent le dessus. 
Dans les photos et les vidéos de cette série, Sarah Van Marcke observe et analyse de diverses manières l’urbanisation artificielle de la Grande Motte. Se servant de mises en scènes bien étudiées Sarah travaille autour de l’occupation saisonnière de la Grande Motte ou se moque de l’exotisme fabriqué de la ville. Est également mise sous la loupe la soumission que la nature a subie dans l’ensemble du projet. 
Mais en même temps, ces images sont aussi des odes à nos souvenirs collectifs de vacances à la mer : un matelas gonflable qui se dégonfle, des voitures pleines à éclater ou des bouteilles en plastique avec de la limonade devenue tiède. Parfois aucune intervention de l’artiste n’a été nécessaire, comme quand un arbre embrasse l’architecture, ou comme quand l’architecture transperce un arbre et il se peut que l’artiste ait trouvé par hasard une chaise en plastique à moitié ensevelie par le vent et le sable.

NL 
De leidraad in deze reeks is het Zuid-Franse vakantieoord La Grande-Motte, de hyper artificiële kuststad die Sarah Van Marcke de voorbije jaren verschillende keren bezocht en onderzocht. Het is één van die uitzonderlijke steden die vanaf de eerste steen volledig werden gepland en ontworpen door één architect rond één welomschreven concept. In dit geval werd de Franse architect Jean Balladur de spilfiguur. 
Eind jaren ‘60 is op een korte tijd La Grande-Motte verrezen te midden van een mediterraan zoutwatermoeras. Het gebied moest hiervoor volledig gedraineerd worden en kreeg een betonnen huid, artificiële beplanting en gedateerde futuristische ziggoerats en piramides die tijdens de zomer honderdduizend toeristen moeten slikken. De half miljoen zone-vreemde bomen die men toen plantte zijn exact even oud als de gebouwen. Jaarlijks wordt tijdens het topseizoen de muggenpopulatie continue vakkundig onderdrukt met sproeivliegtuigen. Buiten het seizoen loopt de stad leeg, het contrast is hallucinant en fascinerend. Quasi 10 maanden lang gaat alles op slot, lopen de straten leeg, gaan de parkeersloten omhoog en nemen de muggen het weer over. 
Deze reeks van foto’s en video’s zijn observaties die de artificiële urbanisatie van La Grande-Motte op diverse manieren onderzoeken. Aan de hand van geregistreerde acties werkt Sarah rond de seizoensgebonden bezetting van de stad of wordt er de draak gestoken met het kunstmatige exotisme van La Grande-Motte. Ook de onderdrukte positie die de natuur kreeg in dit hele project wordt onder de loep genomen. 
Het zijn tegelijk ook odes aan onze collectieve herinneringen van vakanties aan zee: de handeling van een luchtmatras leeg laten lopen, volgepropte auto’s of petflessen met lauw wordend frisdrank. Soms zijn interventies niet nodig geweest wanneer een boom de architectuur omhelst of wanneer architectuur een boom doorboort. En misschien vond de kunstenares wel toevallig een stoel die half ingegraven werd door de wind en het zand.

EN 
The leitmotif in this series is the French Mediterranean tourist resort of La Grande-Motte, a super artificial coastal town that Sarah Van Marcke visited and examined several times in recent years. It is one of those rare cities that were planned entirely from scratch and were designed around a well-defined concept by a single architect. In this case, the French architect Jean Balladur was the key figure. 
In the late 60’s, in a very short time, La Grande-Motte rose amid a Mediterranean saltwater marsh. The area had to be completely drained and got coated with a concrete skin, artificial plants and (today) out-dated futuristic ziggurats and pyramids had to swallow hundred of thousands of tourists during summer season. The half a million alien trees planted there are exactly the same age as the buildings. Each year, the mosquito population is skilfully suppressed during the peak season with crop duster planes. During off-season the town is empty, the contrast is hallucinatory and fascinating. During nearly ten months, everything is being locked, the streets are empty, the parking slots go up and the mosquitoes take over.
This series of photos and videos are observations, investigating the artificial urbanization of La Grande-Motte in various ways. Sarah muses over the design of a city whose sole reason for existence is tourism. In filmed and photographed actions, Sarah works with the seasonal occupation of the city or satirizes the artificial exoticism of La Grande-Motte. The oppressed role nature gets to play in this whole urban project is scrutinized. At the same time the works are odes to our collective memories of holidays at sea: the act of deflating an air mattress, stuffed cars or plastic bottles with lukewarm soda. Sometimes interventions haven’t been necessary when a tree embraces the architecture or when architecture pierces a tree. And maybe the artist found a chair that was half buried by the wind and the sand by chance.
 


MARGAUX VALENGIN. MAKE EYES

 EXHIBITION # 84
19 MARCH - 16 MAY 2015

EN
Make Eyes
To look at somebody with sexual attraction. A luxurious world tries to conceal its triviality. 
Make the eye, do the eye: make-up existing eyes or draw eyes.

Este’s Legs 
The use of flash makes the subject stand out of the dark. The flash hooks on the materiality of the car, of the flesh, makes the car shine. A vulgar shininess and a ghastly skin.

Loud Paintings
To upturn the face and frame it tight, make it almost blister. It is not screaming it is laughing. A bright and coarse laugh.

All Head
Standing in the middle, I hope it does not smother you. No one talks, no one hears, no one sees. Heavy smell of perfume, of sparkle and matte powder.

“This second element which will disturb the studium I shall therefore call punctum; for punctum is also: sting, speck, cut, little hole – and also the cast of the dice. A photograph’s punctum is that accident which pricks me (but also bruises me, is poignant to me) (…), "it is this element which rises from the scene, shoots out it like an arrow, and pierces me."
Roland Barthes, Camera lucida

In a photograph, the punctum is a detail or an object that depending on each viewer, attracts and touches him. These paintings are trying to illustrate the punctum. Something « pricks » me in the image, I am drawn to it and I want to paint it. I reframe, I crop a fragment in the image to show what pricked me. Redirecting the viewpoint. The image becomes another one. 
Then the shift from photography to painting. Interpretation. Different methods of painting are used depending on the object represented.
Some parts are smooth, they rely on the photograph. Other parts are more gestural. Seeing them we acknowledge that they had been made with a brush. They are nowhere in real life, in photography or anywhere else. The depiction of certain elements refers to the language of painting or to the drawing (if we believe that image is a language).

Shirley
First: render the shadows, the grades of colours on the skin, make the face stand out, render the three dimensionality. On the surface. Then polish a little harder, a little faster. And then almost erase, reduce the contrasts, flatten the surface. But those terrifying eyes and this mascara!

Elke 
The paint is almost dry, I have to be more rough with the brush. Rough with the face. The eyes are missing. Maybe 3 minutes have passed and calmly, I draw them with the line and pupil eyeliner.

FR
Make Eyes
Faire de l’œil. Regarder quelqu’un avec une attirance sexuelle. Un monde luxurieux tente de maquiller sa trivialité.
Faire les yeux: maquiller des yeux ou bien dessiner des yeux.

Este’s Legs
L’utilisation du flash fait ressortir le sujet, le noir qui l’encadre est renforcé. Le flash accroche la matière de la voiture, de la chair. La voiture réfléchit la lumière tandis que la chair l’absorbe. Eclat vulgaire. Chair blafarde.

Loud Paintings
Retourner le visage et le cadrer très serré, le rendre presque boursoufflé. Il ne crie pas, il rit. D’un rire fort, gras.

All Head
Debout au milieu, j’espère que cela ne vous étouffe pas. Personne ne parle, personne n’entend, personne ne voit. Odeur lourde de parfum, scintillement et poudre mate.

"Ce second élément qui vient déranger le studium, je l’appellerai donc punctum ; car punctum, c’est aussi piqûre, petit trou, petite tache, petite coupure — et aussi coup de dés. Le punctum d’une photo, c’est ce hasard qui me pointe (mais aussi me meurtrit, me poigne) (…), c’est lui qui part de la scène, comme une flèche, et vient me percer."
Roland Barthes, La Chambre claire

Dans une photographie, le punctum est un détail ou un objet qui retient l’attention ou émeut diversement chaque spectateur. Ces peintures tentent d’illustrer le punctum. Quelque chose me pique dans l’image, m’attire et me donne envie de peindre. Je recadre, je découpe un fragment dans l’image afin de montrer ce qui m’a percé. Rediriger le point de vue. L’image devient autre. 
Ensuite, passage de la photographie à la peinture. Interprétation.
Différentes manières de peindre sont utilisées en fonction de l’objet représenté. Certaines parties sont lisses, se réfèrent à la photographie. D’autres morceaux sont plus gestuels. En les observant, on se rend compte qu’ils ont été faits à l’aide d'un pinceau. Ils n’existent pas dans le monde réel, dans la photographie ou autre part. Ils appartiennent au langage propre de la peinture ou du dessin (s’il l’on considère que l’image est un langage).

Shirley
D’abord: rendre les ombres, les nuances de couleur sur la peau, détacher le visage de l’arrière plan, rendre la tridimensionnalité. Sur la surface. Puis polir un peu plus fort, un peu plus vite. Et enfin presque effacer, réduire les contrastes, aplatir la surface. Mais ces yeux terrifiants et ce mascara!

Elke
L’huile est presque sèche, je dois être plus rude avec le pinceau. Rude avec le visage. Il manque les yeux. Peut-être 3 minutes sont passées et, apaisée, je dessine lignes et pupilles avec l’eyeliner.
 


PAULINE MIKO. OLIVIA, PORTRAIT OF A WOMAN IN FOUR SEQUENCES

 EXHIBITION # 83
19 MARCH - 16 MAY 2015
 

FR
Pour épouser l’idée de passage et de mouvement dans la galerie, cette installation in situ de quatre photographies est supposée être vue comme un dialogue entre les spectateurs et l’image. 
La notion de temps ajoutée au médium photographique crée une quatrième dimension autour de l’œuvre. 
Cette interaction suggère une question simple : qui regarde qui ? Sommes-nous également regardés, nous, spectateurs ?

EN
Following the idea of passage and movement in the gallery, this in situ installation of four photographs is meant to be seen as a dialogue between the viewer and the image itself. The notion of time is added to the photographic medium and creates a forth dimension around the piece. 
This interaction suggests a simple question: who’s looking at whom? Are we, viewers, viewed as well?
 


ROMAIN CADILHON. BRISANTS

EXHIBITION # 82
15 JANUARY - 14 MARCH 2015
 

FR
Brisants est le nom que l’on donne aux rochers sur lesquels la mer vient frapper.
J’y vois un phénomène de l’éternité au travail.
Cet ensemble de dessins représentant tour à tour, des fleurs de bananiers, une vaguelette dans le ressac de l’océan, le flux d’une chevelure, traduit mon désir de chercher dans des détails, dans des microcosmes, des traces du divin.
Comme si ces fragments de paysage ou de corps étaient des reflets de l’infini.

EN
Brisants are the rocks that border the sea, where the waves come to crash.
I see there an inkling of eternity at work.
This set of drawings representing alternately the flowers of banana trees, the glowing ondulations of the surf, or a tangled flow of hair, outline my desire to look into details, microcosms, to find traces of the divine.
As if these fragments of landscapes or bodies could be reflections of infinity.


THOMAS MAZZARELLA. DE L'AN 2000

EXHIBITION # 81
15 JANUARY - 14 MARCH 2015

 

We are very pleased to host the fourth solo exhibition of Thomas Mazzarella in our gallery. The artist shows a new series of small-size oils on canvas.

Proceeding from the artist’s iconographic research in old architectural magazines, the series focus on the relation between the individual and the city, in our post-technological era. Grown with the revolution of Sega Master System, Thomas Mazzarella depicts the metropolis as an ambivalent metaphor where the craziness of 20th century architecture is both the place of all fantasies – funny, bizarre and intriguing like a video-game - but also its opposite, an highly artificial space where the human ability to dream is the only way to survive.

Evident in his works, is the ambiguous position he gives to the viewer, becoming a voyeur behind a screen, isolated from reality, unable to reach it, but still willing to grasp the meaning of it, to be part of it. A sense of nostalgia permeates those paintings as if we all were the amnesic primitives of a new era, forced to accept the conditions of contemporary existence.

Thomas Mazzarella’s paintings sophisticatedly combine the formal and chromatic language of video-games with pictorial references, from the naive candour of a folk ex-voto to the two-dimensional distortion of early Renaissance predella or the gentle irony of Brueghelian scenic views.
 


JELENA VANOVERBEEK. NIGHT SHOT

EXHIBITION # 80
15 JANUARY - 14 MARCH 2015

 

Modern desire, caused by an endless wish-production of the individual, is a wound of reality, covered up intensively by cultural industry. My artistic practice focuses on the importance of cinema in this modern condition and occupies the symbolic dimension of the images, types, text and formats that echo from the fiction screen onto reality, identifying universal concepts such as love, happiness, death, truth, etc.

My graphical background is the perspective from which I observe, acknowledge and appropriate the film footage. This process provokes what I would call an interfiction: a vacuum where fiction folds back onto its strategy and purpose. In this way, I see my works as anatomical studies: dissections of the body of a medium, a language, a symbol, a culture. My own experience as a viewer is significant and operates as a metaphor for the Western, collective 'I'.

For the Piazza of Rossicontemporary, I created a site-specific installation that started from the film script of The Graduate (1967). NIGHT SHOT is a collage-like reconstruction of the dialogues and film text without losing the chronology of the scenes. Through isolation of words and types, the installation evokes a poetic dimension that resonates in the mise en scène of the images. A new reading of the film (scene) manifests itself on the four windows. The use of different stickers and layers intensifies the ambiguity of source, original, persona and author.

PLAQUE is a series of eight works on glass in which each piece expands this abstracting process and contains a more irregular and personal appropriation and interpretation of film monologues and imagery. I assemble them into fragile and graphical constructions that are carefully layered on the glass pieces, as if they were monuments or gravestones for the statements and symbols of desire that appear when the familiar context of the film disappears.


LORE STESSEL. GESTURES

EXHIBITION # 79
15 JANUARY - 14 MARCH 2015


Lore Stessel aime les entre-deux; dans chaque situation de création qu’elle invente, elle trouve toujours une posture de contrepoint qui lui permet de passer d’un espace à un autre, d’un comportement à son attitude complémentaire. Toutes les stratégies plastiques qu’elle met en tension s’y emploient. 
Si la surface – peau, paysage ou support image – reste l’objet de sa conquête, d’un projet à l’autre elle ne l’envisage que marquée par sa propre intervention. Celle-ci tend son cadre à partir du viseur, retend la toile où l’image travaillée sera déposée, et sous-tend encore les traits fins de son dessin dans son approche miniature. D’une pratique à l’autre, photo, peinture, dessin ou mixed média la même exigence nous conduit aux lisières du monde sensible. 
Dans ma pratique, le corps humain est à la fois sujet et outil de travail. Il est capturé dans un mouvement du quotidien puis manipulé par mes gestes de peintre. La répétition et la superposition des couches entraînent le sujet dans une illusion intime. 
Bien qu’objets de dualités, son monde n’est pas fragmenté, il est proche de la gourmandise des yeux, le tactile peut saillir de cette juste distance où se fondent respect et intimité. Finesse de saisie, rigueur du cadre, sensuelle appréhension de l’humain.
(Librement extrait de Christian Gattinoni. Les voyages entre-deux de Lore Stessel)

Et l’artiste à propos des travaux exposés :

Les photographies sur toile A même la toile tendue sur son châssis en bois, la photographie et la peinture se confrontent physiquement. Une couche photosensible est enduite au pinceau sur le canevas avant d’être imprégnée par la lumière qui traverse le négatif. Vient ensuite la révélation des sels d’argent amenant une image qui porte en elle sa propre apparition et disparition.

Le livre Les photographies et les dessins de cet ouvrage ont été réalisés pendant mon séjour à New York en mars-avril 2014. A cette occasion des danseurs new-yorkais m’ont emmenée dans des endroits de la ville qu’ils aimaient et dans d’autres qu’ils détestaient. C’est autour de ces chorégraphies urbaines qu’est construit ce livre.


DAVID DELRUELLE. THE BRIDGE

EXHIBITION # 78
6 NOVEMBER 2014 - 3 JANUARY 2015

 

Sous le titre The Bridge, j’ai réuni une série de collages réalisés pendant ces deux dernières années à partir de photographies découpées dans des numéros du National Geographic publiés avant 1980, quand le papier du magazine n’était pas encore glacé. 
Il en ressort une imagerie vintage, intrigante en soi, et dans laquelle je me suis plu à tisser des relations avec le monde présent, pour des réflexions tantôt de l’ordre de l’universel tantôt de l’intime.
Chaque collage a été conçu avec une grande économie de moyens - deux à quatre images au maximum les composent. C’est là, à mon sens, toute la magie de l’art du collage, qui, à l’aide d’un stylet et de colle, produit de nouvelles images par des rencontres inédites.

L’idée du bridge me revient régulièrement à l’esprit. Elle évoque non seulement le pont que le collagiste dresse entre la réalité et l’imaginaire mais aussi les ponts que des artistes jettent entre eux, parfois d’un continent à l’autre ; dans le milieu du collage, les œuvres de collaboration sont fréquentes – c’est un processus créatif intéressant où l’intervention de l’un obligera l’autre à sortir de sa zone de confort. C’est lorsque j’étais étudiant que j'ai découvert les collages de Jesse Treece et de John Stezaker – leur enseignement demeure pour moi fondamental.

Si mes collages éveillent un certain engouement des éditeurs qui les lisent comme illustrations, je tente ici une première mise en espace – dimension constitutive d’une démarche plastique contemporaine.
Le livret en 50 exemplaires signés et numérotés que j’ai entièrement conçu et réalisé, de la mise en page jusqu’à la reliure faite main, fait partie intégrante de l’exposition. J’ai en outre personnalisé la couverture de chaque exemplaire par une image découpée et collée sur le fond noir. La magie du collage est de nouveau au rendez-vous, dans sa forme la plus immédiate : dès qu’une image est isolée de son contexte, tout (re)devient possible.


JEAN-LOUIS MICHA. SOMETIMES DUST ANSWERS

EXHIBITION # 75
11 SEPTEMBER 2014 - 25 OCTOBER 2014
 

FR 
La poussière est constitutive de mon travail à bien des égards. Elle est le matériau stricto sensu de mes dessins ; qu’il s’agisse de fusain, de charbon ou encore des cendres de mes cigarettes patiemment récoltées en absurdie. Elle est le produit d’une combustion, le résultat d’une action fondamentale et irréversible, à l’instar d’une vie. Plus important encore, c’est la noble et moins noble matière que l’on remue à l’examen d’une mémoire dont on est dépositaire.
Par la poussière, je salue aussi les beautiful losers, Etats-uniens ou pas, les obscures trajectoires et la drôlerie accidentelle du tragique.
J’ai voulu mes dessins comme un ensemble de fenêtres particulières, convoquant également par leur format une forme d’intimité où chacun trouverait sens à échelle de ses projections.

NL 
Stof is in vele opzichten wezenlijk voor mijn werk. Het is het materiaal stricto sensu van mijn tekeningen; of het nu gaat om houtskool, steenkool of de assen van mijn sigaretten die ik, tot in het absurde, geduldig heb verzameld.
Het is het product van een verbranding, het resultaat van een fundamentele en onomkeerbare daad, net als het leven.
Belangrijker nog, het is de edele en minder edele stof die we in beweging brengen wanneer we een herinnering oproepen waarvan we de bewaarder zijn.
Met het stof breng ik ook hulde aan de beautiful losers, Amerikanen of niet, en aan de duistere wegen en de soms komische kant van het drama. Ik zie mijn tekeningen als een geheel van bijzondere vensters die, ook door hun formaat, een intimiteit oproepen waarin elk van ons zijn of haar eigen projectie kan maken.


SIMON LAUREYNS. COVER UP THE GREY

EXHIBITION # 74
11 SEPTEMBER 2014 - 25 OCTOBER 2014


What is a Construction Painter?

Construction painters apply paint, stain and coatings to walls, buildings, bridges and other structures.

What does a Construction Painter do?

Construction painters do the following:

- cover floors and furniture with drop-cloths and tarps to protect surfaces
- remove fixtures such as pictures, door knobs, or electric switch covers
- put up scaffolding and set up ladders
- fill holes and cracks with caulk, putty, plaster or other compounds
- prepare surfaces by scroping wire brushing, or sanding to a smooth finish
- calculate the area to be painted and the amount of paint needed
- apply primers or sealers so the paint will adhere
- choose and mix paints and stains to reach desired color or appearance
- apply paint or other finishes, using hand brushes, rollers or sprayers

Applying paint to interior walls makes surfaces attractive and vibrant. In addition, paints and other sealers protect exterior surfaces from erosion caused by exposure to the weather.

Because there are several ways to apply paint, workers must be able to choose the proper tool for each job, such as the correct roller, power sprayer, and the right size brush. Choosing the right tool typically depends on the surface to be covered and the characteristics of the finish.

How to become a Construction Painter

Some construction painters learn their trade through a three- or four-year apprenticeship, although a few local unions have additional time requirements. Through technical instruction, apprentices learn how colors go together; to use and care for tools and equipment, prepare surfaces, mix and match paint, and read blueprints; application techniques; characteristics of different finishes; wood finishing; and safety practices.

After completing an apprenticeship program, construction painters are considered journey workers and may do tasks on their own.

Unions and contractors sponsor apprenticeship programs. The basic qualifications to enter an apprenticeship program are as follows:
•Minimum age of 18
•High school diploma or equivalent
•Physically able to do the work

Although the vast majority of workers learn their trade informally on the job or through a formal apprenticeship, some contractors offer their own training program. There is no formal educational requirement, but high school courses in English, math, shop, and blueprint reading can be useful. Also, some two-year technical schools offer courses connected to union and contractor organization apprenticeships. Credits earned as part of an apprenticeship program usually count toward an associate’s degree.

What is the workplace of a Construction Painter like?

Because construction painters apply finishes to a wide variety of structures—from bridges to the interiors and exteriors of buildings—they may work both indoors and out. Painting requires a lot of climbing, bending, kneeling, and stretching. Those who paint bridges or building infrastructure may be exposed to extreme heights and uncomfortable positions. Construction painters have a rate of injury and illness that is among the highest of all occupations.


MANU ENGELEN. TALLY-HO

EXHIBITION # 73
11 SEPTEMBER 2014 - 25 OCTOBER 2014


FR
Intuition et rationalité sont des termes qui reviennent quand j’analyse mon travail, comme une certaine dualité. Je travaille de manière intuitive - ce que j’appelle une sorte d’interprétation personnelle de la mathématique – mais la rationalité joue aussi un rôle dans la détermination de mon langage formel.

Le jeu du cadrage, profondeur et distance, échelle (plus qu’une simple question de format), rythme et perspective sont des aspects qui me préoccupent constamment.

La recherche inconsciente de création d’atmosphère est également un élément non négligeable, le concept d’unheimlicheit traverse mon travail.

Et encore: le « vivre ensemble » comme un tout construit, pétri et conditionné à travers le temps.

Le « manque comme compréhension », la compréhension du « manque comme sujet » offrent inconsciemment des possibilités.

Le conflit et les solutions positives sont en relation directe.

NL 
Intuïtie en rationaliteit zijn elementen die steeds opduiken als ik mijn werk analyseer, zeg maar een zekere dualiteit van het subject. Ik werk op een intuïtieve manier, een soort van persoonlijke interpretatie van de mathematika, maar ook rationaliteit speelt een rol in het bepalen van mijn formele taal.

Het spel van kadrering, diepte en afstand, schaal (meer dan een kwestie van formaat), ritmering en perspectief zijn aspecten die mij bezig houden.

Ook is een onbewuste neiging naar sfeerschepping geen onbelangrijk element, het koncept van ”unheimlicheit” sluimert doorheen mijn werk.

De samenleving als geconstrueerd geheel, gekneed en geconditioneerd doorheen de tijd. Het “gebrek als begrip”, het begrip van “het gebrek als subject” zorgt onbewust voor mogelijkheden. Conflict en positieve oplossingen staan in directe relatie tot elkaar.
 


BARBARA CARDONE. PHATASMA

EXHIBITION #72
11 SEPTEMBER 2014 - 25 OCTOBER 2014


R 
La première image dont il m’a parlé est celle de trois enfants sur une route, en Islande, en 1965. II me disait que c’était pour lui l’image du bonheur et aussi qu’il avait essayé plusieurs fois de l’associer à d’autres images - mais ça n’avait jamais marché. II m’écrivait : «... il faudra que je la mette un jour toute seule au début d’un film, avec une longue amorce noire. Si on n’a pas vu le bonheur dans l’image, au moins on verra le noir.»*

Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre.
Une image. Elle surgit, traverse les temps et disparaît.
Après, c’est une enquête. On se met sur ses traces.

De combien d’images sommes nous faits?
D’où viennent les images de nos rêves ?

Vous est-il déjà arrivé de voir les yeux fermés?

...
Vos paupières sont lourdes, fatiguées..
Tout à l’heure, vous aurez tout oublié.
Ici. Maintenant.
Une mémoire. Des fantômes.

*Chris Marker, Sans Soleil

NL 
«Het eerste beeld waarover hij me sprak was dat van drie kinderen op een weg, in Ijsland, in 1965.
Hij vertelde me dat dit voor hem het beeld van het geluk was en dat hij verschillende malen getracht had het geluk met andere beelden te associëren, maar dat het hem nooit gelukt was. Hij schreef me: «…ik zou het eens alleen bij het begin van een film moeten plaatsten met een lange zwarte aanloop. Als men het geluk dan niet heeft gezien in het beeld, dan heeft men ten minste het zwart gezien.»*

Niet geheel hetzelfde, niet geheel een ander.
Een beeld. Het duikt op, reist door de tijd en verdwijnt.
Daarna is er het onderzoek naar de sporen ervan.
Uit hoeveel beelden bestaan wij?
Vanwaar komen de beelden uit onze dromen?
Is het u al voorgevallen dat u ziet met gesloten
ogen?
...
Uw oogleden zijn zwaar, moe…
Straks zal u alles vergeten zijn.
Hier. Nu.
Een herinnering. Spoken.
*Chris Marker, Sans Soleil


DANIEL COVES. NEW PAINTINGS

EXHIBITION # 64
14 NOVEMBER 2013 - 25 JANUARY 2014

FR 
« Mon travail révèle mon goût pour un certain type de peinture et pour un certain genre de cinéma. D'une part, la peinture hollandaise du XVIe siècle, ainsi que quelques-uns des peintres d'aujourd'hui qui en perpétuent l'héritage et, de l'autre, les films qui me permettent de me déplacer dans d'autres espaces et d'autres temporalités, sont des sources d'images et d'idées qui élargissent mon expérience et orientent la façon dont je m'exprime dans mes tableaux. 
Mon désir est d'élaborer une représentation différente de ce qu'offre l'instant figé d'une image photographique, une représentation plus énigmatique, comme une capsule de temps prolongé, suspendu, dans laquelle sont suggérés le passé et le futur de l'image représentée. » (Daniel Coves, octobre 2013)

EN 
“My work reveals my passion for a certain kind of painting and a certain type of cinema. In fact, I find a source of inspiration in XVI century Dutch painting and in some contemporary painters that still carry that heritage; and also in the movies which allow me to be displaced in other spaces and times. These sources widen my individual experience, and orient the way in which I express myself in painting.

I wish to create a more enigmatic representation than the frozen moment that a photographic image usually suggest; a painting as a sort of suspended time capsule, evoking the before and after of the represented image.” (Daniel Coves, October 2013)
 


ELEONORE GAILLET. DU BOUT DES DOIGTS

EXHIBITION # 63
14 NOVEMBER 2013 - 25 JANUARY 2014

FR 
Pour cette nouvelle série, j’ai décidé de quitter mon support habituel ; de passer de la rigidité des planchettes de bois à la souplesse du textile. Depuis longtemps, je voulais réaliser des œuvres brodées ; et j’avais commencé par utiliser le papier comme support, mais j’ai été rapidement limitée par la fragilité de cette matière. J’avais besoin d’une toile pour plus de liberté !

Le bout des doigts, c’est l’extrémité la plus sensible du corps. Celle dont on se sert le plus. Celle avec laquelle on tente d’atteindre l’insaisissable. Ce titre, évoque aussi la légèreté d’un simple effleurement.

Le cœur de mon travail : je me sers d’objets qui servent de fond et évoquent le monde ; je les travaille, les embellis, les transforme en y posant peu à peu un « décor ». A l’objet de départ, j’en ajoute d’autres et aussi quelques images, le tout formant un ensemble qu’on peut lire de différentes manières, en questionnant les matériaux à partir des images ou, à l’inverse, les images à partir des matériaux.

Et pour cela, la lenteur est cruciale. La broderie est un travail qui oblige à avancer point après point, qui permet de bien prendre son temps. Le résultat est que, dans ce monde du bout de doigts, on a le temps de se promener avant d’avoir tout vu. (Eleonore Gaillet, octobre 2013)

EN 
For this new series, I decided to abandon my usual support; to move from the rigidity of the wooden crates to the flexibility of fabric. I wanted to realize embroidered works since a long time; I started by using paper as a support, but very soon I found myself limited by this material. I needed canvas to have more freedom!

Fingertips are the most sensible extremities of the body. The ones on which we feel the most. The ones with which we try to reach the intangible. This title also evokes the simple lightness of a gentle touch.

The heart of my work: I set a background with small objects evoking the world; I work on them, embellish them and transform them by slowing creating a “décor”. Then I add on them images, shapes and textures and all this constitute a whole that could be read in different ways: as questioning the materials starting from the images or, the other way around, questioning the images starting from the materials.

For all of this, slowness is essential. Embroidery is a type of work that obliges you to progress point after point, allowing you to take your time. The result is that in this fingertips world I, and you as well, have the time to slowly wonder around. (Eleonore Gaillet, October 2013)
 


JONATHAN ROSIC. LIGHTS OUT

EXHIBITION # 62
14 2013 NOVEMBER - 25 JANUARY 2014

"Le temps n'a qu'une réalité, celle de l'instant. Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l'instant et suspendue entre deux néants.
Gaston Bachelard, L'intuition de l'instant

FR 
Le travail de Jonathan Rosić s'initie souvent par une collection. Comme dans ces collections d'images trouvées, puis triées, patiemment, pour leurs qualités involontaires, pour les figures qu'elles répètent à leur insu, à l'insu des différents photographes amateurs qui les avaient prises. Ainsi réagencées, ces images oubliées révèlent leur part de deuil, d'incommunicabilité. Pour cette proposition de vitrine, la collection s'effectue à partir d'un autre matériau, le cinéma, les films d'Ingmar Bergman.
Extraire une fraction de seconde de l'espace temporel d'un film, la fixer suffisamment longtemps dans les yeux, dans des yeux éteints ou cachés.
L'image trouvée est ici extraite de la masse narrative, arrêtée, et déposée en de nombreuses couches de lavis à l'encre de chine sur du papier torchon. Le procédé technique, par des couches d'ombres sur des masquages, relève d'une sorte de sténopé inversé, d'une chambre simultanément noire et blanche, qui lentement applique le gris suffisant, le gris nécessaire à l'apparition et à la dissipation de l'image.
Les réminiscences des films de Bergman agissent comme des flashs dans la mémoire du spectateur qui regarde ces images déjà vues, où qu'il imagine peut-être avoir déjà vues, dans l'idée qu'il se fait des films de Bergman, mais qu'il ne peut véritablement avoir vues, car l'instant extrait se fondait dans la continuité diégétique du film.
La sélection de ces images se fait aussi sur des propriétés particulières, des moments où un personnage renonce à la lumière. Le geste qui éteint la lumière, qui littéralement éteint le plan, la main qui cache les yeux... Ce n'est pas seulement la douleur d'être une femme chez Bergman qui se réactualise dans certains plans, c'est aussi la douleur d'être une image sur le point de disparaître, une image qui se fatigue d'être observée de l'intérieur et de l'extérieur.
Eteindre, masquer son regard, comme autant de façons de tenter de n'être plus soi-même.
Face aux travaux, le spectateur hésite, doit se rapprocher, passer à travers la mise à distance de la vitrine. L'image possède une qualité photographique telle qu'il faut sonder les gris pour voir enfin la fatigue du papier et deviner le temps de l'exécution de l'artiste, cet autre temps qui fait durer la béance de l'instant.
Olivier Drouot

"Time has but one reality, that of the instant. In other words, time is a reality narrowed around the instant, and suspended between two instances of nothingness"

Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant.

EN 
Jonathan Rosić’s work often sets off from a collection. Like in these collections of photographs that were found, then patiently sorted, for their involuntary qualities, for the patterns which they repeat, unbeknownst to themselves, unbeknownst to the several amateur photographers who had taken them. Thus rearranged, those forgotten images reveal their share of mourning and incommunicability. For the purpose of these display windows, the collection is gathered from another material, viz. cinema, Ingmar Bergman’s movies. 
Extracting a split second from the time space of a film, staring at it long enough, with eyes shut down or covered. 
The image found is here extracted from its narrative bulk, frozen, then layered in many Indian ink washes upon rough grain paper. The technique, through layers of shades upon masking, is akin to a reverse pinhole camera, a room simultaneously dark and light, which slowly applies the grey sufficient, the grey needed for the revealing and the vanishing of the image.
The reminiscences from Bergman’s movies act like flashes in the memory of the viewers who look at those pictures seen before, or that they think they may have seen before, out of their conception of Bergman’s films, but that they cannot possibly have seen, for the extracted instant was merged into the diegetic continuum of the movie.
The selection of those images is also based on particular properties, moments when a character gives up the light. The gesture that turns off the light, which literally turns off the shot, the hand that covers the eyes… It is not only the pain of being a woman in Bergman which is re-enacted in some shots, it is also the pain of being an image about to fade away, an image weary of being watched from both the inside and the outside.
Shutting down, covering one’s gaze, like so many attempts at not being oneself anymore.
In front of the works, the viewers hesitate, have to step closer, cross the threshold of the display window. The image holds such a photographic quality that one has to fathom the greys so as to finally see the fatigue of the paper and sense the time spent by the artist, this other time which sustains the gap of the instant.

Olivier Drouot


MANON BARA. PROPAGANDA

EXHIBITION # 61
6 SEPTEMBER - 9 NOVEMBER 2013

C'est pas moi c'est les autres

James (l'irlandais)
Je ne trouvais pas de titre pour mon exposition. Je pensais à Junk Parade, Buy Buy America, Chair peintre. C’est alors qu’un nouveau voisin frappe à la porte de l'atelier, tel l'Ange Gabriel. Il s'appelle James, et loue l'appartement du dessus pour trois mois, le temps de réaliser un documentaire sur le Dadaïsme en Belgique. Je l'invite à regarder les peintures en cours. Après un temps, il s'exclame: "It's a new propaganda !".

Wendy
Ensuite, je pose la question à mon amie Wendy qui a un bon bagage philosophique et artistique. Je lui demande son avis sur le titre « Propaganda ». Elle le trouve tout à fait pertinent, puisque dans mon travail je fais référence à la publicité, mais aussi à la religion de l'époque Baroque. Lors de l'explosion du protestantisme, l'Eglise catholique a utilisé le Baroque comme moyen de propagande, pour reconquérir ses adeptes. C’est une esthétique grandiose avec profusion d'or, de nuages et de drapés. Dans ma peinture, il m'arrive aussi d’associer certaines choses comme la "Madone Coca-Cola" ou "le Saint Sandwich", de rechercher de nouvelles icônes de la consommation.

Francesco
J'aime la manière dont Francesco suit très régulièrement les jeunes artistes dans leur atelier. Avant que j’écrive ce texte, il m'envoie le texte de Simon Laureyns "Second Hand Emotions". Son écriture est interpellante, simple, à la première personne. Il nous donne quelques indices sur ce qu'il l'a amené à son travail. Francesco me conseille de suivre ce chemin. Je pense que je vais parler des personnes qui m'ont aidée à comprendre mon travail.

Angelina
C'est la jeune fille qui figure sur le carton d'invitation. Son nom est Angelina Carne. Elle est représentée sur la croix portant l’enfant steak rouge sur un fond vert pâle. Vanité appétissante, Francesco l'a tout de suite remarquée. Wendy m'a rappelé que la religion catholique était beaucoup moins désincarnée qu'on l’imagine, elle peut être très sanguine et charnelle. Je suis particulièrement sensible à la peinture religieuse. Je peux pleurer devant une descente de croix ou un visage de piéta. A Londres, lors de mon exposition sur les tatoués, une femme d’un certain âge m'a confié que sans tatouages, à sa mort, elle ne serait qu’une pièce de viande. Les tatouages sont des récits de vie.

Léa
J'invite Léa à mon atelier. Son avis est important pour moi. Elle apprécie surtout l'arrière de la fête foraine Bingo, ce qui ne m'étonne pas du tout d'elle, c'est une âme sensible aux zones industrielles. A mon anniversaire, elle m’avait même amenée dans ce type d’endroits, comme un voyage dans un paradis perdu, artificiel. Je veux que ma peinture puisse être un va et vient entre le sombre et l'exubérant, une sacre consommation entre le gris et le chatoyant. Francesco, m'a demandé de faire attention à une balance dans ma peinture entre le blanc et le coloré. Le gris est un bon compromis.

Mireille
Ma mère. Je lui ai fait lire mon texte, elle me relit toujours pour les fautes. Elle me parle de l’histoire d'un peintre qu'elle a connu qui avait arrêté la peinture parce qu'il trouvait que l'usage des images amenait forcément au prosélytisme. Je lui annonce que l'expo, proche d’une imagerie religieuse, s'appellera « Propaganda ». Elle me répond que la religion qui devait créer des liens semble aujourd’hui plutôt diviser. Pour moi, notre société a perdu sa spiritualité. Je note que certaines personnes le dimanche matin, ne vont plus à la messe mais vont acheter des légumes bio.

Jérémy
Des Jérémy, il y en a deux, un que j'ai gagné et un que j'ai perdu trop tôt. Celui que j'ai gagné, est connu du milieu de l'art par le Folk art et la création d'une nouvelle culture par des processions ou manifestations organisées : c’est Jérémy Deller, une de mes premières émotions artistiques. L'autre, c'est mon ami d'enfance et d'adolescence, mort à 23 ans. Il est présent dans mon cœur et dans ma peinture pour toujours. A Brooklyn, j'avais remarqué une fresque peinte à la bombe, d'un homme noir, Ben, décédé dans l'avenue Vanderbilt. J’ai été touchée par ce nouveau monument au soldat inconnu.

America
C'est notre grande sœur, pour le pire et le meilleur. On peut l'aimer ou la détester pour les mêmes raisons, elle est pleine de contradictions. Je lui ai rendu visite à New York, en juin, pour voir, comprendre et combattre certains préjugés. Temple du capitalisme, culture du corps et course à la réussite sont bien présents mais rigueur et ambition sont parfois aussi fortes que la soif de liberté et d'expressivité individuelle. Une légende parle de la pierre sur laquelle N.Y a été fondée, comme une pierre magique et énergisante. Je crois en cette légende puisque deux jours après mon retour à Bruxelles, Francesco m'a invitée pour cette expo de rentrée.

Maxime
Personnage de « 1984 », Big Brother Maxime est l'œil qui boit, c’est aussi une photo que j’ai prise en mars dernier lors du carnaval du Canal organisé par Julien Celdran. Une image troublante, cinématographique, qui m'a inspiré cette peinture. En Belgique, les artistes ont beaucoup détourné les objets, apporté du surréalisme et du non-sens à la création. Ici on ne regarde pas l'art, c'est l'art qui nous regarde. Comme au carnaval, l'art c'est ce que l'on abandonne. Dans la peinture, il y a toujours un va et vient entre ce que tu peins et la lecture que les autres peuvent en faire. Il faut piéger le spectateur dans un univers tragi-comique. Avant de peindre « Propaganda », j'avais envie de revisiter le carnaval. J'étais très émue par celui de New York avec le défilé des sirènes obèses, à paillettes, de Coney Island. Finalement, les Madones prennent toujours le dessus, même si on parle encore et toujours de foules sentimentales.

Federico
Ce sont des Fellini ou des Ensor qui nous laissent en mémoire des scènes mythiques telles « L’entrée du Christ à Bruxelles » ou dans « La dolce vita », le Christ en hélicoptère, avec des costumes religieux dignes des plus beaux spectacles de Las Vegas. Aujourd'hui, la culture religieuse n’éduque plus nos enfants, ils le sont par la culture de masse, le cinéma (Scorsese, Tarantino, Harmony Korine) ou par des chanteuses américaines (Rihanna, Béyoncé). Il faut rester vigilants et exigeants. Heureusement la peinture est toujours là pour adoucir les mœurs.

Manon
C'est moi enfin à travers vous.


FRANCESCO CARNEVALI. THE LAST SYMBOLIST

EXHIBITION # 60
6 SEPTEMBER - 9 NOVEMBER 2013


FR 
Bien qu’il ne soit jamais venu en Belgique, l’artiste italien Francesco Carnevali s’est toujours déclaré particulièrement proche du symbolisme belge, tant littéraire qu’artistique. Tout jeune encore, il l’avait découvert à travers les articles -toujours très au fait de l’actualité - de Vittorio Pica, dans la revue Emporium. C’était aux alentours de 1910.
Le Symbolisme belge a porté à son sommet l’art du dessin de tradition classique. Toutefois, après les horreurs de la première guerre mondiale, les jeunes artistes considéreront comme désuet ce langage visuel si parfait et si raffiné, devenu à leurs yeux incapable de traduire la réalité nouvelle. Une langue mourait et des autres, nouvelles, devaient naître. 
Au cours de sa très longue activité de dessinateur - il a dessiné sans interruption du début des années ’10 à 1987, date de sa mort - Francesco Carnevali continuera à pratiquer le dessin dans les formes et dans l’esprit de la première modernité : pour lui c’était une langue toujours vivante lui permettant de rendre compte du réel ou de le transfigurer en représentations imaginaires. 
Francesco Carnevali fut un grand solitaire dans son siècle, une figure secrète dont l’œuvre est encore à découvrir tant par le public que par le marché, en Italie et ailleurs. 
Nous sommes certains que, comme par enchantement, l’œuvre de Francesco Carnevali suscitera l’intérêt à Bruxelles et qu’elle charmera les amateurs d’art et les jeunes artistes.

EN
Even if he was never in Belgium, Italian artist Francesco Carnevali has always claimed his affinity with Belgian Symbolism, both literary and artistic. It was approximately 1910 and he was still very young when he discovered this artistic movement through the articles of the “Emporium” review, which was at the time a point of reference for the Italian art scene.

It is known that Symbolism brought the art of classic drawing to its highest levels. However, after the horror of the I World War, it was precisely the perfection it pursued – an aristocratic idea of beauty and elegance - that made it appear obsolete and unable to interpret the new reality at the eyes of the young generations. One language was dying, while many others were about to rise. 
However, during his long career as an illustrator and drawing artist– he works relentlessly from the beginning of the ‘10s to 1987, when he dies - Francesco Carnevali continues his practice with the methods and the spirit of the first modernity: classic drawing is for him a language still alive, allowing him to understand reality and, the same time, transfigure it in images of a personal reverie. 
Francesco Carnevali can be considered a great outsider of his century; a hidden figure, whose work is still to discover both by the public and the market in Italy and abroad. 
We are sure that Francesco Carnevali’s visual language will draw attention in Brussels, appealing to both art lovers and young artists.


PATRICK CARPENTIER. LEFT

EXHIBITION # 59
6 SEPTEMBER - 9 NOVEMBER 2013

FR
Artiste plasticien formé au théâtre de Jacques Lecoq, cinéaste singulier à la recherche des non-dits de la relation amoureuse, Patrick Carpentier nous offre une installation toute de sobriété et de silences qui puise son inspiration dans les leçons que Roland Barthes tint au collège de France en 1977-1978 autour du « Désir du Neutre ». En juxtaposant des livres, des photographie et des petites sculptures, l’artiste bruxellois se propose ici de donner une forme visuelle au « Neutre » que Barthes indiquait comme étant la tentative de suspendre la structure oppositionnelle, voire conflictuelle du discours.

EN
What is left unsaid in love relationships lies at the heart of the work of Patrick Carpentier, a unique moviemaker grown as an artist at the school of Jacques LeCoq.Successful theatre actor and film director (awarded in 2006 with the Teddy Jury Award at Berlin International Film Festival) he is also a talented photographer and visual artist, much appreciated in artistic circles. For the Piazza, he has conceived an installation made of sobriety and silence, inspired by the famous classes that Roland Barthes held in 1977-1978 at Collège de France on the “Désir du Neutre”. Patrick Carpentier here juxtaposes books, pictures and small sculptures trying to give visual shape to “Le Neutre”, that Barthes described as the attempt to suspend the oppositional, even conflicting structure of the discourse.


ROMAIN CADILHON. HAUNTOLOGY

EXHIBITION # 57 
3 - 6 OCTOBER 2013


FR 
Sous le titre Hauntology, je présente une série de dessins au fusain réalisés d'après diverses sculptures.
L'hantologie, terme inventé par Jacques Derrida, a été appliquée à partir des années 2000 à certaines pratiques artistiques, afin de mettre en évidence cette manière particulière de construire des œuvres à partir de traces, d'éléments du passé pour se les réapproprier, pour en réveiller les spectres.
Dans les sources ici présentes, l'on pourra retrouver plusieurs bustes exécutés par Auguste Rodin, ainsi que des figurines de la période Apulienne (environ 300 av J.C, Italie).
Je tente de déchiffrer ces visages, de me confronter à la matière sculpturale, d'en donner de nouvelles lectures en jouant des textures et des effets du temps.

Outre la série "Hauntology", je présente 6 nouveaux dessins issus de la série "Heritage". 
Il s'agit ici de dialoguer avec certaines œuvres de l'histoire de l'art occidentale, de rendre hommage à ces tableaux de maîtres qui m'ont marqué. 
J'en redessine l'encadrement qui s'ouvre dès lors sur un vide.

EN 
With the title Hauntology, I present a series of charcoal drawings inspired by different sculptures. The word hauntology, coined by Jacques Derrida, has been used since 2000 to describe certain artistic practices and underline a peculiar way of producing artworks, starting from a re-appropriation of traces and elements of the past; a way to arouse ghosts.
Between the sources of inspirations here presented, different busts by August Rodin can be found, together with some figurines of the Apulian period (Italy, ca. 300 b.c.).
With my work, I try to decipher these faces, to confront myself with the sculptural matter, to give new interpretations by playing with the textures and the effects of time.

In addition to the Hauntology group of works, I present six new drawings of the Heritage series. Here, it’s a matter of dialoguing with some works of the Western art history; of paying homage to the paintings of the great masters that left a mark on my work. 
I redraw the frame that, since then, opens on the emptiness.

 


GERARD HERMAN. NIOUE OUERQUEN

EXHIBITION # 56
25 MAY - 31 AUGUST 2013

 


FR 
« Je pratique un large éventail de disciplines : je chante des rengaines populaires, je fais de longues balades conceptuelles à vélo, je dessine, j’ai une émission hebdomadaire à Radio Centraal à Anvers, je publie des livres, des strips et des bandes dessinées, je recherche des sons et je fais du bruitage, je joue dans le groupe de free jazz Sheldon Siegel, j’écris des poèmes d’une affligeante banalité.

Je recherche aussi des gens à l’esprit ouvert, ce que j’ai trouvé chez Gunther et Stadslimiet - les locaux de Vaast Colson et de Dennis Tyfus à Anvers -, où j’ai joué plusieurs fois et où je me rends souvent, mais aussi dans le vacarme de Radio Centraal, voire dans les bonnes ambiances musicales de De Player à Rotterdam et d’Extrapool à Nijmegen, où je rencontre des gens charmants qui me donnent, en plus de la bonne nourriture, l’occasion de me produire sur scène, ou encore à la maison d’édition Kraak, pour qui j’ai créé deux albums (…) »

A ce jour Gerard Herman a publié pas moins de 35 livres d’artiste. Suite à sa première exposition solo chez Maes en Mattijs à Anvers en 2011, il a figuré en 2012 dans Un-scene -exposition sur la jeune scène artistique belge - au Wiels. L’hiver prochain il sera l’invité du musée M de Louvain.

Pour les vitrines de la Piazza, Gerard Herman a créé un important ensemble de nouveaux dessins à l’encre noir (les Nioue oeurquen ) où son univers personnel se donne à voir à travers l’image et le mot: vigueur moqueuse, humour noir, joyeuse impertinence…. Ces mêmes dessins, transposés en sérigraphie sont rassemblés dans le nouveau livre d’artiste qu’il présente pour l’occasion.

Gerard Herman a en outre accepté l’invitation du JAP (Jeunesse et Arts Plastiques) à exposer dans les toutes nouvelles vitrines de l’asbl, consacrées au livre d’artiste, dans la galerie Rivoli, juste en face de la Piazza. Il y présentera son Catalogue Raisonné.


SARAH VAN MARCKE. RITES ARE IN TIME WHAT HOME IS IN SPACE 

EXHIBITION # 55
25 MAY - 31 AUGUST 2013
 

FR 
Sarah Van Marcke a souvent travaillé autour de l'héritage moderniste en architecture et elle a creusé sa réflexion à propos de la relation du corps à l'architecture par une stratégie très personnelle de mimétisme ironique. Dans son nouveau projet de photographie et de vidéo, Sarah Van Marcke aborde les architectures sobres et puissantes du moine et architecte bénédictin Hans Van der Laan (1904-1991). Tel un Le Corbusier au service de l'Eglise, Van der Laan conçut une théorie très stricte selon laquelle les formes du modernisme devaient se plier aux exigences et aux usages de la règle bénédictine la plus sévère. Un aphorisme de Saint-Exupéry, qui plaisait beaucoup à Van der Laan, donne son titre à l'exposition et constitue en même temps une clef pour entrer dans ses conceptions: de même que chaque moment de la vie monastique est ritualisé, chaque élément d'un bâtiment a son rôle dans l'espace.

Hans Van der Laan est en fait à la recherche de l'essence de l'espace architectural. La base de sa théorie est un système mathématique de mesures et de proportions qu'il appelait le nombre plastique. Il s'agit d'un concept tridimensionnel basé sur la perception du rapport entre ce qui est petit, ce qui est moyen et ce qui est grand. Toutes les parties d'un bâtiment -les fenêtres, les colonnes, les surfaces, l'épaisseur des murs- sont déterminés en longueur, largeur, hauteur et profondeur par ce système de proportions. L'ameublement intérieur et les objets sont conçus dans le même esprit par Van der Laan sans que rien ne soit transformé pour les rendre plus agréables. On a ainsi affaire à un design presque ascétique, sans détails. Solidité des blocs bruts de maçonnerie et de béton. Espaces silencieux invitant à la contemplation.

Les photos et les vidéo-installations de Sarah Van Marcke approchent le travail de Hans Van der Laan sous l'angle de ce dépouillement rigoureux: une lumière douce met l'accent sur les matériaux naturels et les couleurs complémentaires. Mais l’artiste apporte aussi une touche inédite à ces lieux austères et ce par de minuscules actions et des mouvements subtils. Par ce biais, Sarah Van Marcke exprime sa vision de l'œuvre et de l'héritage spirituel du moine-architecte.

NR 
Sarah Van Marcke werkt vaak rond het erfgoed van de architectuur van de 20ste eeuw. Via een persoonlijke en lichtvoetige benadering van mimesis geeft ze vorm aan haar onderzoek in de relatie tussen het lichaam en architectuur. In haar nieuwe project benadert Sarah Van Marcke de sobere en krachtige architectuur van benedictijner monnik en architect Hans van der Laan (1904-1991). Als een Le Corbusier ontwikkelt Van der Laan – die volledig ten dienste staat van de kerk - een zeer strikte theorie waar omheen zijn strakke vormen zich moeten plooien en in functie staan van de veeleisendheid en het gebruik van de strenge Benedictijnen regels. Een uitspraak van Saint-Exupéry die voor Van der Laan van groot belang is geweest is de titel geworden van deze tentoonstelling en biedt tegelijk ook een sleutel tot haar ontstaan: zoals elk moment in het ascetische leven onderhevig is aan rituelen, heeft elk element van een gebouw ook haar rol in de ruimte.

Dom Hans Van der Laan was op zoek naar de essentie van de architectonische ruimte. De basis van zijn theorie is een stelsel van maten en verhouding, het plastisch getal. Het plastisch getal is een driedimensionaal systeem dat gebaseerd is op gevoelsmatige verhoudingen van klein, middel en groot. Alle onderdelen van een gebouw zoals ramen, kolommen, muren en muurvlakken... worden in lengte, breedte of hoogte en diepte door dit stelsel van verhoudingen bepaald. Ook de interieurs en meubelen zijn van zijn - wiskundige - hand en zijn navenant strak en ogen log. Niets wordt ‘verfraaid’ of gemanipuleerd om het voor de gemiddelde leek ‘aanschouwelijk’ te maken. De vormgeving is haast ascetisch, zonder details. Robuuste blokken van metselwerk en beton met ruwe afwerkingen. De ruimtes verstillen en nodigen uit tot contemplatie.

De beelden en video-installaties van Sarah Van Marcke benaderen het werk van Van der Laan juist vanuit deze hoek. Het monumentale, het tijdloze van deze elementaire ruimte wordt benadrukt door het in beeld brengen van rustige composities met zacht licht die de natuurlijke materialen en complementaire kleuren benadrukken. Wat zij daarin aanbrengt zijn subtiele bewegingen en verschuivingen binnen deze strenge architectuur, kleine acties. In haar video’s brengt Sarah elementen in het interieur van het klooster tot leven. De positionering tegenover de kleine fragiele elementen maakt dat ze zich engageren met de strengheid van Van der Laan. Alsof ze opgaan in hun eigen kleine rituelen. Het tijdloze wordt gebracht naar het hier en nu.


CHRISTOPHER GILMOUR. SUSPENSION OF DISBELIEF

EXHIBITION # 54
25 MAY - 31 AUGUST 2013


EN 
In his first solo-show in Belgium, Suspension of Disbelief, British artist Christopher Gilmour presents an investigation of image versus meaning in relation to craftsmanship and industry, as well as spirituality and materialism. “Using a hyper-realistic approach, I explore in minute detail both the objects themselves and their roles and meaning.” Gilmour exposes two bodies of works to his thematic: large religious sculptures and a set of smaller sculptures representing mechanical tools. All works are made of scrap cardboard boxes, as this is the only material Christopher Gilmour uses in his pieces.

The large sculptures are based on ancient representations of religious imagery. They suggest, imply and advocate themes such as: sacrifice and suffering, obedience and knowledge, or the conflict between good and evil. The contrast of the well-known religious iconography, the unexpected virtuous quality of the sculptures and the ubiquitous packaging material creates a sort of ‘short-circuit’. On the other side, the tools, which appear to serve as construction instruments perhaps for the sculptures themselves, are disconcerting as they are dysfunctional and in reality, they would never be used to shape such artisanal and fragile reproductions. Finally, the unpredicted refinement of the piece paired with the manufactured nature of the tools is almost disorienting in its disparity.

Gilmour questions our ability to shape our own world. “In a secular and commercial world, the content of these cardboard sculptures becomes a question about where our beliefs lie and the criteria we use to attribute value. » Thus, the tools and instruments are means to create materialism, means that we cannot manipulate as well anymore. The artisanal feel of the sculptures also brings about this idea, as it showcases the skill and control of ancient artisanal techniques – techniques that we have perhaps lost, or at least devaluated.

The exhibited works touch upon real versus not real, value and belief, authenticity and ephemerality. The sculptures question how we choose to represent ourselves, and how much the powerful well-known images, of religion for instance, are anchored into our society. Gilmour states: “The skill of the artisan seems incongruous in these modern interpretations, applying great craft to a cheap material. This valorization of the material is itself a question about our system of values. Cardboard boxes are containers, and where they once contained products, this new use contains ideas and memories of what those products might mean: the container, in this case, becomes the content.”

FR 
Pour sa première exposition individuelle en Belgique, Suspension of Disbelief, l’artiste Britannique Christopher Gilmour présente un travail sur l’image et son sens, en rapport avec l’artisanat et l’industrie, la spiritualité et le matérialisme. “J’utilise une approche hyperréaliste et j’explore en détail à la fois l’objet lui-même, son rôle et sa signification”. Gilmour expose deux séries d’œuvres : de grandes sculptures à sujets religieux et des petites qui représentent des outils mécaniques. Toutes sont en carton, matériau exclusif du travail de l’artiste.

Les grandes sculptures se référent à l’iconographie religieuse autour de thèmes comme le sacrifice et la souffrance, l’obéissance et le savoir, ou le conflit entre bien et mal. Le contraste entre cette imagerie bien connue, le choix d’un matériau banal et la virtuosité de la réalisation provoque une sorte de court-circuit.

D’autre part, les « outils » qui semblent pouvoir servir à fabriquer les sculptures sont déconcertants car ils ne sont pas fonctionnels et, en outre, dans la réalité, jamais ils ne seraient employés pour façonner d’aussi fragiles reproductions artisanales. En fin de compte, la disparité entre le raffinement inattendu de l’objet et la nature industrielle des outils est presque déstabilisante.

Gilmour interroge notre capacité à façonner le monde. Dans un monde profane et commercial, le contenu de ces sculptures en carton devient une question à propos de nos croyances et de nos critères de valeur. Ainsi, les outils et les instruments sont des moyens pour créer des objets matériels dont d’ailleurs nous ne savons plus nous servir. C’est ce que met en évidence l’aspect artisanal des sculptures qui démontre l’habileté et la maîtrise des anciennes techniques peut-être perdues ou à tout le moins dévalorisées.

Les œuvres exposées parlent de réel et de non réel, de valeur et de croyance, d’authenticité et d’éphémère. Les sculptures questionnent la façon dont nous choisissons de nous représenter et l’importance de l’ancrage des images religieuses, par exemple, dans notre société. Gilmour note: « Le talent de l’artisan semble incongru dans ces interprétations modernes, application d’une technique d’excellence à un matériau sans valeur. Cette valorisation du matériau est en soi une question concernant nos systèmes de valeurs. Les boîtes en carton sont des contenants de produits ; à présent, la place des produits qu’elles contenaient est occupée par des idées et des souvenirs de ce que ces produits pouvaient signifier. Le contenant devient ici le contenu”.


SIMON LAUREYNS. FAIR ENOUGH

EXHIBITION # 53
18 APRIL - 21 APRIL 2013


EN 
I have been asked about the relationship between my work and the context of Brass. It's simple. During the fair, the organizers give a building with a long history a new role. My work is quite similar: I take images and give them a new life. 
Being the artist represented by a gallery, I show this relationship in the work itself, putting it on the wall. It is as if the visitor was in front of the gallery on the sidewalk. And as it happens in reality, there is garbage on the sidewalk. 
If today art approaches fashion once it has been seen as a trendy event, in this installation I focus on the fact that every artistic expression was marginal at its origin. When I was 15 or 16 years old, we were out painting graffiti. This was seen as a practice for poorly educated young people but we actually felt like we were doing, at risk of being caught by the police, what commercial brands were doing for profit by covering the walls of the city with their billboards.
I find very interesting that now we talk about “street art” instead of vandalism and how we finally have this label to make it acceptable. Especially in America, street art is now definitely seen as cool.
In my installation Fair Enough I deal with all this but also with what I observed in South America when I lived there: poor people, street dogs eating out of garbage bins…and the fact that the dogs, as well as people, become more creative when they have fewer resources. It is another way of being rich if you can adapt to the most extreme situations through creativity. This is why characters and objects in my installation are painted gold.
I love people like Francis Picabia and Martin Kippenberger. No style is also a style, and you get nourished by change. It's like always wanting to try a new route to get to the same place. And even if you are sometimes forced to turn back, you still saw something new.

FR 
On me demande quelle est la relation entre mon travail et le contexte du Brass. C’est simple. Le temps d’une foire, les organisateurs de Poppositions donnent une destination nouvelle à ce bâtiment qui a une longue histoire. Dans mon travail c’est pareil: je prends des images et je leur donne une nouvelle vie. 
L’artiste étant représenté par une galerie, je manifeste cette relation de manière directe, dans l’œuvre même, sur le mur. C’est comme si le visiteur venait à se trouver devant la galerie, sur le trottoir. Et comme il arrive dans la réalité, sur le trottoir il y a des poubelles.
Si aujourd’hui l’art s’approche de la mode une fois qu’il est perçu comme un événement qui fait tendance, dans cette installation je mets l’accent sur le fait que toute expression artistique a été marginale à l’origine. Comme lorsque j’avais 15 ou 16 ans et qu’on peignait des graffitis. C’était perçu comme une occupation pour des jeunes mal éduqués alors que nous les jeunes, au risque d’être attrapés par la police, avions l’impression de faire ce que les grandes marques faisaient pour le profit en couvrant les murs de la ville de leurs publicités.Et je trouve fort que maintenant on parle de street art au lieu de vandalisme et comment on a dû étiqueter tout cela pour l’accepter. Et en Amérique encore plus qu’ici, le street art est aujourd’hui perçu comme décidément cool. Dans mon installation Fair Enough, je traite de tout cela mais aussi de ce j’ai observé en Amérique du Sud lorsque j’y ai séjourné : la pauvreté des gens, les chiens de la rue se nourrissant des déchets qu’ils sortent des poubelles, mais aussi le fait que les chiens aussi bien que les gens deviennent inventifs lorsqu’ils ont moins de moyens. Ils ont véritablement une autre richesse et c’est grâce à la créativité qu’ils s’adaptent aux situations les plus extrêmes. C’est pour cela que les personnages et objets de mon installation sont peints en or. J’aime des gens comme Francis Picabia ou Martin Kippenberger. Pas de style c’est aussi un style, et dans le changement tu te nourris. C’est comme toujours vouloir essayer une nouvelle route pour te rendre au même endroit. Et si tu es obligé de faire demi-tour tu auras tout de même vu autre chose. 
J’ai conçu l’ensemble d’œuvres ici présenté en étroite relation avec mon installation Fair Enough à voir actuellement à Poppositions Off-Fair. J’y parle de la disparition des frontières entre la mode et l’art, et aussi de « Sex, Fashion, Violence », décidément omniprésent.


ROMAIN CADILHON. LE BLEU DU CIEL EST SANS POURQUOI 

EXHIBITION # 52
23 FEBRUARY - 4 MAY 2013


En ce début de saison 2013, la galerie Rossicontemporary, fidèle à son rôle de promotion de jeunes talents belges et étrangers, présente au public bruxellois la première exposition solo en Belgique de l’artiste français Romain Cadilhon. 
Trois séries de dessins, surprenantes de précision, de finesse et d’audace, sont au centre de cette exposition intitulée Le bleu du ciel est sans pourquoi. Dans chacune d’elles, l’artiste a voulu suggérer une approche contemporaine de ce medium ancestral qu’est le dessin. 
La série L’Eternelle idole se compose de grands dessins au fusain réalisés à partir de bustes d’Auguste Rodin. Confrontation à la matière sculpturale, réinterprétation de ces œuvres du passé. 
Les dessins de la série Liminals sont exécutés avec des pigments soufflés sur le papier. Par le biais de cet acte minimaliste, l’artiste sort du geste traditionnel du dessinateur, pour parvenir à un traitement inédit des surfaces, particulièrement subtil. 
Dans les dessins de la série Heritage Romain Cadilhon s’approprie les cadres de certains tableaux clés de l’histoire de l’art occidental. Les cadres s’ouvrent sur un vide. Ambivalence entre hommage et négation de cette tradition.


JEAN-LOUIS MICHA. NON MADAME, TOUT NE VA PAS SI MAL

EXHIBITION # 51
23 FEBRUARY - 4 MAY 2013


Intro
Je ne pense pas avoir affiché une émotion particulière lorsque Francesco Rossi me fit la singulière proposition de me "mettre en vitrine", dans la Piazza, qui impose son cadre rigoureux et traduit sans détour la nécessité de conquérir un espace - ce que suppose toute tentative picturale.Ce qui m'apparut d'abord comme une contrainte se mua en condition de possibilité d'une mise en abyme. L’ensemble ici présenté repose sur l’exploration progressive de différentes modalités de l’enfermement, celles-ci opérant dans un espace où s’articulent champ social, mythologie personnelle et névrose collective.J'aime à penser que dans ma peinture les gris ont l'élégance de tempérer la violence d'une esthétique de l'immédiateté où le souvenir embrumé se mêle au drame à venir.

Repeat After Me, 2013
Le code social bien vécu, celui du consensus souriant mais aussi de la rhétorique cotonneuse, construit autant qu’il fige. Interroger les zones d’ombre, c’est déjà vivre dangereusement et cela ne sauve pas des prédateurs.

We Take Care of You, 2013
La peur au ventre, on me l’a bien vendue. Nous sommes avides. Chacun chez soi, dans sa vérité ou entre nos murs.

Non madame, tout ne va pas si mal, 2013
Des allers-retours. Le grand écart entre l’imagerie du désastre, nos propres chaînes et une simple cigarette d’atelier. Et puis... Une entité autonome, un organisme vivant. A ce jour, je ne saurais dire si la fumée émane de ce corps ou si elle s’y introduit. En peinture, on ne contrôle pas tout et il arrive que la contrainte libère.

No Prisoners, 2013
De mes guerres enfantines de fond de jardin, j’ai retenu qu’un tuyau d’arrosage était une rivière infranchissable, que les Américains étaient verts, les Allemands gris et que je ne faisais pas de prisonniers. Les temps changent. Planter un drapeau dans la terre ou dans la tête, c’est désigner, cerner et parfois clôturer. Il n’y a rien de tel que la propriété, me disait-on l’autre jour.

Un éventail de possibilités, 2013
Paradoxalement, alors occupé à réfléchir à une imagerie de l’entrave, je me suis surpris à conquérir des territoires nouveaux dans ma pratique picturale. Cette pièce en témoigne à mes yeux; je n’avais jusqu’alors guère l’habitude d’investir l’inanimé.

Sunday, 2013
C’est un credo religieux et économique. Le dimanche, les oiseaux chantent et c’est liberté surveillée. 
Jusqu’à lundi. L’évadé de ma cage.

Sans titre, 2013
Adam sans nombril m’a-t-on dit. Fallait continuer.


SIMON LAUREYNS. SECOND HAND EMOTIONS

EXHIBITION # 50
23 FEBRUARY 2012 - 13 APRIL 2013


Intro
Huit heures. Deux individus pénètrent dans l’enceinte d’un hôpital psychiatrique où se trouve une chapelle. Ils entrent dans la chapelle et dérobent la statue de la Vierge Marie qui orne l’autel. Huit heures dix. Deux individus s’esquivent avec la statue, prennent le train et emportent la statue au restaurant, où ils mangent un steak et des frites. Pendant le dîner, ils décident de faire une copie en chocolat de la statue et d’aller la placer sur l’autel de la chapelle.

Untitled (Don’t Lock Your Demons Battle Them)
Dans un café, un soir, conversation avec une copine. Elle a ces gros problèmes. Je dis cette phrase. Quelques temps après, dans mon atelier, j’ai envie de l’écrire, mon doigt dans la peinture fraîche, sur la toile.

Blood, Tears and Gold
Une peinture comme souvenir, un tableau comme une porte photo. Le titre fait reference au proverbe: Blood tears and gold won’t make any better.

The Gift
Cette peinture je l’ai peinte d’emblée, c’était comme un cadeau.Lorsque j’étais à l’Académie, mon professeur de peinture, Philippe Vandenberg, m’avait accordé le droit de travailler à mon atelier plutôt qu’en classe. De temps à autre il me rendait visite et on parlait peinture: parfois, par bonheur, il me disait, tu ouvres la porte et la peinture s’invite; plus souvent tu t’acharnes à la retenir mais elle a déjà quitté la pièce, tu as juste le temps de la voir disparaître derrière le coin de la rue. Voilà pourquoi j’ai appelé ce tableau « The Gift ».

Cut the Crap
Lorsque j’étais au Chili, un jour, dans un bus, un sourd m’approche et pour communiquer avec moi, il me montre une carte avec ces signes. Puis j’ai appris que c’’est aussi le langage des gangs. Ils les utilisent pour marquer leur territoire, de loin.

Your Studio Your Line
Une image qui est dans ma tête depuis l’enfance. Je voyais cet emballage dans la salle de bain de mes parents. Plus tard, j’ai fait le lien avec Mondrian. Expérience du même genre, à Londres, je découvre chez Saatchi les Dots Paintings de Damien Hirst, puis, en sortant de là, je vois les mêmes motifs dans des magasins de mode, des stylistes l’ayant utilisés pour leur collections. ; Art, mode, art. Le thème de la contamination a fort changé ma façon de regarder la peinture

As Seen On TV
C’est le langage des « Commercials » que je regardais à la télé, la nuit.: « Arrête-toi, achète »!

Vulgar Display of Power
Nous ne sommes pas seulement confrontés avec les déchets ménagers ou industriels. Notre société produit aussi une énorme quantité d’images-déchets. J’aime réutiliser les images et leur donner une nouvelle vie. J’espère réduire mon empreinte écologique au moins de cette manière. Ici c’est l’histoire d’un logo entrevu an Amérique du sud dans une petite échoppe de t-shirts. De retour en Europe, je veux le peindre en grand, sur toile. Ce jour-là j’utilise la flamme pour viellir le support mais mes toiles brûlent, sauf une. C’est sur celle là que je peins l’image et c’est parfait ainsi. Destruction, création.


LIONEL VINCHE. PETITS TRUCS POUR BEAUX TRICOTS

EXHIBITION # 49
15 DECEMBER 2012 - 26 JANUARY 2013


FR 
En cette fin d’année 2012 nous sommes très heureux de pouvoir présenter l’exposition «Petits trucs pour beaux tricots» réunissant une centaine d’œuvres inédites de Lionel Vinche, toutes réalisées entre 1966 et 1972. Vous y verrez des encres de Chine, des collages, des gouaches, des créations textiles (Amour, 1966 et Le Scorpion, 1967), des peintures sous verre, des marionnettes et, impossible de les rater, deux toiles géantes qui firent jadis le décor de sa maison à Braine-l’Alleud au début des années Septante.

Vinche, c’est avant tout du dessin
Du matin au soir, le trait de Vinche se déploie, joyeux et songeur, pour nous dire tant de choses: 
Les heures qui passent («Il commence à faire noir»), 
les bruits de la rue
les nouvelles à la radio («Aujourd’hui départ pour la lune»)
les mouvements de l’âme et ceux du corps, 
le tout devenant matière d’une narration libre et fantaisiste - les faits de la vie y prennent souvent un éclairage nouveau.
«Petits trucs pour beaux tricots», onze collages et encres de 1969: alors que deux mains tricotent un fil de laine, à l’autre bout s’agitent des figures allègrement monstrueuses. Sans doute veulent-elles se libérer du fil qui les tient…
«L’animal qui fume» aussi de 1969: sur dix-sept pages d’un petit agenda, des corps et des fumées en un magma indissociable.

Animaux, plantes, minéraux, hommes et machines 
Chez Vinche la confusion de rôles est structurelle et généralisée. Il peut arriver que:
une plante menace des poules
une chaussure mange un lapin
une armoire bouge toute seule («Mouvement interne de l’armoire»)
une branche d’arbre pousse en angle droit
un oiseau descende en parachute
Eve tente le serpent
l’animal surveille «son» homme
la balle emporte le pied qui la frappe
le garçon chasse les avions de guerre avec un filet à papillons. 
Qui apprivoise qui? Dans ses «rencontres d’animaux de différentes espèces» Vinche remet tous et tout sur pied d’égalité. N’est-ce pas l’ancien jeu du bouffon de la cour pour se moquer du roi?

La morale, la religion, l’autorité 
Vinche s’amuse.
Il dessine des instruments contre la «sensure» (rien de plus que des vêtements, au fond)
il se moque du fouet de Léopold II et de sa virilité
il informe que même « l’évêque rencontre le serpent déguisé en bipède» 
et rassure: «les impurs seuls iront en paradis»

Magie
Chez Vinche il y aussi toute une histoire de magie («astucieux bronzage aux herbes fines»): 
de douces télépathies («Transmission de pensée dans le dos d’une femme»)
des regards électriques («Flirt d’électrons dans une prairie de moutons»)
des coups de foudres:
entre une tasse et une cafetière
entre l’homme et la nana («Coup de foudre dans le bassin gonflable»)
entre l’ivrogne et sa bouteille
entre le garçon et son ombre
entre l’homme et ses désirs aussi vieux que l’homme.

L’homme de Vinche est primitif et sauvage par essence, dans un mélange de douces menaces et incantations. Et voilà donc:
la «distraction qui empêche la concentration»
le doute du « pouvoir de l’esprit sur les membres»
le «rapasse dans le ventre».

Mais tout cela sans pessimisme, bien au contraire, avec une radieuse acceptation de la vie comme un carnaval sans fin qui nous garde jeunes: 
«Hommage au Carnaval de Binche»
«Apollo XI, mon admiration pour les grands américains» 
Le progrès pour cet artiste «inspiré par une machine IBM» 
ne peut que rendre « la lune encore plus poétique»
«Une nouvelle vie commence».

Et puis il y a Jésus, qui revient parfois.
Ici «Jésus marche sur l’eau autour du château de Beersel»
Là, tout simplement «il se repose».

«C’est presque Noël».

NL
We zijn zeer verheugd u aan het einde van dit jaar de tentoonstelling "Petits trucs pour beaux tricots" te kunnen presenteren, die een honderdtal werken bevat van Lionel Vinche, gemaakt in de periode tussen 1966 en 1972. U zal er Chinese inkttekeningen zien, collages, gouaches, textielcreaties (Amour, 1966 en Le Scorpion, 1967), schilderijen onder glas, marionetten en -onmogelijk om er naast te kijken- twee enorme doeken die vroeger zijn huis decoreerden in Eigenbrakel, in het begin van de jaren zeventig.

Vinche, dan denken we in de eerste plaats aan tekeningen
Van 's morgens tot 's avonds ontwikkelen de lijnen van Vinche zich vrolijk en dromerig met de bedoeling ons een heleboel dingen te zeggen:
de uren die verstrijken ("het begint donker te worden")
het lawaai van de straat
het nieuws op de radio ("vandaag vertrek naar de maan")
de bewegingen van de geest en die van het lichaam
alles wordt het voorwerp van een vrije en fantasierijke vertelling - de dagdagelijkse dingen in het leven worden op een nieuwe manier belicht.
Petits trucs pour beaux tricots, elf collages en inkttekeningen uit 1969: terwijl twee handen breien met een wollen draad , maken aan de andere kant vrolijke monsterachtige figuren zich druk. Wellicht wensen ze zich los te maken van de draad die hen vasthoudt…
L'animal qui fume, ook uit 1969: gespreid over zeventien pagina's van een kleine agenda, lichamen en rook in een niet te onderscheiden magma.

Dieren, planten, mineralen, mens en machine
Bij Vinche is de rolverwarring structureel en veralgemeend. Het kan zijn dat:
een plant kippen bedreigt
een schoen een konijn opeet
een kast op haar eentje beweegt (“inwendige beweging van de kast")
een boomtak in een rechte hoek groeit
een vogel in parachute neerdaalt
Eva de slang in verleiding brengt
het dier "zijn" man bewaakt
de bal de voet, die haar trapt, wegdraagt
de jongen op oorlogsvliegtuigen jaagt met een vlindernetje.
Wie temt wie? Met zijn "ontmoetingen tussen dieren van verschillende soorten" zet Vinche alles en iedereen weer op gelijke voet. Is dat niet het oude spel van de hofnar die de koning te kijk zet?

De moraal, de religie, de autoriteit
Vinche maakt plezier.
hij tekent instrumenten tegen de "sensuur" (eigenlijk niets meer dan kleding)
hij lacht met de zweep van Leopold II en zijn mannelijkheid
hij deelt mee dat zelfs "de bisschop de slang, vermomd in tweevoeter, ontmoet"
en verzekert: "alleen de onzuiveren zullen naar het paradijs gaan".

Magie
Bij Vinche vinden we ook een hele geschiedenis aan magie ("slim bruinen met fijne kruiden"):
zachte telepathie ("overdracht van een gedachte achter de rug van een vrouw")
elektrische blikken ("flirt van elektronen in een wei vol schapen")
liefde op het eerste gezicht:
tussen een tas en een koffiepot
tussen de man en het meisje ("liefde op het eerste gezicht in een opblaasbaar bad")
tussen de dronkaard en zijn fles
tussen de jongen en zijn schaduw
tussen de mens en zijn verlangens die zo oud zijn als de mensheid

De mens bij Vinche is in wezen primitief en wild, in een mengeling van zachte bedreigingen en bezweringen. En dus:
de "verstrooidheid die de concentratie verhindert"
de twijfel over "macht van de geest op de ledematen"
de "roofvogel in de buik".

Maar dat alles zonder pessimisme, wel in tegendeel, met een stralende goedkeuring van het leven als een carnaval zonder einde dat ons jong houdt:
"Eerbetoon aan het Carnaval van Binche"
"Apollo XI, mijn bewondering voor de grote Amerikanen
De vooruitgang kan voor deze kunstenaar die "wordt geïnspireerd door een machine van IBM"
"de maan alleen maar poëtischer" maken
"een nieuw leven begint".

En dan is er Jesus, die soms terug komt.
Hier "wandelt Jesus op het water rond het kasteel van Beersel"
Daar, "rust hij" gewoon.

"Het is bijna Kerstmis".


DIALOGIST-KANTOR. TRAITE DE FAUCONNERIE

EXHIBITION # 48
15 DECEMBER 2012 - 26 JANUARY 2013


Traité de fauconnerie

La deuxième manière de procéder est infiniment plus spectaculaire. 
Le f. commence par prendre de l'altitude au point de devenir quasiment invisible. De son poste d'observation aérien, il surveille les o. évoluant en contrebas. Lorsqu'il a repéré sa p., il se laisse tomber en repliant partiellement les a., augmente sa vitesse de chute par quelques b. puis ferme tout à fait les a. (..)

quelques exemples:

1. le m. à m.
2. le b. sorti de c. ou vidéo b.
3. les archives m.
4. le ramasse f.
5. les w. sticks
6. le c. d'or
7. l'art du l.
8. les chapeaux p.

D'une façon générale, la surprise est un élément déterminant de la réussite.

Dialogist-Kantor


LISA BLAS. STILL LIFES, SOMETIMES REPEATED

EXHIBITION # 47
15 DECEMBER 2012 - 26 JANUARY 2013


EN
Echoing the title of the exhibition Singular Forms, Sometimes Repeated at the Guggenheim Museum in 2004, in which I photographed folded sheets of paper viewers had removed and reshaped from the Felix Gonzalez-Torres work “Untitled” (Passport), my exhibition, Still Lifes, Sometimes Repeated, is an engagement with the recycling of materials, works of art by artists I admire experienced in specific places and times, and the larger framework of history.

Encountering FGT’s “Untitled” (Passport) again in the exhibitionSpecific Objects without Specific Form, at Wiels in 2010, I decided to take sheets of paper from this sculpture and use them as the support of the two large collage works seen here. The palette of color chips was generated from meticulously cut fragments of paper stock originating from exhibition announcements and mass-produced paint swatches from hardware stores. Working with bright, flat and metallic colors, I built compositions that juxtapose density with areas of blankness.

The same technique was used again in a series of small collages on music paper that I made while artist in residence in the French village of Ors, where the British poet Wilfred Owen died in the last battle of WWI. They play out a variation on the Armistice poppy as well as a homage to Matisse, whose birthplace, Cateau-Cambrésis, is only a few miles away from Ors. These works were exhibited at the Musée Matisse in Cateau during the summer of 2011.

Belonging to the series entitled Agrarian Pavements, the horizontal collages on vellum evoke other still lifes, landscapes and art historical motifs. Although the works are abstract, they make reference to light reflecting on the pavement, barbed wire, and negative space as a magnetic field. Inspired by the radicality of Matisse’s work during WWI, and the minimalist compositions of the New Topographics photographers from 1970s California, they envision space as alive, transparent and inclusive. I see them as blueprints for social and political reflection.

The composition of images and ephemera occupying the vitrine in the hallway is a roadmap to the show, where I quote my sources and provide connections between them, in the form of a wall-work: a photo of a newspaper in front of my neighbor’s door announcing the 2002 loss of the space shuttle Columbia, a rubbing of the maxim “Study the Past” on the base of a monument in front of the National Archives in Washington, photo fragments of various museum wall texts, including one from Marthe Wéry’s retrospective in The Hague in 2011, photos of folded sympathy cards I made during the Iraq war, a protest poster I designed in response to the rise of the Tea Party and, to bring Still Lifes, Sometimes Repeated full circle, an installation photograph of “Untitled” (Passport) in the 2010 Wiels exhibition (courtesy of Sven Laurent).

Lisa Blas 
November 2012

FR
Comme en écho au titre de l’exposition Singular Forms, Sometimes Repeated au Musée Guggenheim en 2004, où j’ai photographié des cocottes en papier que des visiteurs avaient faites en pliant les feuilles empilées que leur offrait la sculpture de Felix Gonzalez-Torres, “Untitled” (Passport), mon exposition,Still Lifes, Sometimes Repeated, se confronte au recyclage des matériaux, aux œuvres d’artistes que j’admire rencontrées dans des endroits et à des moments précis, et au cadre plus large de l’histoire.

Ayant retrouvé “Untitled” (Passport) dans l’exposition Specific Objects without Specific Form, au Wiels en 2010, j’ai décidé d’en prélever des feuilles de papier pour en faire le support des deux grands collages montrés ici. La palette de copeaux de couleur a été engendrée à partir de fragments de papier découpés dans des cartons d’invitation à des expositions et dans des échantillons de couleur provenant de quincailleries. Travaillant avec des couleurs brillantes, unies et métalliques, je construis des compositions qui juxtaposent densité et zones de blanc.

La même technique a donné lieu à une série de petits collages sur du papier à musique que j’ai faits durant une résidence d’artiste dans le village français d’Ors, où le poète anglais Wilfred Owen mourut lors de la dernière bataille de la guerre 14-18. Ils “jouent” une variation sur le thème du coquelicot de l’Armistice et sont un hommage à Matisse, dont le lieu de naissance, Cateau-Cambrésis, est à dix kilomètres d’Ors. Ces œuvres ont été montrées au Musée Matisse de Cateau durant l’été 2011.

Inclus dans une série intitulée Agrarian Pavements, les collages horizontaux sur papier calque évoquent d’autres natures mortes, paysages et motifs tirés de l’histoire de l’art. Bien que les œuvres soient abstraites, elles font référence à la lumière réfléchie par les pavés, au fil de fer barbelé, à l’espace négatif comme champ magnétique. Inspirées par la radicalité des œuvres de Matisse pendant la grande guerre et par les compositions minimalistes des photographes californiens des années 70 appartenant au mouvement New Topographics, elles envisagent l’espace comme vivant, transparent et inclusif. Je les vois comme des esquisses pour la réflexion sociale et politique.

La composition d’images et de souvenirs qui occupe la vitrine dans le couloir est une carte routière pour l’exposition. J’y cite mes sources et j’établis des rapports entre elles, sous la forme d’un ensemble mural : la photo d’un journal de 2002 annonçant la perte de la navette spatiale Columbia, par terre devant la porte de mon voisin ; un frottage de la maxime “Study the Past” sur le socle d’un monument devant les Archives Nationales à Washington ; des photos de fragments de textes muraux dans des musées, dont l’une prise dans la rétrospective Marthe Wéry à La Haye en 2011 ; des photos de cartes de condoléances pliées que j’ai prises durant le guerre d’Irak ; une affiche que j’ai conçue en riposte à la montée en puissance du Tea Party ; et, pour ramener Still Lifes, Sometimes Repeated à son point de départ, une photo d’installation de “Untitled” (Passport) dans l’exposition de 2010 au Wiels (merci à Sven Laurent).

Lisa Blas 
Novembre 2012


THOMAS MAZZARELLA. EN VOITURE SIMONE 
JULIEN MEERT. PAINTINGS
EMMANUEL TETE. LE SOMNAMBULE (LA PEINTURE A QUITTE SON LIT)

EXHIBITIONS # 40 # 41 # 42
15 SEPTEMBER - 27 OCTOBER 2012


FR
Après la session estivale largement consacrée aux pratiques post-conceptuelles: rentrée chez Rossicontemporary
La peinture (dernière génération) reprend sa place aux cimaises. Thomas Mazzarella dans la galerie et Julien Meert à la mezzanine proposent leur nouvelle production, alors que dans la Piazza, même si la peinture stricto sensu y est absente, Emmanuel Tête lui rend hommage par ses costumes d’artiste et par ses performances. 
Tous trois sont de jeunes artistes actifs à Bruxelles: Rossicontemporary souhaitent encore et toujours en ce début de cinquième année d’activité, suivre et valoriser une scène artistique émergeante, à vocation internationale, pétillante et d’excellent niveau.

Sous le titre «En voiture Simone»Thomas Mazzarella présente un ensemble d’une vingtaine de peintures sur panneau. Dans un souci de liberté picturale, l’artiste les a réalisées en jouant sur des formats très différents; il propose une mise en espace plus libre que par le passé. Petits récits de fantaisie, ses tableaux mettent en scène des situations parfois rocambolesques, parfois touchantes, entre rêve, vision et réalité. Toutes les couleurs de l’humour y sont présentes.

«Paintings» de Julien Meert est un suite de 15 peintures sur bois qui sont à lire comme autant de défis que l’artiste s’est lancé, en un duel joyeux avec la Peinture, en franche confrontation avec la grande tradition de la modernité. L’artiste y a travaillé sans exclusions de coups - de pinceau ou de spray – dans une alternance de gestes violents et de détails méticuleusement peints, entre chaos et dosage ; Il profite des repentirs successifs pour donner substance et profondeur à l’image.

A l'occasion de sa nouvelle exposition, Emmanuel Tête, délaissant un instant le dessin, occupe la vitrine de la Piazza pour nous proposer une œuvre de poésie textile, accompagnée de ses accessoires, d'objets et de collages, de photos et de performances. Deux somptueux costumes ont été réalisés à partir de peintures populaires et de broderies dénichées sur le Marché aux Puces. Une étonnante planche à repasser et des collages s'y ajoutent, rendant hommage tant au travail domestique de la ménagère qu’à la famille royale. De cet ensemble se dégage une poésie à la fois tendre et burlesque, mélancolique et désuète, typique de son art. Après les avoir déjà portés en diverses occasions de Belgique jusqu’en Finlande, Emmanuel Tête, revêtira ses costumes lors de deux actions poétiques pendant l'exposition : l’une -«Tout le monde n'est pas Cézanne» conçue pour rendre hommage à «ceux d'en haut», au Musée d'art ancien le 7 octobre- et l’autre, «CHT-652», imaginée pour saluer «ceux d’un bas», dans le quartier du Marché aux Puces le dimanche suivant, 14 octobre. 
Le programme exact des deux performances vous sera communiqué très prochainement. 

NL
Na de zomerperiode die grotendeels gewijd was aan postconceptuele praktijken: een nieuw seizoen bij Rossicontemporary.
De schilderkunst van de laatste generatie neemt opnieuw een prominente plaats in. Thomas Mazzarella in de galerie en Julien Meert op de mezzanine tonen hun nieuw werk, terwijl Emmanuel Tête in de Piazza, zelfs indien de schilderkunst in zijn werk stricto sensu afwezig is, haar hommage brengt met zijn artiestenkostuums en zijn performances.
Het zijn alle drie jonge artiesten die in Brussel actief zijn: Rossicontemporary zal, bij aanvang van dit vijfde werkingsjaar, de opkomende artistieke scene die een internationale uitstraling heeft, sprankelend en van hoog niveau, verder opvolgen en in de verf zetten.

Onder de titel "En voiture Simone", toont Thomas Mazzarellaeen twintigtal schilderijen op paneel. Met picturale vrijheid als bedoeling, heeft de kunstenaar deze gemaakt door op verschillende formaten te werken; tevens maakt hij vrijer gebruik van de ruimte dan in het verleden het geval was. Net als in verhaaltjes, beelden zijn werken situaties uit die soms onwaarschijnlijk, soms aangrijpend zijn, tussen droom, visie en realiteit. Alle kleuren van de humor zijn erin aanwezig.

"Paintings" van Julien Meert is een reeks van 15 schilderijen op hout die bekeken moeten worden als evenveel uitdagingen die de kunstenaar is aangegaan, in een vrolijk duel met de Schilderkunst, in een open confrontatie met de grote traditie van de moderniteit. De kunstenaar heeft eraan gewerkt met allerlei middelen -met de borstel of de spray- afwisselend tussen heftige bewegingen en uitermate precies geschilderde details, tussen chaos en dosering; hij maakt gebruik van de opeenvolgende overschilderingen om het beeld materie en diepte te geven.

Ter gelegenheid van zijn nieuwe tentoonstelling, bezet Emmanuel Tête, die even het tekenwerk achter zich laat, de vitrine van de Piazza om ons poëtische werk in textiel te tonen, vergezeld van accessoires, voorwerpen en collages, foto's en performances. Twee weelderige kostuums werden gemaakt met volkse schilderijen en borduurwerk die op de kop werden getikt op de vlooienmarkt. Een verbazingwekkende strijkplank en collages vervolledigen het geheel en brengen hommage aan zowel de huisvrouw als aan de koninklijke familie. Van dit geheel gaat een poëzie uit die zowel zacht als komisch is, melancholisch en ouderwets, eigen aan zijn werk. Nadat hij de kostuums reeds bij verschillende gelegenheden heeft gedragen van België tot Finland, zal Emmanuel Tête ze nogmaals aantrekken voor twee poëtische acties tijdens tentoonstellingen, de ene "Tout le monde n'est pas Cézanne", bedacht om hulde te brengen aan "deze van hierboven", in het Museum voor Oude Kunst op 7 oktober en de andere "CHT-652" die werd uitgedacht om "deze van beneden" te groeten, in de buurt van de vlooienmarkt de zondag nadien op 14 oktober. Het precieze programma van deze twee performances zal u heel binnenkort worden meegedeeld.

EN 
After a summer session largely devoted to post-conceptual practices, a new season starts at Rossicontemporary.
New generation painting takes back its place on the gallery walls. Thomas Mazzarella on the ground floor and Julien Meert at the mezzanine show their new painting series, while at the Piazza, even if painting stricto sensu is absent, Emmanuel Tête pays his tribute to it with his costumes and performances.
Three young artists, all active in Brussels: at the beginning ot its fifth year of activity, Rossicontemporary continues to explore the Brussels’ scene, full of emerging personalities at a level of excellence.

Under the title «En voiture Simone»Thomas Mazzarella presents a group of twenty acrylics on panel. In a concern of pictorial freedom, the artist created them by playing on very different sizes and shows them in an aerial setting. Tiny fantasy tales, his works put in scene situations that are sometimes romanesque, sometimes touching, in delicate balance between dreamy visions and reality. Here all the colors of humor are definitely present.
«Paintings» by Julien Meert is a series of fifteen paintings also on wood, which can be read as the joyful duels between the young artist and the great tradition of Painting and Modernity. The artist worked on them with no holds, with brush and spray, alterning fierce gestures and minute details, negociating with chaos and order. You will see how he likes to take advantage of repeated overpainting to give body and depth to the image.

Emmanuel Tête, leaving drawing aside for a while, occupies the windows of the Piazza with a work of textile poetry as well as with objects, collages, photos and performances. Two grand costumes are patchworked with popular paintings and embroideries from flea markets. A surprising ironing board and collages are added to it, celebrating Belgian housewives and the royal family. A poetry both tender and burlesque, but also melancholic and a bit old-fashioned, exudes from the installation.
Having already worn the costumes in several occasions, from Belgium to Finland, Emmanuel Tête will wear them for two performances during the exhibition: in «Tout le monde n'est pas Cézanne» the artist in his uniform will honor “those from above” at the Musée d'art ancien on October 7th, and with «CHT-652», he will greet “those from beneath” in the district of Marché aux Puces, on the following Sunday, October 14th. The detailed program of the two performances will be communicated soon.


ALAIN GERONNEZ. 100 ANS APRES J.C.
ERIC VAN HOVE. IN SPITE OF THE UNHEROIC TIMES
PIERRE LAUWERS. A LUA
NINA GRGIC. JARDINS FANTASTIQUES

EXHIBITIONS # 35 # 36 # 37 # 38
9 JUNE - 8 SEPTEMBER 2012


FR
Rossicontemporary
 propose pour l’été 2012 quatre expositions individuelles. 
Alain Géronnez investit la galerie principale avec un saisissant ensemble de travaux nouveaux ou inédits dans un brillant montage d’images et de mots, d’idées et de couleurs. A voir absolument : Jaguar tapis, une création textile, véritable première pour cet artiste bruxellois. A la Mezzanine, Eric Van Hove expose les Suaires et les Egéries, deux nouvelles séries de travaux particulièrement percutants. Dans les vitrines, exposant tous les deux pour la premières fois chez Rossicontemporary, Pierre Lauwers nous fait découvrir sa série de sérigraphies sur toile A Lua créée au Brésil où il réside actuellement alors que Nina Grgic, artiste croate résidant à Paris montrera ses Jardins fantomatiques, dont l’imagerie et la technique en intrigueront plus d’un.

Ci-dessous, un mot des quatre artistes à propos de leur projet d’exposition:

100 ans après J.C., Alain géronneZ

Le titre de l’exposition, 100 ans après J.C. doit se comprendre comme un rapport temporel et non thématique. Faire de l’art après John Cage est aussi difficile que de faire de l’art après Duchamp et oblige à réinventer les procédures qui permettent de faire œuvre. Que vaudrait de la part d’A.gZ un hommage à J.C. ? Il est grand ! Et je sais à quel point les grands artistes savent fermer les portes derrière eux : après moi, débrouillez-vous !

Depuis cent ans, on s’entend à réinventer l’art en solitaire ou en groupe et comme John Cage aurait eu 100 ans cette année, il m’a paru intéressant de marquer ce centenaire de petits événements : le jour du vernissage avec deux jeunes artistes et le 5 septembre, date anniversaire de sa naissance, un « presque finissage » sous sa figure tutélaire.

A part ça, il faut s’entendre, ce qui est à voir dans l’expo n’a rien à voir avec J.C. : Mini Top-and-Tail (1975-2012), Calais au Leica (2008), Jaguar tapis (2012), etc., des travaux dont certains revisitent les années Trente à Cinquante et d’autres, des années Septante, qui paraîtront peut-être Pop mais sont nés d’un jeu conceptuel. (Alain géronneZ)

In Spite of the Unheroic Times, Eric Van Hove

In Spite of the Unheroic Times est une phrase de l’artiste symboliste croate Emanuel Vidović. Je l’ai retrouvée dans un texte de catalogue de 1962 de Vesna Novak-Oštrić sur la Medulić Society, dont Vidović avait été le fondateur en 1907.

Les Suaires. Ce sont des transferts de tombeaux d’artistes sur toile de lin, par frottage à la mine de plomb. Vous y verrez deux suaires que j’ai réalisés récemment à Brooklyn : « Piet Mondrian, 1872-1944 » exécuté sur sa tombe au Cypress Hills Cemetery, et « Jean-Michel Basquiat, 1960-1988 » exécuté au Green-Wood Cemetery. Le troisième - qui est aussi le dernier réalisé à ce jour – est le transfert du tombeau d’un artiste mort le jour de son anniversaire, « Marcel Broodthaers, 1924-1976 », qui est enterré au cimetière d’Ixelles.

Les Égéries. Dans ces travaux je réitère et magnifie un geste de libération et de censure populaire. Ce geste, pratiqué sur des affiches publicitaires de femmes dénudées et aperçu en divers endroits du globe, m’a paru d’emblée signifier beaucoup. Vous y retrouverez des icones contemporaines : Claudia Schiffer photographiée par Max Vadukul, Filipa Hamilton par Patrick Demarchelier et Sophie Dahl, comme une sorte de Sainte Thérèse de Bernini contemporaine, sur la photo de Steven Meise pour Yves Saint-Laurent. (Eric Van Hove)

A Lua, Pierre Lauwers

Quand on la regarde, la lune a une sorte de côté obstiné. Toujours la même face tournée vers nous, seulement le rythme de ses croissances et décroissances. À São Paulo, j’ai découvert une lune étrange, une lune que je ne connaissais pas. Il m’a fallu un peu de temps pour comprendre que de ce côté de l’hémisphère, je la voyais à l’envers. Je l'ai donc suivie dans sa phase décroissante, jusqu'à son ultime sourire. (Pierre Lauwers)

Jardins fantomatiques, Nina Grgic

Mes œuvres sont comme une sorte de fenêtre sur un monde insaisissable, ni tout à fait extérieur ni tout à fait intérieur, si abstrait qu'il en devient concret, si réel qu'il se prête aux traversées les plus imaginaires. Cela n'a rien de mystique dans mon esprit. J'essaie simplement de faire apparaître la dimension d'énigme qu'il y a dans les choses, qui est aussi la source de leur poésie. Aucune influence directe dans mon travail mais, en revanche, des affinités fortes et instinctives, avec quelques figures tout à fait singulières, apparemment sans rapport entre elles, comme Bosch, Mondrian, Pollock. Ou bien Borges, et notamment cette pièce de dix centimes dans son Aleph qui cache en elle la totalité et l'infini. La musique - en général une musique assez énergique: en cela je me sens proche de Claude Lévêque - me donne aussi des idées. (Nina Grgic)

NL
Rossicontemporary biedt deze zomer vier individuele tentoonstellingen aan. 
Alain Géronnez neemt bezit van de hoofdgalerij met een verrassend geheel van nieuw of nog nooit vertoond werk in een schitterende opbouw van beelden en woorden, ideeën en kleuren. Niet te missen: Jaguar tapis, de allereerste creatie in stof van deze Brusselse kunstenaar. Op de Mezzanine stelt Eric Van Hove zijn Suaires en Egéries voor, twee nieuwe series van bijzonder opzienbarende werken. In de uitstalramen, allebei voor het eerst bij Rossicontemorary, zien we Pierre Lauwers en Nina Grgic. Pierre Lauwers laat ons kennis maken met zijn reeks zeefdrukken op doek A Lua , die hij in Brazilië maakte waar hij momenteel verblijft, terwijl Nina Grgic, Kroatische kunstenares die in Parijs woont, ons haar Jardins fantomatiques toont, waarvan de verbeeldingskracht en de techniek meer dan een onder ons zal intrigeren.
Hierna een woordje van elk van de vier kunstenaars bij hun tentoonstellingsproject:

100 ans après J.C., Alain géronneZ

De titel van de tentoonstelling, 100 ans après J.C. wijst op een tijdsverband, geen thematisch verband. Kunst maken na John Cage is even moeilijk als kunst maken na Marcel Duchamp en verplicht ons om de werkwijzen opnieuw uit te vinden. Wat zou een hommage aan J.C. vanwege AgZ waard zijn? Hij is zo groot, en ik weet hoezeer grote kunstenaars de deuren achter zich weten te sluiten: na mij, trek uw plan! 
Op de tentoonstelling toon ik werken die voor sommigen pop zullen lijken, maar die allemaal voortvloeien uit een concept en waarvan bepaalde dateren van de jaren zeventig of herinneren aan de jaren dertig tot vijftig.
Sedert honderd jaar tracht men, in zijn eentje of samen, de kunst opnieuw uit te vinden en omdat de datum eraan komt, John Cage wordt honderd, leek het me interessant om dit in de verf te zetten met een aantal kleine gebeurtenissen, meer bepaald op de dag van de vernissage samen met twee jonge kunstenaars en op zijn verjaardag op 5 september, ter vervanging van een bijna finissage, onder de bescherming van John Cage zelf.
Voor de rest, begrijp me goed, zal wat op de tentoonstelling te zien is, niets te maken hebben met John Cage: Mini top-and-tail (1975-2012), Calais au Leica (2008), Jaguar tapis, enz…
(Alain géronneZ)

In Spite of the Unheroic Times, Eric Van Hove

In Spite of the Unheroic Times is een zin van de Kroatische symbolist Emanuel Vidović. Ik heb deze teruggevonden in een catalogustekst van 1962 van Vesna Novak-Oštrić over de Medulić Society, gesticht door Vidović in 1907. 
De Suaires. Ze brengen graftomben van kunstenaars over op linnen doek door wrijving met grafieterts. U zal twee lijkwaden zien die ik recentelijk in Brooklyn heb gemaakt: "Piet Mondriaan, 1872-1944", uitgevoerd op zijn graf in het Cypress Hills Cemetery, en "Jean-Michel Basquiat, 1960-1988" uitgevoerd op het Green-Wood Cemetery. De derde -de laatste tot nu toe- brengt het graf over van een kunstenaar die gestorven is op zijn verjaardag, "Marcel Broodthaers, 1924-1976", begraven op de begraafplaats van Elsene.
De Egeries. Met deze werken herhaal en verheerlijk ik een gebaar van bevrijding en van algemene afkeuring. Dit gebaar op publiciteitsaffiches van naakte vrouwen hebben we allemaal op verschillende plaatsen in de wereld kunnen waarnemen. U zal hedendaagse iconen terugvinden: Claudia Schiffer gefotografeerd door Max Vadukul, Filipa Hamilton door Patrick Demarchelier en Sophie Dahl, als een soort hedendaagse Heilige Theresa van Bernini, op de foto van Steven Meise voor Yves Saint-Laurent.
(Eric Van Hove)

A Lua, Pierre Lauwers

Wanneer men naar haar kijkt, heeft de maan een soort koppig kantje. Steeds dezelfde zijde naar ons gericht, alleen het ritme van haar toenemen en afnemen.
In Sao Paulo, heb ik een vreemde maan ontdekt, een maan die ik niet kende. Het heeft me wat tijd gekost om te begrijpen dat, van die kant van de wereldbol, ik haar omgekeerd zag.
Ik heb haar dus gevolgd in haar afnemende fase, tot aan haar uiterste glimlach.
 (Pierre Lauwers)

Jardins fantomatiques, Nina Grgic

Mijn werken zijn als een venster op een ongrijpbare wereld, niet helemaal open noch helemaal gesloten, zo abstract dat zij er concreet door wordt, zo echt dat zij zich leent tot de meest denkbeeldige reizen. Voor mij heeft dit niets mystieks. Ik probeer alleen maar de dimensie van het mysterie in de dingen te tonen, hetgeen ook de bron is van hun poëzie. Geen enkele rechtstreekse invloed in mijn werk maar wel sterke en gevoelsmatige affiniteiten met enkele heel bijzondere figuren die ogenschijnlijk geen verband hebben met mekaar, zoals Bosch, Mondriaan, Pollock. Of ook Borges en meer bepaald dit stuk van tien centiemen in zijn Aleph dat in zich de totaliteit en de oneindigheid verbergt. Muziek - veelal vrij energieke muziek: hierbij voel ik me verwant met Claude Lévêque - geeft me ook ideeën. (Nina Grgic)


MICHEL LEONARDI. THREE COLOUR ENVIRONMENTS

EXHIBITION # 30
28 JANUARY - 17 MARCH 2012


CHEERFUL, VITAL PAINTINGS (1985 - 1995)
@ Rossicontemporary
THE AUTONOMY OF COLOUR (1997 - 2011)
@ The Mezzanine
SKIES, SEAS, FIELDS OF COLOUR (2008 - 2011)
@ Piazza Project Space

FR
Michel Leonardi est un artiste transdisciplinaire. Il est non seulement peintre et dessinateur, mais aussi plasticien 3D, lithographe expérimenté, designer de mobilier contemporain, auteur de très nombreuses réalisations picturales monumentales et d’aménagements architecturaux pour des espaces publics et privés.

En guise de départ de sa collaboration avec Michel Leonardi, Rossicontemporary présente dans ses trois espaces, sous le titre Three Colour Environments, trois aspects majeurs de l’art de Michel Leonardi et lui donne d’ores et déjà rendez-vous l’année prochaine pour dévoiler une autre facette étonnante de son travail.

Dans la galerie principale :

Au rez-de-chaussée, une sélection d’œuvres de grand format de la période 1985-1995. Dans un renvoi symbolique à la vie et à la fertilité, ces toiles sont animées par les formes de l’œuf et de la coquille qui font l’objet d’une mise en espace où forme et couleur s’associent librement. « Espaces couleurs », où le jeu chromatique influence la perception de la profondeur et pallie le manque de construction tridimensionnelle. Flottantes sur la toile, diluées dans leur contour, condensées en leur noyau, les formes de prédilection de Michel Leonardi prennent l’apparence de cellules en suspension qui, au cours des années, se sont développées jusqu’à couvrir presque entièrement le support.

A la mezzanine :

Changement de décor dans la nouvelle salle au niveau mezzanine : ici, les formes de la décennie précédente se voient repoussées vers les bords pour finalement être tronquées, laissant de ce fait de plus en plus de vigueur à l’espace coloré. L’aplat revendique ici sa propre autonomie, la valeur intrinsèque de la couleur. Ces « tableaux couleurs » que l’artiste considère comme autant d’informations injectées dans l’espace, modifient celui-ci, lui donnent une âme et une vie. « Je veux inciter le regardeur à plus de plaisir, à une prise de conscience du phénomène physique et psychologique engendré par la couleur »

A la Piazza :

La passion de Michel Leonardi pour la couleur a toujours trouvé confirmation dans ses voyages. En Inde comme au Nouveau Mexique, en Malaisie comme au Maghreb, en Turquie ou au Portugal, Michel Leonardi s’est laissé emporter par des cultures où la couleur joue un rôle déterminant. Chaque voyage a été l’histoire d’une rencontre renouvelée avec la couleur, car « à chaque contrée elle se décline différemment ». Cette poésie de la couleur du voyage, Michel Leonardi la rend dans des travaux photographiques où la prise de vue est ensuite dédoublée en un monochrome. Un choix de ces « diptyques de voyage » occupera les vitrines de la Piazza.

(Source bibliographique : Cécilia Bezzan, Michel Leonardi, 1999)

NL
Michel Leonardi is een multidisciplinaire kunstenaar. Hij is niet alleen schilder en tekenaar maar ook een ervaren steendrukker, 3d kunstenaar, ontwerper van hedendaags meubilair en auteur van zeer veel monumentale muurwerken en architecturale ingrepen voor publieke en privéruimtes. 
Als vertrekpunt van de samenwerking met Michel Leonardi, presenteert Rossiocontemporary in zijn drie ruimtes, onder de titel “Three Colour Environments”, drie belangrijke aspecten van het werk van Michel Leonardi en stelt hier en nu al een nieuwe afspraak voor het volgende jaar voor die een ander verbazend aspect van zijn werk zal tonen.

In de hoofdgalerie
Op het gelijkvloers, een selectie van werken van groot formaat van de periode 1985 - 1995. In een symbolische link met het leven en de vruchtbaarheid, zijn deze doeken bepaald door ei- en schelpvormen. Ze zijn het onderwerp van een spectaculaire vormgeving waar vorm en kleur vrij met elkaar worden geassocieerd. “Kleurruimtes” waar het chromatische spel de waarneming van diepte beïnvloedt en ook de afwezigheid van een driedimensionele constructie uitwist. Zwevend op het doek, verdund in hun omtrek, gecondenseerd in hun knop, de vormen van Michel Leonardi transformeren tot zwevende cellen die zich gedurende de afgelopen jaren hebben ontwikkeld en die bijna de volledige oppervlakte bedekken.

In de mezzanine
Decorwissel in de nieuwe zaal op het mezzanine niveau : hier worden de vormen van de schilderkunst van de voorgaande decennia weggedrukt en afgebroken. Hierdoor wordt de kleuroppervlakte meer en meer belangrijk. Het platte vlak eist hier zijn eigen autonomie op, de intrinsieke waarde van de kleur. Deze ‘kleurschilderijen’ die de kunstenaar ziet als informatie die in de ruimte wordt uitgestrooid, wijzigen die en geven hen ziel en leven. “Ik wil de kijker tot meer genot aan zetten, met een bewustwording van de fysieke en psychologische fenomenen die de kleur veroorzaakt”.

In de Piazza
De passie van Michel Leonardi voor de kleur heeft altijd zijn bevestiging gevonden in reizen. In Indie zoals in Nieuw Mexico, in Malaisie, zoals in de Maghreb, in Turkije of in Portugal, laat Michel Leonardi zich meenemen door culturen waar de kleur een bepalende rol speelt. Elke reis is het verhaal van een hernieuwde ontmoeting met de kleur, want “in elke contrei is die anders”. Deze poetica van de kleur van de reis, verwerkt Michel Leonardi in fotografische werken waar de beeldopname wordt aangevuld met een monochroom. Een selectie van deze “Reisdiptieken’ wordt getoond in de vitrines van de Piazza.

(Bibliografische bron: Cécilia Bezzan, Michel Leonardi, 1999)


VIS A VIS

EXHIBITION # 29
3 DECEMBER 2011 - 21 JANUARY 2012


Fiona Banner Jean-Daniel Berclaz Oliver Breitenstein Franz Burkhardt Geoffrey de Beer Luc Deleu Willy De Sauter Johan De Wilde Sean Edwards Ceal Floyer gerlach en koop Alain géronneZ Paul Goede Stefan Gritsch Alexander Heaton Bruno Jacob Sam Kautsch Klaas Kloosterboer WJM KOK Peter Liversidge Emilio Lòpez- Menchero Cildo Meireles Dawn Mellor Thomas Müllenbach Michalis Pichler Bernhard Schreiner Eric Van Hove Lukas Vandenabeele Lawrence Weiner. 
Curated by Philippe Braem

FR
Depuis l’explosion de l’internet, on ne peut plus regarder l’art de la même manière. Mais la base de toute bonne observation en la matière est toujours pareille : une insatiable curiosité. Regarder l’art depuis plus de 30 ans, c’est-à-dire visiter des ateliers, des expositions et des foires d’art en Belgique et à l’étranger, a exercé mon œil. Je feuillette également tout catalogue qui me tombe entre les mains et, où que j’aille, je ne peux m’empêcher de regarder les dépliants, les invitations et tout document de cette espèce, hélas souvent à ma grande déception. Je navigue tous les jours sur l’internet, à la recherche de territoires nouveaux et inconnus, dans l’espoir de me faire surprendre.

L’occasion de tirer parti de toute cette information s’est présentée lorsque Francesco Rossi, avec qui je partage une déjà longue amitié et diverses collaborations, m’a proposé d’organiser une exposition de groupe dans sa galerie.

L’idée du titre et du thème est sortie du dictionnaire. «Vis-à-vis» est un terme constitué de deux parties identiques. Il signifie «face à face», mais aussi «en relation avec». C’était précisément là mon objectif : choisir des travaux qui, accrochés sur deux murs opposés, puissent engager un dialogue. L’exposition s’est ainsi développée d’un artiste à l’autre, sautant d’une œuvre à l’autre, sans distinction de style, de matériau utilisé, de forme, de contenu, de présentation, suscitant un réseau de (cor)relations, de (dis)similitudes et de confrontations entre différentes générations. L’exposition mêle dessins, peintures, photos, objets et sculptures, gravures et multiples d’une trentaine d’artistes.

J’ai découvert les dessins et les peintures minimalistes et philosophiques de Bruno Jacob ainsi que les petites peintures très matérielles de Stefan Gritsch l’été passé, à Art Basel -les deux étaient un peu cachés dans le stand de leur galerie respective. L’œuvre de Gritsch m’a mené de nouveau vers Willy De Sauter, dont je connais la peinture essentielle et puriste depuis des années.

J’étais parvenu aux sculptures subtiles de Sean Edwards en prospectant sur l’internet. C’était l’artiste que je voulais absolument voir à l’exposition Radical Autonomy au Netwerk à Aalst. Cette visite me mit également en contact avec l’œuvre de gerlach en koop . Ils ont réagi de manière enthousiaste à ma proposition de participation à Vis à Vis et ont aussi réalisé un travail in situ.

Les sites de vente peuvent être aussi une source d’inspiration. Sur Ebay j’avais acheté un travail de Samuel Kautsch, un artiste très discret qui travaille dans la lignée de Fluxus et je suis allé à la recherche d’autres informations à son propos. Ceci me mena vers Olivier Breitenstein, qui dans sa Münsterse Berliner Kunstverein avait exposé la même œuvre de Kautsch et qui me sembla être à son tour un artiste intéressant, comme en témoigne sa série Art Noir.

L’attitude critique de Kautsch et Breitenstein face à la société et au monde de l’art se retrouve aussi chez Cildo Meireles, dont leZero Dollar et le Zero Cruseiro sont à voir dans l’expo. Ce sont deux œuvres emblématiques de cet important artiste brésilien.

De Fiona Banner, j’avais déjà souvent vu des œuvres dans des expositions, mais ce fut la visite de son site qui m’amena à montrer en cette occasion une œuvre en particulier.

Au dernier Art Brussels, j’avais remarqué les petits travaux pleins d’ironie de Geoffrey de Beer et je suis très content que deux de ceux-ci sont à voir dans l’exposition.

J’ai vu pour la première fois les peintures de Dawn Mellor chez un excellent artiste et ami; après quoi, j’ai investigué sur le net à propos du travail de cette femme peintre.

Frank Burkhardt aussi fut une découverte sur l’internet. Quand je découvris qu’il vivait en Belgique, j’ai immédiatement cherché son adresse. Cela a marché tout de suite entre nous et les 5 magnifiques dessins ici exposés sont le fruit de cette rencontre.

L’amitié et la collaboration avec Lukas Vandenabeele remonte à 1994, quand je vis son travail original lors de la préparation de mon exposition Prospectus. Depuis lors, je montre son travail dès que je le peux.

J’ai un lien semblable avec Emilio Lopez Menchero, qui pour cette exposition, montre une grande photo de la série Trying to be… Alain Géronnez est aussi un artiste avec qui j’ai collaboré maintes fois. C’est à lui qu’on doit l’image du carton d’invitation de Vis à Vis ainsi qu’une œuvre remplaçant l’enseigne de la galerie.

Alain fait partie, autant qu’Eric van Hove et Luc Deleu, des artistes représentés par Rossicontemporary.
De l’intelligent travail de Michalis Pichler, j’avais déjà pris connaissance par-ci par-là sur l’internet. Je n’ai pas hésité à acquérir une édition de lui à la dernière Art Cologne.

A la même foire, je fus agréablement surpris par les photos spirituelles de Bernhard Schreiner.

Dans la même galerie où je découvris l’art ludique et radical deWJM KOK, je trouvai aussi un magnifique multiple de Lawrence Weiner. C’était ensuite agréable d’apprendre que Klaas Kloosterboer, dont j’apprécie beaucoup la peinture à trois dimensions, exposait lui aussi dans la même galerie.

Les dessins subtils de Johan De Wilde m’étonnent depuis des années. Je suis donc très heureux que ceux-ci fassent partie de l’exposition.

Le print de Ceal Floyer pour le projet Bilboard for Edinburghentrait parfaitement dans le thème de l’exposition. Sur le même site de Floyer, je découvris aussi le travail de Peter Liversidge, dont les deux néons forment le point de départ et le point final de l’exposition.

Sur un site suisse, j’appris l’existence des Halboriginalen deThomas Müllenbach, versions peintes à la main des illustrations de cartons d’invitation. J’invitai alors l’artiste à en réaliser de nouveaux à partir des invitations de Rossicontemporary.

Le travail d’Alexander Heaton, peintre et alpiniste, actualise dans ses tableaux la peinture romantique de Caspar David Friedrich et d’autres peintres de la même veine. Pour conclure,Jean-Daniel Berclaz est un artiste suisse que j’ai connu lors du jury de la Canvas Collectie - La Collection RTBF. Sous le nom fictif de Musée du Point de Vue, il a déjà organisé plus de quatre-vingt manifestations. Ces événements sont conservés par de magnifiques photos.

P.S.

Ma curiosité n’était pas encore désaltérée. J’ai alors proposé à Francesco Rossi deux expositions dans les deux espaces récemment inaugurés : The Mezzanine et la Piazza.

J’ai connu le travail de Sarah Westphal grâce à mon cher ami Marc avec qui je visite des expositions depuis des années. Il me montra un magnifique catalogue que l’artiste avait édité à l’occasion de son exposition au Musée des Beaux-Arts de Gand; le même soir, je visitai son site et je sus tout de suite que je voulais lui offrir une exposition individuelle. La visite d’atelier vint un peu plus tard et confirma complètement ma première impression.

Klaus Verscheure me contacta via un réseau d’internautes dont nous faisons partie tous les deux. Bien que je sois réticent à ce type de contacts – un commissaire d’exposition préfère toujours découvrir l’artiste plutôt que le contraire- je pris rendez-vous dans son atelier et j’en ressortis convaincu.

NL
Kunst kijken is sinds de boom van w.w.w. niet meer hetzelfde. Maar de basis van alle goede kunstobservatie is wel dezelfde gebleven: een onverzadigbare nieuwsgierigheid. Meer dan 30 jaar kunst kijken, tentoonstellingen en ateliers bezoeken en kunstbeurzen afdweilen in binnen- en buitenland heeft mij een min of meer geoefend oog ontwikkeld. Maar evengoed blader ik door elke catalogus die ik in handen krijg en kan het nooit laten om overal waar ik kom folders, uitnodigingen en soortelijke documenten te bekijken en helaas vaak ook mee te sleuren. Ik surf ook bijna dagelijks naar alweer nieuwe en onbekende kunstterreinen in de hoop mij te laten verrassen.
De gelegenheid om iets met al die opgeslagen informatie te doen, kwam er toen Francesco Rossi, met wie ik al een jarenlange vriendschap en diverse samenwerkingsmomenten deel, mij vroeg een groepstentoonstelling te organiseren in zijn galerie.
De inspiratie voor de naam en thema kwam uit het woordenboek. Vis à vis is een bijwoord met gelijke delen. Een van de betekenissen is face-to-face maar ook in relatie tot. Dat was precies de bedoeling: werken kiezen die op twee tegenoverstaande muren een dialoog kunnen aangaan met elkaar. De tentoonstelling ontwikkelde zich van kunstenaar tot kunstenaar, van het ene werk overspringend naar een ander idee, onderwijl zonder onderscheid van stijl, materiaalgebruik, vorm, inhoud, presentatie en van uiteenlopende generaties een netwerk van (cor)relaties, (on)gelijkenissen en confrontaties in het leven roepend. De tentoonstelling combineert tekeningen, schilderijen, foto’s, objecten en sculpturen, prints en multiples van een 30-tal kunstenaars.

Bruno Jacob 's minimale, filosofische tekeningen en schilderijen en Stefan Gritsch 's materiaal-schilderijtjes ontdekte ik afgelopen zomer op Art Basel. Beide stonden een beetje verscholen opgesteld op de stand van hun respectievelijke galeries. Gritsch leidde dan weer naar Willy De Sauter, wiens strakke, fundamentele schilderkunst ik al jaren ken en die net als Gritsch met dezelfde Nederlandse galerie werkt.
Sean Edwards 's subtiele sculpturen was ik door prospectie op internet tegengekomen. Het was de kunstenaar die ik absoluut wou zien in de tentoonstelling Radical Autonomy in Netwerk Aalst. Dat bezoek bracht me ook in contact met het werk van gerlach en koop. Ze reageerden enthousiast op mijn voorstel tot deelname en stelden zelfs een werk in situ voor . 
Ook koopsites zijn een bron van inspiratie. Op Ebay had ik werk van Samuel Kautsch gekocht, een weinig publiek kunstenaar die werkt in het verlengde van de Fluxusbeweging en was daarna op zoek gegaan naar meer informatie over deze kunstenaar. Dat leidde dan weer naar Oliver Breitenstein, die in zijn Münsterse Berliner Kunstverein diezelfde Kautsch had tentoongesteld en zelf ook een interessant kunstenaar bleek te zijn, waarvan de Art Noir serie kan getuigen .
De maatschappij- en kunstkritische ingesteldheid van Kautsch en Breitenstein is ook terug te vinden bij Cildo Meireles, van wieZero Dollar en Zero Cruseiro te zien zijn. Beide werkjes zijn iconische beelden in het oeuvre van deze belangrijke Braziliaanse kunstenaar.
Van Fiona Banner had ik al vaker werk gezien op tentoonstellingen, maar het was een bezoek aan haar website die mij er toe bracht deze specifieke unieke print te tonen.
Op Art Brussels laatst vielen mij de heerlijk ironische werkjes vanGeoffrey de Beer op en ik ben blij dat er twee in de tentoonstellingen terecht gekomen zijn.
De schilderijen van Dawn Mellor zag ik vooreerst bij een goede kunstenaar en vriend en daarna heb ik het internet afgespeurd naar werk van haar.
Ook Franz Burkhardt was een internet ontdekking. Toen ik las dat hij in België woonde ben ik meteen naar zijn adres op zoek gegaan. Het klikte meteen tussen ons en vijf prachtige tekeningen zijn het gevolg daar van.
Vriendschap en samenwerking is er sinds 1994 met Lukas Vandenabeele, wiens eigenzinnig werk ik tijdens de voorbereiding van Prospectus zag. Sindsdien toon ik het werk van Lukas wanneer het kan.
Die band heb ik ook met Emilio Lopez Menchero, die voor deze tentoonstelling terugkeert naar zijn oude liefde, de schilderkunst. Ook Alain Geronnez is een kunstenaar met wie ik herhaaldelijk heb samengewerkt. Emilio schilderde een beeld speciaal op verzoek voor de tentoonstelling en Alain leverde niet alleen de uitnodigingskaart, hij bedacht ook het enseigne voor de galerie.
Alain maakt net als Eric Van Hove en Luc Deleu deel uit van de kunstenaars van Rossicontemporary.
Over Michalis Pichler ' intelligente appropration art had ik al één en ander op internet vernomen. Ik aarzelde niet de editie, die ik hier ook toon, op Art Cologne te kopen.
Op diezelfde beurs werd ik aangenaam verrast door de geestige fotowerken van Bernhard Schreiner.
In dezelfde galerie waar ik de speelse en radicale schilderkunst van WJM KOK ontdekte zag ik ook de prachtige multiple vanLawrence Weiner. Dat ook Klaas Kloosterboer, wiens driedimensionele schilderkunst ik zeer apprecieer, bij diezelfde galerie zat, was mooi meegenomen
Johan De Wilde’s subtiele tekeningen boeien mij al jaren. Ik ben dan ook blij dat er twee in de tentoonstelling zullen hangen. 
Ceal Floyer’s print voor het Billboard for Edinburgh project paste perfect in deze tentoonstelling.
Op dezelfde website ontdekte ik het werk van Peter Liversidge, wiens neonwerk & als begin- en eindpunt van de tentoonstelling aanwezig is.
Op een Zwitserse website leerde ik de Halboriginalen, geschilderde versies van afbeeldingen op uitnodigingskaarten vanThomas Müllenbach kennen. Ik nodigde de kunstenaar uit om er enkele te maken uit de selectie uitnodigingen van de galerie, uitnodiging waar de kunstenaar gretig op inging.
Het werk van Alexander Heaton, schilder en bergbeklimmer actualiseert in zijn schilderijen de romantische schilderkunst van oa Caspar David Friedrich. Jean-Daniel Berclaz ten slotte is een Zwitsers kunstenaar die ik leerde kennen tijdens de jury van deCanvascollectie-la collection RTBF. Onder het alias Musée du Point de Vue heeft hij al een tachtigtal manifestaties georganiseerd. Deze evenementen krijgen een neerslag in prachtige foto’s.


SARAH WESTPHAL. GEHIRN, GESTIRN, GESTEIN

EXHIBITION # 28
3 DECEMBER 2011 - 21 JANUARY 2012


EN
By invitation of guest curator Philippe Braem, Sarah Westphal presents a solo exhibition in one of the new gallery spaces, showcasing both brand new and recent sculptures and photographs.

The historic way of talking about haunted houses perhaps suggests that interior spaces are part of people, and that when moving into an old place you must ensure that the previous occupants have moved all parts of themselves out with them. If not, some parts of the previous occupants will continue to live there and haunt the new occupants. Given the fact that interior spaces can be seen as part of a person, an abrupt move (eviction) is problematic; if, on the other hand, you move voluntarily, you should do so with care and, where possible, try not to suddenly tear yourself and your loved ones away from your familiar environment. However, in the event that people are unexpectedly and involuntarily removed from their environment, parts of them will stay behind. Homesickness effectively means the desire to gather together the lost parts of one’s self again.(from Matthias C. Müller, ‘Das Zimmern der Zeit, Essay zur Selbst-Entstehung durch die Innen-Außen-Spannung’ [‘The building of time, an essay on the formation of the self through the tension between interior and exterior’]. In: Marc Jongen (ed.), Philosophie des Raumes, Standortbestimmungen ästhetischer und politischer Theorie [Philosophy of Space, Locations of Aesthetic and Political Theory], München, Vink Verlag, 2008, p.47)

Sarah Westphal’s work explores the relationship between people, objects and their surroundings. How are we affected by a particular location, how does a room reflect its occupants, what does an object say about its user, what traces have been left and what story do they tell?

Every time we leave a room some small part of us is left behind. The act of appropriation implicit in staying somewhere creates not only material layers of dust and traces of use, but also immaterial ones such as mental pictures. The history (Geschichte) of a place is about events that have come to pass there (geschehen) as well as a ‘layered history’ (geschichtete Zeitgeschichte). The solo exhibition ‘Gehirn, Gestirn, Gestein’ is all about things that are left behind, that become entrenched, that linger, contaminate or irritate, about things that haunt us, but also about configurations of washed-up relics in which history lodges itself both literally and metaphorically.

The works in the exhibition all touch upon getting stuck, clinging, collecting, hanging and supporting: a dusty curtain, an empty wooden shelf, a built-in cupboard with anthropomorphous tendencies, a suspended twin sculpture with an eiderdown nest. These images become lodged in our minds; we carry them inside ourselves and, like the houses we once inhabited, they are reflected or duplicated within us. Writing about such images (nest, corner, cupboard) in La Poétique de l'Espace (The Poetics of Space, 1958), Gaston Bachelard describes them as archetypal images that stay with the viewer because they are rooted deep inside of us. These isolated fragments of the familiar surface in distorted form, like some kind of memory trace. They appear to be fixed or ossified, like ‘fossils of time’ in the gallery space.

FR
A l’invitation de Philippe Braem, commissaire de l’exposition, Sarah Westphal présente, dans le nouvel espace de Rossicontemporary, des photographies et des sculptures récentes et nouvelles.

La manière historique de parler des maisons hantées suggère peut-être que les espaces intérieurs sont une partie des gens et que, lorsqu’on emménage dans un lieu ayant déjà été habité, il faut être sûr que les occupants précédents ont emmené avec eux toutes les parties d’eux-mêmes. Sans quoi, certaines d’entre elles continueront à y vivre et à hanter les nouveaux occupants. Etant donné ce fait, il est problématique d’expulser des personnes d’une habitation, car, éloignées de manière inattendue et involontaire, elles y laissent une part d’elles-mêmes. Le sens réel de la nostalgie est le désir de réunir à nouveau les parties perdues de soi-même. Matthias C. Müller, ‘Das Zimmern der Zeit, Essay zur Selbst-Entstehung durch die Innen-Außen-Spannung’ [‘The building of time, an essay on the formation of the self through the tension between interior and exterior’]. In: Marc Jongen (ed.), Philosophie des Raumes, Standortbestimmungen ästhetischer und politischer Theorie [Philosophy of Space, Locations of Aesthetic and Political Theory], München, Vink Verlag, 2008, p.47

Le travail de Sarah Westphal explore la relation entre les gens, les objets et leur environnement. De quelle manière sommes-nous touchés par un certain lieu, comment une pièce est-elle le reflet de ses occupants, que dit un objet sur ceux qui l’utilisent, quelles traces laissent-ils et quelle histoire nous racontent-ils ?

Chaque fois que nous quittons une chambre, de petites parties de nous y demeurent. L’acte d’appropriation qu’implique le fait de séjourner quelque part, crée non seulement des couches de poussières et des traces d’usure, mais aussi des couches immatérielles, telles des images mentales. L’histoire (Geschichte) d’un lieu est faite d’événements qui s’y sont passés (geschehen), c’est comme une histoire en strates (geschichtete Zeitgeschichte). L’exposition individuelle Gehirn, Gestirn, Gestein traite des choses abandonnées qui se retranchent, s’attardent, contaminent ou irritent ; elle traite des choses qui nous hantent mais aussi des configurations de reliques délavées dans lesquelles l’histoire se loge, littéralement et métaphoriquement.

Tous les travaux exposés font référence à l’idée d’être coincé, accroché, collecté, pendu et soutenu. Un rideau poussiéreux, une étagère vide, un placard à tendance anthropomorphique, deux sculptures jumelles suspendues avec un édredon en forme de nid… Ces images se logent dans notre esprit. Nous les portons en nous et comme les maisons que nous avons habitées, elles se reflètent et se reproduisent en nous. En écrivant à propos de ces images (nid, coin, garde-robe) dans La Poétique de l’espace (1958), Gaston Bachelard les décrit comme des images archétypales qui nous accompagnent car elles ont en nous de profondes racines. Ces détails isolés d’une surface familière à la forme tordue sont comme une sorte de tracé de la mémoire. Ils apparaissent fixés et ossifiés, comme des « fossiles du temps » dans l’espace de la galerie.


KLAUS VERSCHEURE. UTO(P)YA

EXHIBITION # 27
3 DECEMBER 2011 - 21 JANUARY 2012


NL
De ochtend van vrijdag 22 juli 2011 is Utoya nog even een onbekend minuscuul klein eiland in de Noorse Tyrifjord. Het eiland wordt sinds de jaren 50 gebruikt als locatie voor de zomerkampen van de jeugdbeweging van de Noorse Arbeiderspartij. Tijdens die kampen wordt er veel gepraat, wordt er luidop gedroomd van een mooiere wereld, worden de krijtlijnen uitgezet voor het Utopia van deze jongeren. 495 jaar na de gelijknamige dromen van Thomas More over de ideale wereld.

495 jaar. Zo lang heeft de geschiedenis tijd nodig gehad om een parallel te vinden tussen de droom over een ideale wereld en de oorverdovende geweersalvo’s van een zonderling die beslist heeft om net op dat eiland, Uto(p)ya, zijn startschot af te vuren dat de aanvang moest betekenen van het uitbouwen van zijn ideale wereld.

Utoya – Utopia – UTO(P)YA. Cynisme is niet ver af. Toch wil deze installatie geenszins de cynische toer op gaan, noch op één of andere manier een boodschap uitdragen. UTO(P)YA wil wel een schrijn zijn. Een achter glas bewaarde herinnering. Een soort gedenkmuur die de negenenzestig (69) dodelijke slachtoffers levend wil houden. De installatie wil hen een plaats geven die los staat van een journalistieke of documentaristische benadering. Is UTO(P)YA dan geen politie werk? Uiteraard is het dat wel. Wil het dat zijn? Het is niet deze insteek die op de eerste plaats komt. Wat primeert is de zoektocht naar een manier om alle slachtoffers een laatste glimp van schoonheid te schenken. Het is de zoektocht naar een mooie manier van herinneren.

FR
Le matin du vendredi 22 juillet 2011, Utoya est encore une île minuscule et inconnue du Tyrifjord norvégien. Depuis les années 50, c’est là que se tiennent les camps d’été des mouvements de jeunesse du parti travailliste norvégien, au cours desquels on discute et on rêve à un monde meilleur ; c’est là que se tracent les grandes lignes de l’utopie de ces jeunes, 495 ans après l’«Utopie» de Thomas More.

495 ans ! L’histoire a eu besoin de tout ce temps pour trouver un parallèle entre ce rêve d’un monde idéal et l’assourdissante rafale d’un étrange personnage qui, sur cette île, Utoya, a décidé de donner le coup de feu qui devait signifier le début de la construction de son monde idéal.

Utoya – Utopia – UTO(P)YA. Cette installation ne veut ni jouer la carte du cynisme ni délivrer un message. UTO(P)YA veut plutôt être un écrin. Un souvenir bien conservé sous verre. Une sorte de mémorial qui veut maintenir vivantes les soixante-neuf victimes. L’installation veut leur donner une place qui diffère de l’approche journalistique et documentaire. UTO(P)YA n’est-elle pas une œuvre politique ? Elle l’est, par essence. Veut-elle l’être? Ce n’est pas la première intention de son auteur. Ce qui prime pour lui, c’est la recherche d’une manière de rappeler toutes ces victimes en leur offrant une dernière lueur de beauté.


EMMANUEL TÊTE. IMAGES DU MONDE FLOTTANT. PEINTURES ET DESSINS

EXHIBITION # 26
22 OCTOBER - 26 NOVEMBER 2011


A travers son attachement à la pratique de la peinture et du dessin, l’artiste français Emmanuel Tête propose une transposition du quotidien dans le rêve où humour, poésie et contestation s'amusent à déconstruire le monde. Déambulant sur un fil tendu entre rêve et réalité, il déploie un univers aux résonances multiples, au sein duquel la tendresse se mêle à l'ironie, le familier rencontre l’insolite. Des figures solitaires y projettent une intériorité propice au surgissement d’un moment poétique. La délicatesse de leur dessin évoque la fugacité de leurs songes. Au gré de leurs méditations, la peinture devient l'expression d'un jardin secret où la culture de fleurs étranges est comme un acte de résistance à l'uniformisation de l'imaginaire.(Inbal Yalon)
Pour sa première exposition chez Rossicontemporary, Emmanuel Tête présentera une série de douze peintures sur toile et une trentaine d'oeuvres sur papier.


ANE VESTER. PIAZZA WALL PAINTINGS

EXHIBITION # 25
22 OCTOBER - 26 NOVEMBER 2011


FR
«Fondamentalement mon travail est une enquête dans le champ du souvenir des couleurs. Je suis fascinée par le fait que l’expérience visuelle d’une certaine couleur peut établir un lien clair avec un temps et un lieu différents et en même temps nous accrocher au présent, nous faire observer notre environnement avec un regard nouveau. Si pour d’autres ce processus d’abstraction passe par un parfum, par le goût ou par une autre sensation, chez moi c’est la couleur qui est le déclencheur le plus fort. »
Dans des travaux plus anciens Ane Vester a utilisé des souvenirs personnels de la couleur (un crayon jaune, une chaise bleue, une robe rouge foncé…) comme matière brute pour un nombre important de peintures murales, peintures sous verre, collages et projections de diapositives. 
Les peintures murales pour la Piazza sont basées sur le même principe. Ici, toutefois, les couleurs choisies découlent plus directement de l’observation des couleurs employées dans la galerie commerciale autour de la Piazza. De cette manière l’artiste entend « activer » les couleurs environnantes, et établir ainsi un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des vitrines. Ane Vester présentera quelques compositions simples, chacune consistant en deux couleurs et deux mots. Le choc visuel entre les deux couleurs et le choc poétique entre les deux mots vont ouvrir ce lieu mental où les interprétations personnelles sont possibles.

EN
“Basically my work investigates the field of colour recollections. I am fascinated by the fact that a visual experience of a certain colour can establish a clear link to other times and places (for other people this abstraction process may be initiated by a smell, a taste or another sensation – for me colour is the strongest trigger) and at the same time fix you in the present and make you observe the surroundings with fresh eyes”. 
In her early works Ane Vester used personal colour recollections (e.g. a yellow pencil, a blue chair, a dark red dress etc.) as raw material for a number of wall paintings, glass paintings, collages and slide projections. The new wall paintings for the Piazza are based on the same ideas. 
The colours for the Piazza come from her observations of the colour scheme in the shopping area around the Piazza. Like this she wants to establish a dialogue between inside and outside the windows in an effort to “activate” the colours of the surroundings.
Ane Vester will present a few simple compositions, each consisting of two colours and two words. The visual clash between the two colours and the poetic clash between the two words open up for a mental space with room for personal interpretations.


ELEONORE GAILLET & LIONEL VINCHE. RETOUR AU FUTUR. PEINTURES, DESSINS, COLLAGES, CARNETS

EXHIBITION # 24
22 OCTOBER - 26 NOVEMBER 2011


Sous le titre Retour au futur, Rossicontemporary réunit pour l’occasion deux artistes belges appartenant à deux générations différentes : Lionel Vinche, qui fête ses 75 ans ce 21 octobre et la jeune Eléonore Gaillet.

De Lionel Vinche sera présenté un superbe ensemble d’œuvres sur papier pour la plupart inédites datant de la période 1965-1973. Il avait alors plus ou moins l’âge qu’a Eléonore Gaillet aujourd’hui… Ces dessins à l’encre, projets d’éditions, collages et gouaches dévoilent la genèse du style Vinche tel que nous le connaissons : au travers d’une étonnante phase dans l’esprit de COBRA en relation avec Christian Dotremont, grâce à la découverte de la nouvelle figuration anglo-saxonne, (Hockney, Blake) et flamande (Raveel, De Keyser, Elias, Roobje), Lionel Vinche se découvre, invente son répertoire et libère son humour. C’était le début des années 70.

Il y a une petite dizaine d’années, Eléonore Gaillet, alors étudiante en peinture à la Cambre, trouve sur une poubelle, au pied d'un arbre, "sa première » caisse à fruit. Elle est marquée LIBEL en bleu, avec 3 papillons rose fluo, la jeune artiste ne résiste pas, elle « s’encombre ». Depuis lors, Eléonore Gaillet a collecté par dizaines des caisses à fruits et légumes et a fait de ces planchettes imprimées le support et la source d’inspiration de ses peintures. Au pyrographe elle y grave une nature de fantaisie, une imagerie psychédélique, puis à la gouache elle ajoute un pointillé très dense, des milliers de pixels faits main d’où surgissent ses récits. A découvrir, sa toute nouvelle série de douze peintures sur bois.


THOMAS MAZZARELLA. MINUTE PAPILLON

EXHIBITION # 23
17 SEPTEMBER - 15 OCTOBER 2011


« Minute papillon ! Une expression que j’ai souvent entendue dans mon enfance » T.M.

Thomas Mazzarella est un jeune homme taciturne. Chez lui, ce sont plutôt les peintures qui parlent. Celles-ci racontent des micro-histoires sous forme de tableaux aux traits simplifiés et à l’humour burlesque. On y rencontre pêle-mêle stripteaseuses et motards, super héros et simples badauds qui se côtoient dans un microcosme urbain programmé à la manière d’un jeu vidéo. Le ton employé par l’artiste est celui d’un adolescent espiègle pour qui la réalité est subordonnée à l’imaginaire. On dirait que ses petites fables présentent une certaine filiation avec les scènes de genre de Pieter Bruegel, quelque chose d’une vision omnisciente, à vol d’oiseau, permettant d’embrasser le monde d’un seul coup d’œil. De la même manière que chez le maître flamand, ces petites scènes grouillantes de vie fonctionnent comme de mystérieuses paraboles. L’image est ainsi faite pour que le spectateur s’y introduise comme dans un rêve, en couleur. (Septembre Tiberghien)

C’est à Thomas Mazzarella qu’il revient d’inaugurer la nouvelle galerie à la mezzanine. Une serie de nouveaux tableaux de petit format seront présentés dans celle qui est sa deuxième exposition individuelle chez Rossicontemporary.


KURT RYSLAVY. FACTURES DECORATIVES 1983-2008

EXHIBITION # 22
17 SEPTEMBER - 15 OCTOBER 2011


NL 
In de galerie wordt u geconfronteerd met het picturale werk van de Oostenrijkse, in België verblijvende kunstenaar Kurt Ryslavy (Graz, 1961 - leeft in Brussel sinds 1987).
De geselecteerde werken illustreren een bijzonder origineel beeldend œuvre waar op onnavolgbare wijze twee esthetische nationaliteiten, de Oostenrijkse met zijn expressionistische en actionnistische, psychische en fetisjistische componenten en de Belgische met zijn conceptuele benadering van de artistieke daad, mekaar ontmoeten. Schilderkunst met een internationaal elan, met talrijke overeenkomsten met kunstenaars als Martin Kippenberger en Franz West waarmee Kurt Ryslavy goed bekend is. De tentoonstelling toont de verschillende etappes van zijn parcours.

DE 
Der Hauptraum der Galerie konzentriert sich auf ein Zusammentreffen besonderen Zuschnitts mit dem in Belgien lebenden österreichischen Künstler Kurt Ryslavy (Graz, 1961-in Brüssel seit 1987): sein bildnerisches Schaffen zwischen 1983 und heute.
Die Ausgewählten Werke aus einem Zeitraum von mehr als 25 Jahren führen uns die besondere Originalität dieser Malerei vor Augen : die Konfrontation zweier, wenn man so möchte, « nationalen » Ästhetiken besonderer Ausprägung (Harald Szeemann) in einem Oeuvre. Seinen konzeptuellen Zugang, den künstlerischen Akt könnte man etikettieren als expressionistisch, aktionistisch, psychologi(sti)sch, fetischistisch à la Belge, brutal, regressiv, etc. Das ist Malerei mit internationalem Flair und dem unwiderstehlichen Charme der Konvergenz lokaler Bekümmertheiten und Peinlichkeiten ; Resultat, auch geprägt aus der Erfahrung temporärerer joint-vetures mit Künstlern wie Martin Kippenberger, Franz West, Dieter Roth und anderen. Jedenfalls Malerei ; ohne Scham, und ausgestellt im Überblick.

FR 
Rossicontemporary vous propose un rendez-vous d’envergure avec l’œuvre picturale de l’artiste autrichien résidant en Belgique Kurt Ryslavy (Graz, 1961- vit à Bruxelles depuis 1987).
S’échelonnant sur une période de 25 ans entre 1983 et 2008, les œuvres sélectionnées illustrent un travail pictural particulièrement original où se rencontrent de manière inédite deux esthétiques nationales, l’autrichienne, dans ses composantes expressionniste et actionniste, psychique et fétichiste et la belge dans son approche conceptuelle de l’acte artistique. Une peinture au souffle international, aux convergences nombreuses avec les recherches d’artistes tels que Martin Kippenberger et Franz West, dont Kurt Ryslavy a été familier. L’exposition retrace les différentes étapes de son parcours.

Si les peintures des années 80 réalisées entre Vienne, la Styrie et la Ligurie trahissent un héritage expressionniste, au début de la décennie suivante Kurt Ryslavy s’ouvre à un questionnement de l’objet pictural qui engendrera de nombreux glissements sémantiques. Ainsi, dans les Projectionen l’artiste réduit sciemment l’intensité expressive du geste et introduit dans le travail des éléments hétéroclites: écritures sur banderoles en papier calque, étuis en verre acrylique, tentures… Le questionnement conceptuel se fait encore plus percutant dans la série Reden Wir über die Bedigungen où l’artiste met face à face la peinture et son modèle et dans les Burobilder, mise à l’épreuve des limites entre tableau et objet.

Vers 1995 voient le jour les premières Factures décoratives, les premiers Monochromes avec leur arrière plan économique et aussi les Reminders, à savoir les trois séries qu’il continue de développer encore aujourd’hui.
Inspirées par l’activité d’importateur/distributeur de vins autrichiens en Belgique que Kurt Ryslavy a entrepris vers 1990, les Factures décoratives sont des toiles de formats différents où sur une couche de peinture pétillante et pleine de brio l’artiste peint à la main, dans une écriture picturale nerveuse et rapide, les textes de factures envoyées à ses clients. Entourées d’étuis en verre acrylique, voire de véritables vitrines faites sur mesure à encastrer dans les intérieurs contemporains, elles jouissent d’un statut hybride, entre peinture, objet et décoration.

Complémentaire aux Factures décoratives, la série des Reminders est conçue comme une suite de tableaux intermédiaires renvoyant à d’autres encore à peindre. L’artiste y met en scène une sorte de mnémotechnique personnelle visuelle aux couleurs vives et à la gestuelle étonnamment libre.

Version minimaliste des Factures décoratives, les Monochromes avec leur arrière plan économique - dont les surfaces vibrent sous les coups de pinceau expéditifs et les écritures comptables - sont l’apport personnel de Kurt Ryslavy au penchant conceptuel des milieux belges à vocation internationale. Et c’est dans ces œuvres plus qu’ailleurs que se dessine, via les noms des destinataires des factures, le réseau de contacts et connaissances avec les collectionneurs (Annick et Anton Herbert, Herman Daled, etc.) et les artistes internationaux de premier plan (Anne-Mie Van Kerckhoven, Jan Vercruysse, Tobias Rehberger, Heimo Zobernig, Erwin Wurm) que Kurt Ryslavy a développé au long des années.

Outre son travail de peintre, Kurt Ryslavy est écrivain et performer, auteur de livres d’artistes et de multiples et collectionneur d’art contemporain.


ALAIN GÉRONNEZ. RECORDS BY NUMBER

EXHIBITION # 21
17 SEPTEMBER - 15 OCTOBER 2011


Exposer une collection de nonante 33 tours de 30 cm est ce que j'aurai fait de plus simple dans ma vie.

Musique et nombre s'éclairent l'un l'autre. Collecter des pochettes de disques présentant des nombres est sans doute très éloigné du message musical ; toutefois, même si les tentatives de lier l'image au son sont le fruit d'un rapport arbitraire, cela stimule particulièrement les artistes. D'ailleurs, pour ma part, j'achète des pochettes de disques qui ne m'intéressent pas (pur matériau visuel), mais aussi d'excellents disques dont la pochette est laide…

L'art de la vitrine exige de faire étalage de beaucoup d’astuce. Entre ma collection de pochettes et moi, comme entre image et musique, il m’a fallu un passeur. J'ai demandé à Luc Dembour, dont les vitrines pour les ex-magasins Disc-O-Sold m'ont toujours fasciné, d'être ce passeur. Il m’a prêté son talent pour Piazza Rossi et a accepté de mélanger ses LP’s aux miens. Outre Luc Dembour, je tiens à remercier Juan d'Oultremont, un excellent artiste fouineur qui m'a déniché de nombreux numéros.

Il n'est pas nécessaire d'apprécier le travail d'Alain géronneZ, ni même d'aimer la musique, ni les disques, ni le graphisme, ni les mathématiques... le plaisir sera celui du lèche-vitrine... sans magasin derrière, pure surface. Aucun semblant.

Enfin, alors que j'étais en repérage sur les lieux, dans deux casiers situés à droite des boîtes aux lettres, face aux vitrines de Piazza Rossi, j'ai trouvé, abandonnés, quelques 33 tours: j'ai emporté ceux qui contenaient des numéros. Considérons ces casiers comme une zone de dépôt où vos 33, 25 et 17 cm. peuvent être déposés pour enrichir l'œuvre, toujours "in progress".

Oh lucky day. La suite dans 4'33" ou plus... » A.G.


MARTIN MEERT. ET HOP

EXHIBITION # 20
10 JUNE - 10 SEPTEMBER 2011


C’est à Martin Meert qu’il revient d’inaugurer la Piazza, le tout nouveau Project Space de Rossicontemporary. Jeune élève de La Cambre, il a été selectionné par son professeur de peinture Bénédicte Henderick.


BENEDICTE HENDERICK. LES FANTOMES DE CAMINA ANDO (...)

EXHIBITION # 19
10 JUNE - 10 SEPTEMBER 2011


FR
«(…) Le travail avance avec deux nouveaux petits tableaux validés (un troisième en bonne voie), ce qui devrait bientôt conclure le travail plus pictural et faire place à des questions/résolutions davantage liées à la monstration du travail. Terminer la grande structure et la petite sculpture plus la part plus graphique du travail (les six dessins, les quatre tableaux-objets et le multiple afin de donner à la proposition une lecture ouverte (vivante) et complexe (dans le brassage des différents medias), néanmoins porteuse d'un univers poétique singulier et cohérent. Quant au titre, je me suis réveillée ce matin dans les bras énigmatiques de Mr... Ando ? Demain est un autre jour. A vivre... »

A une époque où les correspondances des artistes, desormais éléctroniques, sont inévitablement destinées à être perdues, il nous a paru utile de sauver ce passage tiré d’un courrier que Bénédicte Henderick nous a adressé il y a quelques semaines. 
Ici, recensées comme dans la page d’un journal, on lit les préoccupations de la plasticienne face à son travail – l’expérimentation sur supports et médias différents, l’effort vers une orchestration chorégraphique à atteindre absolument. Puis, entre les lignes, toute sa fougue créative, le rythme soutenu de création qu’elle s’impose, son sens aigu de l’organisation.

Les fantômes de Camina Ando (...) est un projet qu’elle a médité pas à pas, après la réalisation de la trilogie de Laetitia B., sorte de fouille minutieuse des tourments du corps d’un enfant sans visage, qui l’a occupée entre 2005 et 2009. Du concept de cheminement personnel qui lui est cher, elle a voulu garder une trace dans « Camina Ando », son nouvel alter ego fictif.

Présentée pendant tout l’été 2011 jusqu’à la rentrée, l’expositionLes fantômes de Camina Ando (...) est l’occasion de découvrir une vingtaine de nouvelles œuvres de Bénédicte Henderick : sculptures et dessins, comme précédemment, mais aussi estampes, peintures, tableaux-objets, multiples. Ce sera la première fois que l’artiste, de formation restauratrice de tableaux anciens et professeur de peinture à la Cambre, montre des peintures. 

NL
Het werk gaat vooruit, twee nieuwe, geslaagde schilderijtjes gemaakt (een derde gaat in de goeie richting), wat binnenkort het meest picturale werk moet afronden en plaats maken voor de vragen/oplossingen die verbonden zijn met de presentatie.
De grote structuur en de kleine sculptuur afwerken en ook het meest grafische van het werk (de zes tekeningen, de vier schilderij-objecten en de multiple) om aan het voorstel een open lezing (levendig) en complexiteit te geven (door de vermenging van de diverse media) en toch drager te zijn van een eigen en samenhangend poëtisch universum. Wat de titel betreft, ik ben deze morgen ontwaakt in de armen van de raadselachtige Mr… Ando. Morgen is een nieuwe dag. We zien wel.

In een tijdperk waarin de briefwisseling van kunstenaar, voortaan electronisch, gedoemd is om verloren te gaan, leek het ons nuttig om dit fragment uit de post die Bénédicte Henderick ons enkele weken geleden toestuurde, te bewaren.

Hier, als in een uittreksel van een dagboek, leest men de bekommernissen van de beeldend kunstenaar met haar werk, het experiment met dragers en diverse media, de inspanning om ten allen prijze een orchestrale choreografie te bekomen. En bovendien ontdekken we tussen de regels, haar ganse onstuimige creativiteit, het ondersteunende ritme van de creatie die zij zich opgelegd, haar scherpe organisatiezin.

Les fantômes de Camina Ando (...) is een project dat ze stap voor stap bedacht heeft, na de realisatie van de trilogie rond Laetitia B, een soort minutieus onderzoek van de kwellingen van het lichaam van een gezichtloos kind, dat haar van 2005 en 2009 bezig hield. Van het concept van de persoonlijke ontwikkeling dat haar dierbaar is, heeft ze in “Camina Ando”, haar nieuwe alter ego, een spoor willen behouden.

Gedurende de ganse zomer 2011 en dit tot na de vakantie, biedt de tentoonstelling Les fantômes de Camina Ando (...) de mogelijkheid om een twintigtal werken van Bénédicte Henderick te ontdekken : sculpturen en tekeningen, zoals voorheen, maar ook etsen, schilderijen, schilderij-objekten, mutiples. Het zal de eerste keer zijn dat de kunstenares, van opleiding restauratrice van oude schilderijen en docent schilderkunst aan La Cambre, schilderijen tentoonstelt.

EN
“(…) Work progresses with two new small validated paintings (a third well on track), which will soon wrap up the more pictorial work, and make way for questions/resolutions more linked to the showing of the work.. Finish the large structure and the small sculpture plus the more graphic works (the six drawings, the four tableaux-objets and the multiple, to give to the proposition a reading that is open (living) and complex (in the brew of different media), yet carrier of a singular and coherent poetic universe. As for the title, I woke up this morning in the enigmatic arms of Mr… Ando? Tomorrow is another day. To live… ”

In an age when artists’ correspondence, now mainly of the electronic variety, are inevitably destined to be lost, it seemed to us useful to save this passage from a mail we received from the artist a few weeks ago.

Here, inventoried as from a diary page, one can read the preoccupations of an artist confronted with the work at hand – the experimentation with different media and supports, striving to attain an integral choreographic orchestration. Then, between the lines, all her creative ardour, the sustained rhythm of creation that she asserts, her acute sense of organisation.

Les fantômes de Camina Ando (…) is a project that she has mused over step-by-step, after the realisation of the Trilogy of Laetitia B., emerging from a minutely detailed examination of the body of a faceless child, which she devoted herself to between 2005 and 2009. As for the concept of personal progression, one that she holds dear, the artist wished to retain an echo in “Camina Ando”, her new fictive alter-ego.

On show throughout the entire summer of 2011, the exhibitionLes fantômes de Camina Ando (…) is the chance to discover some twenty new works from Bénédicte Henderick: sculptures and drawings, as previously, but also prints, paintings, tableaux-objets and multiples. This will be the first time that the artist, who trained in painting restoration and teaches painting at La Cambre, shows her painted oeuvre.


GUY GIRAUD. LIMINAIRES

EXHIBITION # 18
7 MAY - 4 JUNE 2011


FR
Dans le dictionnaire je trouve cette définition pour le mot "liminaire": "Qui atteint le seuil exigé pour provoquer une excitation sensorielle". N'est-ce pas ce qu'on peut attendre des œuvres d'art de façon générale? Qu’elles atteignent un seuil exigé pour nous chatouiller les sens et l'esprit ? Et, bien sûr, dans les images que j’expose, il y a les grilles, la porte cadenassée, le pont levé, la ville, toutes ces choses au seuil desquelles on reste.*

Nous sommes heureux d’accueillir en ce mois de mai la deuxième exposition individuelle de l’artiste français Guy Giraud dans notre galerie. Une vingtaine de nouveaux tirages photographiques seront présentés.

NL
(…) In het verklarend woordenboek vind ik de omschrijving van ‘liminaire’: « Qui atteint le seuil exigé pour provoquer une excitation sensorielle ». Is dit niet wat we van elk kunstwerk verwachten? De eis dat ze onze geest en zintuigen prikkelen? En natuurlijk tref je in de beelden die ik gemaakt heb, dingen aan, als hekkens, een vergrendelde deur, een opgehaalde brug, de stad, al die zaken die ondoordringbaar zijn.(...)*

Wij zijn verheugd u uit te nodigen, in deze meimaand, op de tweede solotentoonstelling van de Franse kunstenaar Guy Giraud in onze galerie. Een twintigtal nieuwe fotowerken zullen te zien zijn.

EN
(...) In the dictionary, there appears this definition for the word «liminaire»: «That which attains the threshold required to provoke an excitation of the senses». Is this not what one might expect from works of art in general ? That they reach the required threshold to tickle our senses and minds. And, of course, in the images that I exhibit, there are fences, padlocked doors, the raised bridge, the city… all those things on whose thresholds we remain (…)

We are happy to host during this month of May, the second one-man show of the French artist Guy Giraud in our gallery. Some twenty new photographic prints will be presented.

***

Un entretien avec l'artiste Guy Giraud

Y a-t-il unité de lieu et de temps dans la nouvelle série que vous allez presenter chez Rossicontemporary?

Non, pas vraiment, et il ne s'agit pas à proprement parler d'une série ni d’une variation même sur un thème. Plutôt un ensemble de photos réalisées en divers territoires et diverses saisons. Je ne classe d'ailleurs jamais les images par genre : les végétaux d'un côté, l’architecture de l'autre, etc. Mes dossiers d’images correspondent au travail réalisé en une journée et le plus souvent, ils contiennent des photos prises sur un même territoire.
Dans cet ensemble, les photos les plus anciennes ont été faites il y a deux ans, les plus récentes il y a tout juste quelques mois. Mais cet assemblage n'est pas une fin en soi, il reste en devenir. D'autres images pourraient s'y additionner avec le temps, certaines pourraient permuter, l'important étant qu'à la fin j'obtienne une sorte de ligne musicale, un certain rythme, une qualité de timbre donnant une cohérence à l'ensemble.

Comment s’est fait le processus de sélection des images en vue de l’exposition ?

Je choisis des images qui me semblent de prime abord avoir une qualité intrinsèque, un langage visuel et formel qui tienne par lui-même, au delà si possible de leur caractères documentaire ou anecdotique, au delà du fait de pouvoir m'en servir pour illustrer un quelconque propos. Ce sont souvent les images les plus quelconques, celles qui au départ semblent avoir le moins d'intentions qui me retiennent, celles qui demandent un certain temps pour qu’on en comprenne l’intérêt. 
Ensuite, je m'aperçois que dans l'ensemble des images que je retiens peu à peu, il y a des récurrences, des rapports analogiques qui se tissent, des images clefs : ici par exemple le buste de l'architecte bruxellois Poelaert, la vue des tours de Bruxelles depuis la friche, le moellon de construction sous la neige, ce type de clin d'œil très discret et de loin à l'histoire de Bruxelles. Le travail de montage peut alors commencer. La situation spatiale et les dimensions du lieu d'exposition sont prises en compte dès ce moment et elles orientent mon choix sur le nombre et le format des photos qu'il me faut.

Dans quelle(s) direction(s) aimeriez-vous faire progresser votre recherche actuelle ?

J'ai fait quelques petits essais en vidéo, un jour j'aimerais développer cela. Faire un film par exemple avec des images fixes et de la vidéo ou avec des images fixes et du texte. Les derniers temps, j'ai revu un grand nombre de films, ceux de Debord, Godard, Cavalier, Pollet, Kiarostami, Eisenstein entre autres. Un cinéma qui est à la limite de ce qu'on appelle communément cinéma, je pense notamment aux films de Jean-Daniel Pollet « Méditerranée » et « Jour après jour », ainsi qu’à certains films de Godard « JLG/JLG », « Eloge de l'amour », « Histoires du cinéma ».

L’autre fois vous nous aviez parlé de poésie et de philosophie à propos de votre œuvre. Y-a-t-il des lectures particulières à mentionner à propos de ces nouvelles images ?

Ces images ont des liens souterrains assez multiples, « rhizomatiques », comme pouvait le formuler le philosophe Deleuze. J'ai relu aussi récemment un ensemble de textes de Didi-Huberman à propos de l'image, et de son concept d’ « image symptôme ». La feuille d’abutillon que j’ai inséré dans l'ensemble des images verticales de l’exposition fait en quelque sorte symptôme, cette feuille ayant été photographiée en studio contrairement aux autres qui sont des prises de vue extérieures. Elle introduit une autre échelle. C'est son incongruité qui fait symptôme.
A propos de la poésie, j’aime conclure avec une phrase du poète et essayiste romantique Friedrich Schlegel tirée de son "Entretien sur la poésie": « Une est la raison, et la même chez tous: mais de même que chaque homme a une nature et un amour qui lui sont propres, chacun porte en soi sa propre poésie. Il est bon, et il faut que celle-ci reste sienne, aussi sûr qu'il est celui qu'il est, aussi sûr qu'il a en lui, si peu que ce soit, de l'originel; et aucune critique n'a le droit ni la faculté de lui ravir son être propre, sa force la plus intime, pour le ramener à coups de clarifications et de purifications à une image banale dépourvue de sens et d'esprit, comme s'y évertuent les fous qui ne savent pas ce qu'ils veulent ».

D’où vient le titre de l’exposition ?

Dans le dictionnaire je trouve cette définition pour le mot "liminaire" : « Qui atteint le seuil exigé pour provoquer une excitation sensorielle". N'est-ce pas ce qu'on peut attendre des œuvres d'art de façon générale? Qu’elles atteignent un seuil exigé pour nous chatouiller les sens et l'esprit ? Et, bien sûr, dans les images que j’expose, il y a les grilles, la porte cadenassée, le pont levé, la ville, toutes ces choses au seuil desquelles on reste.


MARIE ROSEN. PEINTURES

EXHIBITION # 17
3 MARCH - 30 APRIL 2011


FR
Du 3 mars au 30 avril 2011 Rossicontemporary expose la nouvelle série de peintures de l’artiste belge Marie Rosen, lauréate du prix Collignon en 2009 et depuis lors très remarquée à chaque présentation de son travail (Galerie Triangle Bleu, Stavelot, 2009, Prix Libre Arts, 2010, Art Brussels, 2010, Lineart, 2010).

Les images de Marie Rosen, peintes sur des petits supports en bois finement préparés, évoquent un monde intérieur où le souvenir se réorganise tout en subtilité et délicatesse, en énigme et mystère, au travers d’une symbolique étonnante.

Un paravent ou une haie, une tapisserie fleurie ou un mur de faïences à motifs géométriques, voire une pelouse qu’un ravin interrompt abruptement sous un ciel de plomb définissent le lieu mental constituant le décor idéal pour ces petits événements.

Ici, des personnages androgynes s’attardent à méditer, on dirait, sur leur corps et la relation de celui-ci à l’espace. Là, dans un jeu secret, ils serrent un anneau ou manient une boule, suscitant ainsi les phantasmes de chacun.

NL
Van 3 maart tot 30 april 2011 stelt Rossicontemporary de nieuwe reeks schilderijen van de Belgische kunstenares Marie Rosen tentoon. Ze werd laureate van de ‘Prix Collignon’ in 2009 en daarna bij elke nieuwe presentatie van haar werk zeer opgemerkt (Galerie Triangle Bleu, Stavelot, 2009, Prix Libre Arts, 2010, Art Brussels, 2010, Lineart, 2010).

De beelden van Marie Rosen, geschilderd op kleine, zorgvuldig voorbereide dragers, roepen een innerlijke wereld op waarin de herinnering op een subtiele en delicate maar ook mysterieuze en raadselachtige wijze door een wonderlijke symboliek wordt opgevoerd.

Een wandscherm of een haag, een gebloemd tapijt of een tegelmuur met geometrische motieven of ook nog een grasperk abrupt onderbroken door een ravijn onder een loden hemel, het zijn voorbeelden van mentale plekken die het ideale decor vormen voor deze kleine gebeurtenissen.

De androgyne personnages lijken te mediteren over hun lichaam en de relatie ervan tot de ruimte. Als in een geheim spel wordt een ring vasthouden of een bal betast en op die manier wordt onze fantasie in gang gezet.

EN
From March 3rd to April 30th 2011, Rossicontemporary is exhibiting the new series of paintings by Belgian artist Marie Rosen. She is the 2009 Laureate of the Prix Collignon, and since then each presentation of her work has evoked much comment and notice (Galerie Triangle Bleu, Stavelot, 2009, Prix Libre Arts, 2010, Art Brussels, 2010, Lineart, 2010).

The images of Marie Rosen, painted on small supports of finely prepared wood, elicit an interior world where remembrance is re-organized in subtlety and delicacy, in enigma and mystery, through means of an astonishing symbolic vocabulary.

A folding screen or a hedge, a flowere